Manche

Industrie

Coronavirus : retour progressif à la normale pour les sites d’Acome à Wuhan

Par Isabelle Evrard, le 25 mars 2020

Fermées depuis le 22 janvier, les deux usines chinoises d’Acome, qui produisent des câbles automobiles à Wuhan, ont reçu l’autorisation de redémarrer. Mais les consignes de protection sanitaire restent très strictes.

Frédéric Briand : « Tout le monde est heureux de reprendre une vie normale, de pouvoir sortir de chez soi et revoir les collègues. »
Frédéric Briand : « Tout le monde est heureux de reprendre une vie normale, de pouvoir sortir de chez soi et revoir les collègues. » — Photo : © Frédéric Briand

Resté sur place, à Wuhan, en Chine, pour être auprès de ses collaborateurs, Frédéric Briand, le directeur des deux sites industriels d’Acome, pousse un soupir de soulagement. Le confinement auquel il est astreint, avec ses quelque 200 collaborateurs, se termine. Les autorités chinoises n’ont relevé qu’un seul nouveau cas à Wuhan après cinq jours sans contaminations locales supplémentaires. « Nous avons reçu dans la soirée du 22 mars, l’autorisation du Gouvernement chinois de redémarrer nos usines avec la totalité des effectifs. À ce jour, nous avons repris avec 20 % des employés, principalement des opérateurs de production pour assurer les livraisons urgentes. Nous comptons monter progressivement en puissance pendant les deux prochaines semaines en réintégrant au fur et à mesure les différentes fonctions de l’entreprise. »

Un confinement moins sévère

Un redémarrage progressif tempéré par des consignes de protection sanitaires qui restent très strictes : prise de température à l’entrée et sortie de l’usine, port du masque, repas en décalé avec espace de sécurité… « Nous devons rester prudents et procéder par étapes. Notre objectif est d’être opérationnel à 100 % le 7 avril prochain », confirme Frédéric Briand confiné dans sa résidence depuis le 17 février dernier sans aucune possibilité de sortir, même pour se ravitailler. « Le ravitaillement se faisait uniquement par téléphone via une application qui permettait de passer commande », raconte-t-il, « Depuis quelques jours maintenant, le confinement à résidence est moins sévère. Nous pouvons dorénavant sortir pour aller travailler (sous condition de présenter des justificatifs comme la santé, ou aller travailler, NDLR). Et il a été décidé le 24 mars, que le déblocage serait complet à partir du 8 avril prochain, soit après 77 jours de fermeture totale de la ville. »

L’aide du site normand cruciale pour les usines chinoises

Jusqu’ici la trésorerie de l’entreprise a permis de verser intégralement les salaires aux employés des sites industriels. « Les salaires de mars seront payés dans les mêmes conditions que ceux des mois précédents », confirme le directeur qui ajoute : « le moral de mes collaborateurs est très bon. Soixante jours se sont écoulés depuis leur dernière journée de travail juste avant le nouvel An chinois. Cette reprise est une nouvelle inespérée qui a été reportée plusieurs fois ces dernières semaines. Tout le monde est heureux de reprendre une vie normale, de pouvoir sortir de chez soi et revoir les collègues. »

La bonne marche des deux usines chinoises de Wuhan n’a pu être possible qu’avec l’aide du site normand d’Acome à Mortain dans la Manche
La bonne marche des deux usines chinoises de Wuhan n’a pu être possible qu’avec l’aide du site normand d’Acome à Mortain dans la Manche - Photo : © Cédric Michel

La bonne marche des deux usines chinoises de Wuhan n’a pu être possible qu’avec l’aide du site normand d’Acome à Mortain dans la Manche. « Le site de Mortain nous a permis de tenir jusqu’à la semaine dernière. De nombreux transports par avion ont pu être organisés entre nos deux sites pour approvisionner les produits français vers la Chine. Aujourd’hui, le site de Wuhan peut reprendre sa production et redevenir autonome pour satisfaire la demande client locale », se réjouit Frédéric Briand qui remercie ses collègues français pour leur aide. « Sans le support de la France et la collaboration des employés au sein du Groupe, la situation d’Acome Wuhan aurait été toute autre ».

Un bilan économique négatif tempéré

Même s’il est trop tôt pour chiffrer précisément l’impact économique engendré par l’arrêt des usines chinoises, Frédéric Briand estime que pour les usines de Wuhan, le bilan économique sera certainement négatif : « moins de ventes et des dépenses de transport exceptionnel. » Mais une partie des pertes pourra néanmoins être absorbée par les mesures proposées par le gouvernement chinois : « Les pouvoirs publics ont mis en place des aides aux entreprises qu’elles soient chinoises ou étrangères. Nous allons pouvoir bénéficier de réductions de cotisations sociales, de loyers, du coût de l’énergie, et de reports de taxes… De plus, il est fort probable que les clients essaient de rattraper leur retard et augmentent leurs commandes sur les deuxième et troisième trimestres. »

Poursuivez votre lecture

-30% sur l’offre premium

Abonnez-vous Recevez le magazine imprimé
tous les mois

Voir les offres d'abonnement

Newsletter

Inscrivez-vous pour recevoir la version gratuite de nos newsletters dans votre boîte mail