Normandie

Investissement

Ces investissements qui marqueront la Normandie en 2021

Par Isabelle Evrard, le 12 janvier 2021

Malgré une crise sanitaire qui dure, de nombreuses entreprises normandes ont maintenu ou engagé de nouveaux investissements pour 2021. En dehors de l’aéronautique, les grandes filières s’en sortent plutôt bien et fourmillent de projets. 

L’argent récolté permettra de financer la seconde campagne de mesure de vent via une bouée Lidar
L’industrie maritime éolienne française a reçu un coup d’accélérateur avec la commande ferme, par EDF Renouvelables, de turbines éoliennes le 2 juin 2020 à Siemens Gamesa. — Photo : © EMDT

L’éolien offshore remonte à la surface

L’industrie maritime éolienne française a reçu un coup d’accélérateur avec la commande ferme, par EDF Renouvelables, de turbines éoliennes le 2 juin 2020 à Siemens Gamesa. Ces turbines équiperont le futur parc éolien offshore de Fécamp, en Seine-Maritime. Le projet de 497 mégawatts sera équipé de 71 éoliennes offshore SWT-7.0-154, d’une capacité de 7 mégawatts chacune. Siemens Gamesa annonce deux autres accords de fournisseurs privilégiés en Normandie : le projet de 448 mégawatts de Courseulles-sur-Mer avec le client EDF Renouvelables, Enbridge et wpd, le projet de 496 mégawatts de Dieppe-Le Tréport avec Les Éoliennes en Mer. La confirmation de ces commandes fermes a permis à SGRE d’avancer dans le développement de son projet d’usine au Havre, dans laquelle les turbines des parcs de Fécamp et de Saint-Brieuc seront fabriquées. L’usine de 20 hectares sera la première au monde à fabriquer sous un même toit tous les principaux composants d’une éolienne offshore : pales et nacelles. L’usine devrait être mise en service entre fin 2021 et début 2022. Elle devrait créer environ 750 emplois directs et indirects lorsqu’elle sera pleinement opérationnelle.

La filière automobile dans les starting-blocks

L'usine PSA de Cormelles-le-Royal à côté de Caen
L'usine PSA de Cormelles-le-Royal à côté de Caen - Photo : © Nathalie Tantalin PSA Caen

Après avoir investi 100 millions d’euros sur quatre ans pour rationaliser les surfaces industrielles et optimiser son organisation, l’usine PSA de Cormelles-le-Royal (Calvados) a pu augmenter ses capacités sur la production des transmissions de 20 % pour passer de 4 millions à 5 millions de pièces annuelles. Début 2021, elle lancera deux nouvelles lignes de productions de berceaux, avec des perspectives d’embauche d’une cinquantaine de salariés. En parallèle, l’usine entame une nouvelle configuration industrielle avec un programme d’automatisation des flux et une digitalisation de l’ensemble de la supply chain pour se positionner en usine 4.0.
Positionnée sur les marchés de l’hybride et de l’électrique, l’usine va investir 6 millions d’euros pour modifier une ligne de production qui sera dédiée au renforcement des transmissions des véhicules hybrides. Avec une ambition : être prêt pour l’automobile de demain.

À Dieppe, c’est l’Alpine qui sera propulsée en Formule 1 : le PDG de Renault, Luca de Meo l’a confirmé lors du grand prix de Formule 1 de Monza, le 6 septembre dernier, en annonçant que les monoplaces de l’écurie Renault s’appelleront Alpine, dès 2021. De quoi redonner des couleurs à une marque en perte de vitesse, après l’annonce en mai dernier de la volonté du constructeur au losange de fermer plusieurs sites, parmi lesquels celui d’Alpine à Dieppe (386 salariés), qui assemble la nouvelle Alpine A110 dont la production a été relancée en 2017. Après un investissement de 35 millions d’euros, le modèle de la filiale Sport du groupe Renault, créée par Jean Rédélé en 1955, a vu sa cadence de production diminuer en début d’année 2020 avec 7 véhicules par jour réalisés sur la chaîne de production dieppoise, soit une diminution de 50 % par rapport à 2019. Une annonce qui souligne la stratégie du nouveau patron de Renault, à la recherche d’une marque capable de viser le haut de gamme, et de nouveaux modèles à la clé pour Alpine.

Agrial reporte ses investissements en 2021

Eurial, la branche Lait d'Agrial
Eurial, la branche Lait d'Agrial - Photo : © Agrial

Si la crise du Covid-19 a touché le groupe coopératif Agrial (6,1 Md€ de CA), dont le siège est installé à Caen, l’impact a été « supportable » selon le directeur général Ludovic Spiers : « seulement » 7 % de baisse du chiffre d’affaires pendant le confinement et 20 % de baisse de performance, liée à la baisse d’activité et aux surcoûts industriels et logistiques (achats de masques, produits barrière…). « Nous avons la double chance d’être dans un secteur agroalimentaire qui a pu continuer à travailler et les produits transformés par Agrial ont été consommés pendant le confinement et la période de déconfinement ». Néanmoins, la fermeture des restaurants en France et dans le monde, a occasionné des baisses importantes de consommation (-35 %). A contrario, la vente en grandes et moyennes surfaces a vu son activité exploser (+ 7 % en France et + 5 % hors France) : « La difficulté était de fournir les quantités demandées en ultra-frais, légumes et viandes. Nous avons été contraints de recentrer et de simplifier l’offre avec la grande distribution pour pouvoir multiplier les volumes ». Les ventes aux industriels et à l’export ont diminué de 10 %, gênées par les mesures prises aux frontières et par l’arrêt des transports aériens. Pour amortir les effets négatifs de la crise et ne pas handicaper les résultats 2020, le groupe a choisi de diminuer son plan d’investissement de 25 % à 30 % et de les reporter sur 2021.

Le groupe Douillet renforce ses positions dans l’Orne

François-Xavier et Damien Douillet, directeur général et président du Groupe Douillet, au Horps en Mayenne.
François-Xavier et Damien Douillet, directeur général et président du Groupe Douillet, au Horps en Mayenne. - Photo : Cédric Menuet - Le Journal des entreprises

Avec la reprise des Établissements Langeard dans l’Orne, le distributeur mayennais de machines agricoles Douillet complète son maillage du département et avance ses pions vers le Calvados voisin. Une opération de croissance externe qui se double de la construction d’un nouveau site dans le nord de l’Orne en 2021. En effet, pour accompagner cette montée en puissance, le groupe va investir 1,5 million d’euros dans la construction d’un nouveau site dans le nord de l’Orne, à Trun. Une dixième implantation qui permettra de regrouper les deux antennes de Langeard situées à Chambois et Louvières-en-Auge. Les salariés devraient ainsi intégrer fin 2021 un site flambant neuf, installé sur 1,5 hectare, comprenant des zones d’exposition de matériels et un bâtiment de 1 500 à 2 000 m² intégrant un magasin et un atelier.

Altitude Infrastructure développe la fibre optique

Dorothée Lebarbier, directrice générale du groupe Altitude
Dorothée Lebarbier, directrice générale du groupe Altitude - Photo : David Morganti

Spécialiste normand des réseaux de télécommunications alternatifs auprès des collectivités (réseaux d’initiative publique) basé à Val-de-Reuil (Eure), Altitude Infrastructure (500 salariés / 210 M€ de CA) a levé plus de 500 millions d’euros, pour renforcer sa position de premier opérateur fibre optique indépendant et accélérer le déploiement de la fibre optique en France. « Cette levée de fonds nous permet de mobiliser 2,5 milliards d’euros d’investissements sur trois années. Notre ambition est de développer, grâce à Kosc Telecom que nous venons de reprendre, des solutions capables de répondre aux exigences spécifiques des entreprises », assure Dorothée Lebarbier, directrice générale du groupe Altitude.

L’agriculture normande cultive ses projets

Malgré le contexte de la crise sanitaire, Lepicard Agriculture (Yerville) maintient les grandes orientations de son plan stratégique 2020-2025 visant à accroître la performance du groupe : un plan qui passe par un investissement de 2 millions d’euros pour sa transformation numérique, ainsi que des applications pour améliorer les performances en matière de logistique. Le groupe espère boucler la transformation de son système d’informations au 1er trimestre 2021. Objectif : améliorer ses process de livraison et de réduction des stocks.

Le groupe coopératif NatUp ambition de relocaliser une filature de lin en Normandie
Le groupe coopératif NatUp ambition de relocaliser une filature de lin en Normandie - Photo : © NatUp

Porté par EcoTechnilin, (branche fibres du groupe coopératif NatUp), un projet de création d’une filature de lin pourrait voir le jour en 2021 à Saint-Martin-du-Tilleul (Eure). NatUp (1 500 collaborateurs – 1,28 Md€ de CA) a prévu d’investir 3 millions dans ce projet qui permettrait de créer 25 emplois. « L’objectif de NatUp est de développer une offre sur le segment différenciant du « 100 % Made In France » qui ne se positionnera pas sur le marché traditionnel du textile dont la production reste aujourd’hui majoritairement en Chine, Inde et Europe de l’Est », explique Karim Behlouli, directeur de NatUp Fibres. Le projet mêle les compétences de NatUp et celle de LSM St-Martin-du-Tilleul pour le peignage et la préparation, mais aussi le tissage chez Lemaitre Demeestere à Halluin (Hauts de France) qui a rejoint NatUp à l’été 2020.

En croissance, Norsilk engagera des investissements en 2021

L’entreprise normande est spécialisée dans l’usinage et le traitement de bois nordique
L’entreprise normande est spécialisée dans l’usinage et le traitement de bois nordique - Photo : © Norsilk

Pour la première fois depuis plus de 7 ans, et malgré une conjoncture économique particulièrement difficile, le spécialiste de la production de bois à destination des industriels, des distributeurs et des grandes surfaces de bricolage, Norsilk, dont le siège est installé à Boulleville (Eure) dégage un résultat net positif. « Les projets de relance menés conjointement par la société d’investissement Mutares et l’équipe de Norsilk au cours des dernières années ont été nécessaires à la survie de l’entreprise qui repose désormais sur une plateforme fiable et solide, primordiale pour son développement ». De nouveaux investissements (d’un montant encore sous embargo à l’heure de la publication du Journal des Entreprises) sont prévus pour 2021 et viendront confirmer cette relance.

Tricots Saint James : un million pour moderniser la logistique

Les Tricots Saint James veulent abolir les frontières entre e-commerce et commerce traditionnel.
Les Tricots Saint James veulent abolir les frontières entre e-commerce et commerce traditionnel. - Photo : © Isabelle Evrard - Le Journal des Entreprises

Les Tricots Saint James (Manche) vont investir un million d’euros sur deux ans pour moderniser leur logistique. 300 000 euros seront investis d’ici la fin de l’année, puis 400 000 en 2021, et 300 000 euros en 2022. Objectif : améliorer l’omnicanalité (ensemble des canaux de distribution) de ses boutiques, pour apporter une meilleure expérience client aux consommateurs, en abolissant les frontières entre e-commerce et commerce traditionnel. « Les clients auront le choix de commander sur le site, de se faire livrer à domicile, d’être livrés dans une des boutiques de leur choix, ou de réserver la marchandise pour aller la chercher plus tard. « Autant de solutions pour faciliter l’acte d’achat et assurer une meilleure gestion des stocks de nos magasins », précise le PDG Luc Lesénécal.

Soufflet Négoce augmente sa capacité de chargement à Rouen

En complément des travaux lancés par Haropa-Port de Rouen pour le chantier de rempiétement du terminal céréalier Soufflet-Socomac 1 destinés à mettre en conformité le poste avec le nouveau chenal de navigation de la Seine approfondi (pour un montant total de 7,8 M€), Soufflet Négoce (filiale pour les marchés internationaux du groupe agroalimentaire Soufflet) investit 10 millions d’euros pour augmenter sa capacité de chargement. Soufflet a ainsi prévu d’installer un nouveau portique de chargement de navire pour porter sa capacité de chargement en céréales à 2 000 T/H, contre 1 200 actuellement. Le nouveau portique sera doté des dernières technologies de maîtrise des émissions de poussières au chargement. L’ensemble du circuit d’alimentation sera également rénové et adapté pour rendre l’exploitation du site plus flexible et répondre à une demande croissante de maîtrise qualitative des produits exportés.

35 millions d’euros pour un campus équin à Goustranville

Le nouveau bâtiment de Kinésia comprend une piscine panoramique de 40 m unique au monde avec une fosse permettant d’observer le cheval évoluant dans l’eau.
Le nouveau bâtiment de Kinésia comprend une piscine panoramique de 40 m unique au monde avec une fosse permettant d’observer le cheval évoluant dans l’eau. - Photo : © Région Normandie / Biernacki

Le site de Goustranville (Calvados) accueillera à l’horizon 2023 un campus équin de dimension internationale. Piloté par le syndicat mixte Normandie Equine Vallée, le projet estimé à 35 millions d’euros, doit notamment permettre l’accueil du Centre hospitalier universitaire vétérinaire équin de l’Ecole nationale vétérinaire d’Alfort. Mais aussi, un amphithéâtre connecté et immersif qui permettra de réaliser des enseignements cliniques à distance, une salle de travaux pratiques pour les étudiants, 100 logements étudiants, un « espace vie entreprenariat » et l’extension de locaux dédiés à la recherche pour le laboratoire de recherche ANSES.

Ferrero investit 42 millions d’euros en Normandie

Jean-Baptiste Santoul, directeur général de Ferrero France.
Jean-Baptiste Santoul, directeur général de Ferrero France. - Photo : Ferrero

Le chocolatier et confiseur italien Ferrero (1,4 Md€ de chiffre d’affaires) a confirmé sa volonté d’investir sur ses sites normands avec 42 millions d’euros destinés à un nouveau centre logistique (Criquebeuf-sur-Seine / Eure), mais aussi à la modernisation de son usine de Villers-Ecalles, près de Rouen, et à la rénovation de son siège social de Mont-Saint-Aignan. « Ces investissements montrent à quel point Ferrero est attaché à participer au dynamisme économique normand et plus globalement français. Notre ancrage ne s’arrête pas à notre seule implantation sur le territoire, puisque nous travaillons avec 70 % de fournisseurs français, dont 25 % normands. Dans un contexte économique rendu particulièrement difficile, je crois fortement que notre entreprise a un rôle clé à jouer pour la relance économique du pays », souligne Jean-Baptiste Santoul, PDG de Ferrero France.

Le groupe Avril lance une filière protéine de colza à Dieppe

Le groupe agroalimentaire français Avril (5,8 milliards d’euros de chiffre d’affaires) et le néerlandais DSM associent leur savoir-faire pour développer un projet de création d’une nouvelle filière dédiée à la protéine pour l’alimentation humaine. Grâce à la finalisation de ce partenariat, le site industriel de Dieppe, détenu par Saipol, filiale du groupe Avril, va être entièrement reconverti. En relation avec la Région Normandie qui a apporté son soutien financier (4 millions d’euros), la ville de Dieppe, le Port, les services de l’Etat et l’écosystème local, le site accueillera les différentes unités industrielles nouvellement créées pour produire cette protéine pure. Les travaux seront lancés dès l’été 2020, avec comme objectif une mise en production au premier trimestre 2022.

L’argent récolté permettra de financer la seconde campagne de mesure de vent via une bouée Lidar
L’industrie maritime éolienne française a reçu un coup d’accélérateur avec la commande ferme, par EDF Renouvelables, de turbines éoliennes le 2 juin 2020 à Siemens Gamesa. — Photo : © EMDT

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