Industrie

Usine de Kervellerin : Des huîtres au fil biodégradable pour imprimantes 3D

Par Ségolène Mahias, le 08 janvier 2016

Depuis Cléguer, l'Usine de Kervellerin transforme des matières comme les coquilles d'huîtres ou les algues en engrais ou pour la cosmétologie. En lien avec le plateau ComposiTIC et deux autres PME, elle a mis au point un fil biodégradable pour les imprimantes 3D.

A gauche : Martine Le Lu-Mambrini, docteure en pharmacie, gérante de l'usine de Kervellerin.
A gauche : Martine Le Lu-Mambrini, docteure en pharmacie, gérante de l'usine de Kervellerin. — Photo : Xavier Eveillé

L'usine de Kervellerin a été l'une des rares PME morbihannaises à participer à la Cop 21. Basée à Cléguer au Nord de Lorient, cette entreprise connue pour ses engrais naturels et ses algues calcaires utilisées dans le traitement de l'eau, a mis au point une innovation qui a retenu l'intérêt des acteurs de ce rendez-vous. Martine Le Lu, dirigeante de l'entreprise, s'est rendue à Paris pour présenter un fil biodégradable pour des imprimantes 3D. « J'ai répondu à l'invitation du réseau Pionniers du Développement Durable. Ce produit a été élaboré autour de l'ostrecal, une de nos innovations née à partir de coquilles d'huîtres réduites en poudre. »

Collaboration avec l'UBS

Ce nouveau produit est issu de collaborations : une constante dans cette société de huit salariés. « L'Usine de Kervellerin est dédiée à la fabrication et je suis une femme de matière. Issue de l'industrie pharmaceutique et universitaire de formation, j'adore le transversal. C'est donc très naturellement que j'ai établi des partenariats forts avec les universités pour travailler sur la R & D ; des outils dont ne peut se doter une entreprise comme la mienne. »

Le fil biodégradable : une co-innovation à 4

L'Université de Bretagne Sud, UBS est l'un de ces partenaires comme l'une de ses composantes à savoir le plateau ComposiTIC, le centre spécialisé dans les matériaux composites. « Au sein de l'entreprise nous avons caractérisé l'ostrecal puis eux ont eu les idées pour valoriser cette matière. » Après l'université, l'innovation implique d'autres entreprises. « Les mélanges entre les bio-polymères sont réalisés par Elixiance à Arzal puis expédiés chez Nanovia (22) qui fabrique le fil et le commercialise. » Mise sur le marché depuis septembre, cette innovation intéresse notamment les industriels qui fabriquent des pièces pour les secteurs du nautisme et de l'aéronautique.

Multi-activités

Cette déclinaison de l'ostrecal n'occulte pas les autres utilisations du produit. « Nous le vendons aussi en cosmétologie, en pharmacie ou pour l'industrie. » Revendiquant des produits multisectoriels, Martine Le Lu s'adresse à une clientèle tout aussi variée : depuis l'agriculteur qui utilisera les fertilisants au distributeur présent sur des marchés internationaux. 30 à 40 % des ventes de l'Usine de Kervellerin sont d'ailleurs réalisées à l'export. Face aux géants du secteur, la société parvient à tirer son épingle du jeu avec ses recettes. « La proximité avec les clients compte. Nous faisons peu de salons. Le bouche à oreille fonctionne bien comme des contacts entrants via notre site internet. »

Projets et investissements

L'autre atout majeur est bien sûr l'innovation. « Avoir un temps d'avance c'est très important. » Et sur ce volet, la chef d'entreprise n'est pas en retard. De nouveaux projets collaboratifs sont en cours sur la valorisation de ressources marines en lien avec les universités. En 2016, Martine Le Lu s'ouvrira d'autres perspectives. « Ma richesse c'est mon équipe de production. Je pense recruter une à deux personnes. » Des investissements matériels sont aussi prévus « pour poursuivre nos diversifications ».

A gauche : Martine Le Lu-Mambrini, docteure en pharmacie, gérante de l'usine de Kervellerin.
A gauche : Martine Le Lu-Mambrini, docteure en pharmacie, gérante de l'usine de Kervellerin. — Photo : Xavier Eveillé

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