Conjoncture

Agriculture : La diversification sort de terre

Par Céline Staes, le 04 mars 2011

Ces agriculteurs ont fait le choix de diversifier leurs activités afin de les faire vivre et de vivre de leur métier. Tour d'horizon dans l'Audomarois.

Le Journal des Entreprises, l'économie en régions — Photo : Le Journal des Entreprises

Marie-Noëlle et Vincent Bachelet, la Ferme du moulin, à Renty, pratiquent la polyculture et ont un élevage d'une quarantaine de vaches laitières. «On ne pouvait pas vivre à deux», reconnaît Marie-Noëlle. Quand ils ont commencé leur activité, en 1998, l'agricultrice était d'ailleurs salariée à l'extérieur, «J'étais responsable de fruits et légumesdans un supermarché.»

40.000 € investis dans l'accueil de groupes

Le couple décide de développer d'autres activités sur la ferme pour qu'il y ait de la place pour deux. Leur exploitation devient ferme pédagogique en 2005, alors qu'elle accueille déjà des enfants dans le cadre des «vacances à la ferme» depuis 2003. Viennent ensuite les anniversaires à la ferme en 2008. Dernier investissement en date, l'an dernier, les Bachelet injectent plus de 40.000euros dans la construction d'une salle afin d'être labellisés «accueil de randonneurs». Cette salle leur permettra aussi d'accueillir les écoles et centres aérés. Se diversifier, c'est aussi le choix de deux producteurs laitiers à la ferme des deux hameaux, à Wismes. Au GAEC familial de Francis Lance et Guillaume Leduc, c'est une chaîne de pasteurisation et un laboratoire qui ont été créés l'an dernier. De quoi leur permettre de sortir leurs propres bouteilles de lait. Coût de l'investissement: 70.000euros, pour pallier aux pertes des dernières années.

Le lait livré à domicile

Pour l'alimentation du bétail, ils ont fait le choix de la qualité en misant sur une nourriture à base de lin, qui leur coûte 1.000euros de plus par mois. En contrepartie, ils fabriquent leur lait et le mettent en partie en bouteille. Pour le vendre, outre à domicile, ils démarchent les dépositaires, les supermarchés, on trouve notamment leur lait au Leclerc de Lumbres. Le reste de leur lait, environ 2.000 litres, part en coopérative.

Réceptions, golf et engins insolites

Pour sa part, Charles Canler, à la ferme de l'abbaye à Clairmarais, a choisi de restaurer ses granges pour en faire des salles de réception. En reprenant la ferme familiale, il a fait le choix de ne conserver exclusivement la polyculture. En restaurant sa ferme et en l'ouvrant aux réceptions, c'est un patrimoine qu'il conserve en parallèle, puisque sa ferme est classée à l'inventaire des monuments historiques de l'ancienne abbaye cistercienne Saint-Bernard. Un patrimoine qu'il tient à partager et à faire vivre. Il mise donc aussi sur le tourisme. Dans une aile de la ferme de l'abbaye, son ami Bruno Delforge a créé Les belles échappées, concept de location de solex, tandem, 2CV, d'engins insolites pour visiter le marais et les environs. Et pour rester sur place, les deux amis sont allés plus loin encore en exportant, l'été dernier, un concept hollandais: le golf en pâture!

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