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Industrie

Altifort autorisé à reprendre Ascoval

Par Jeanne Magnien, le 19 décembre 2018

La justice a finalement validé le projet de reprise de l'aciérie Ascoval de Saint-Saulve (Nord) par le groupe Altifort, dans un dossier qui court depuis le début de 2018.

Le tribunal de grande instance de Strasbourg doit se prononcer le 24 octobre sur l'avenir du site de Saint-Saulve et ses 287 salariés.
Autorisée par la justice, la reprise de l'aciérie de Saint-Saulve par le groupe Altifort devrait être effective le 1er février. Les 281 emplois sur le site sont sauvegardés par le plan de reprise, qui prévoit 152 M€ d'investissements. — Photo : Pixabay

Comme pressenti depuis le 12 décembre, la justice a avalisé, le 19 décembre, le projet de reprise de l’aciérie Ascoval de Saint-Saulve, près de Valenciennes. Pour les 281 salariés du site, c’est la fin d’un long feuilleton, qui dure depuis le mois de janvier.

Finalement, Altifort a bel et bien réussi à présenter un plan de reprise solide, ne nécessitant ni le soutien, ni la clientèle de Vallourec, comme il en a été un temps question.

De nouveaux débouchés

Pour compenser, le groupe franco-belge (1 200 salariés, 140 M€ de CA) a pu fournir des lettres d’intention de différents futurs clients, et continue de chercher de nouveaux débouchés pour l’acier produit à Saint-Saulve. Des débouchés qui devraient s’élargir avec l’acquisition, prévue par Altifort, d’un train à fil permettant de transformer des barres d’acier en « fil machine », une matière première recherchée.

152 M€ investis sur le site

En tout, Altifort prévoit d’investir 152 M€ sur le site, dont 35 M€ en propre. Au total, 85 M€ seront nécessaires pour financer le train à fil ; Altifort a réussi à réunir 70 M€ de fonds privés, en crédit-bail et en affacturage. Du côté des pouvoirs publics, Valenciennes Métropole s’est engagée à verser 10 M€, la Région Hauts-de-France, 12 M€, et l’État, 25 M€. Au-delà de la sauvegarde de 281 emplois, le plan de reprise et de relance d’Altifort devrait permettre de créer 140 nouveaux emplois sur le site, dans les deux ans. Avec la sauvegarde de l’aciérie, c’est également 1 000 emplois indirects qui sont maintenus dans la région, assure un communiqué d’Ascoval.

Des réactions nombreuses

Rendue publique en milieu de journée, la nouvelle a été rapidement saluée par l’ensemble des acteurs impliqués dans le dossier. Dans un communiqué, le PDG d’Ascoval Cédric Orban a ainsi tenu à remercier les personnels et les investisseurs :
« Je tiens à remercier Altifort qui a gardé le cap avec un projet solide et ambitieux pour Ascoval bien que les obstacles fussent nombreux. Un grand merci aussi à tout le personnel qui a fait des efforts considérables pour améliorer la compétitivité du site et rendre cette évolution de notre aciérie possible. Merci aux investisseurs privés et publics qu’Altifort a pu mobiliser. […] Nous savons maintenant que nous pouvons réaliser des choses extraordinaires tous ensemble et je suis confiant pour l’avenir. »

Sur Twitter, les réactions n’ont pas tardé, notamment celles du ministre de l’Économie Bruno Le Maire, du président de la Région Hauts-de-France Xavier Bertrand et de la sénatrice du Nord Valérie Létard :

La reprise du site par Altifort devrait être effective au 1er février 2019.

Le tribunal de grande instance de Strasbourg doit se prononcer le 24 octobre sur l'avenir du site de Saint-Saulve et ses 287 salariés.
Autorisée par la justice, la reprise de l'aciérie de Saint-Saulve par le groupe Altifort devrait être effective le 1er février. Les 281 emplois sur le site sont sauvegardés par le plan de reprise, qui prévoit 152 M€ d'investissements. — Photo : Pixabay