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Airbus Safran Launchers : Le site de Vernon porté par le programme Ariane 6

Par Dominique Dassonville, le 11 novembre 2016

Le site Airbus Safran Launchers (ex-Snecma) de Vernon est un acteur majeur du futur lanceur européen Ariane 6 dont la production doit commencer début 2017.

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Lancé en décembre 2014, le programme Ariane 6 va se poursuivre. Le Conseil de l'Agence spatiale Européenne (ASE) a donné son accord formel en ce sens. Le nouveau lanceur, qui effectuera son premier vol en 2020, doit permettre à l'Europe de rester en course dans le domaine de l'aérospatiale face à la concurrence internationale et notamment celle de l'Américain Space-X d'Elon Musk.

Les essais ont démarré

Ariane 6, dont la production commencera dès 2017, contribue à la pérennité du site normand d'Airbus Safran Launchers (ASL), ex-Snecma Vernon. C'est en effet en Normandie que sont conçus et assemblés les deux moteurs Vulcain et Vinci qui équiperont le lanceur. La campagne d'essais du nouveau moteur ré-allumable Vinci a commencé à Lampoldshausen, au centre allemand de recherche aérospatiale. Une centaine de tests a déjà eu lieu. pour ce moteur destiné à propulser l'étage supérieur d'Ariane 6. La campagne d'essais de Vulcain 2.1, évolution du Vulcain qui équipe l'étage principal d'Ariane 5, débutera, elle, au printemps 2017.

Gilles Aubry, nouveau directeur du site de Vernon

Vernon possède la maîtrise technologique des turbopompes hydrogènes et des turbos machines nécessaires pour mettre en pression les liquides. Le site de Vernon, ex Snecma, dont Gilles Aubry vient de prendre la direction, et qui emploie 1100 personnes, majoritairement des techniciens et des ingénieurs, maîtrise les systèmes moteurs, leur intégration ainsi que la maîtrise d'oeuvre du système propulsif. Ariane 6 sera construite en deux exemplaires, l'A62 comprenant deux boosters, et l'A63 quatre boosters. Les deux fusées auront la même hauteur de 62 mètres. Au-delà de ses caractéristiques techniques, Ariane 6 développe un autre argument en sa faveur : son coût. Le nouveau lanceur Ariane 6 se doit être moins cher qu'Ariane 5 pour réduire les coûts de 40 à 50 %. La propulsion fusée à ergols liquide a toujours été basée sur des technologies et des compétences entre la France et l'Allemagne, dans deux sociétés distinctes. ASL les réunit au sein de la même entité, depuis le 1er janvier 2015. Dans ce cadre, les équipes fonctionnent naturellement ensemble sans gestion contractuelle, optimisant la production des moteurs dans une optique de qualité et d'efficacité économique.

Une douzaine de lancements par an

Par ailleurs, le ré-allumage du moteur Vinci offre à Ariane 6 de nouvelles perspectives et permet à ASL de mieux répondre aux attentes de ses clients et d'entrevoir de nouveaux marchés grâce à sa flexibilité. En clair, les lanceurs s'adaptent désormais aux satellites et non le contraire. Les nouvelles parts de marché ainsi obtenues permettent au site normand d'assurer son développement et sa pérennité. Onze à douze lancements par an sont programmés pour Ariane 6, deux fois plus qu'Ariane 5. L'entreprise aux 8.000 salariés répartis sur ses 13 sites français, dont Vernon, affiche un chiffre d'affaires estimé à 2,5 milliards d'euros. ASL s'est engagé sur une dépense de 2,4 milliards pour développer Ariane 6.

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