Lorient

Énergie

Une ferme solaire urbaine revitalise la base sous-marine de Lorient

Par Xavier Eveillé, le 27 septembre 2018

La plus grande ferme solaire urbaine est en cours de construction sur l'un des plus vastes sites en reconversion de France : l'ex-base sous-marine de Lorient. Une étape symbolique dans la revitalisation de la "BSM", entamée en 1997.

En cours de construction, la ferme solaire de l'ex base sous-marine couvrira 1,8 ha de toiture pour une production de 3,2 GWh/an.
En cours de construction, la ferme solaire de l'ex base sous-marine couvrira 1,8 ha de toiture pour une production de 3,2 GWh/an. — Photo : Xavier Eveillé

La pose de la plus grande ferme solaire urbaine de France va bon train, sur les quelque 2 hectares de sur-toiture de l’ancienne base sous-marine de Lorient (bloc K2). Depuis environ deux semaines et jusqu’à la fin de l’année, 10 000 panneaux photovoltaïques d’une puissance de 3 mégawatts crête sont posés. L’objectif est d’effectuer les tests et la mise en route de la ferme solaire en décembre 2018. L’investissement avoisine les 2,4 M€ hors sur-toiture (3,1 M€ l’ensemble). Le financement a été complété par une campagne participative menée par la plateforme GwenneG pour un montant de 75 000 € collectés en seulement 24 heures. La production pourra couvrir les besoins d’environ 1 000 foyers à 5 km à la ronde, l'électricité voyageant mal.

Norbert Métairie, maire de Lorient et président de Lorient Agglo.
Norbert Métairie, maire de Lorient et président de Lorient Agglo. - Photo : Xavier Eveillé

À l’origine du projet : Lorient Agglomération. L’idée est née alors que se profilaient les colossaux travaux de réfection des façades du K2. Avec des problématiques d’étanchéité complexes, touchant aussi à la toiture, « une véritable piscine », évoque Norbert Métairie, président de Lorient Agglo et maire de Lorient. Dans les alvéoles, la revitalisation de l’ancienne base sous-marine, donnée K.O. après le départ de la Marine nationale pour Toulon en 1997, suit son cours. L’idée d’une sur-toiture s'avère la meilleure solution pour étanchéifier le K2, où œuvre notamment la société Plastimo. Le projet solaire naît dans ce cadre, comme un prolongement évident : pourquoi se priver d’un projet environnemental, éco-rentable de surcroît ? La société d’économie mixte XSEA est investie du programme avec le soutien de trois banques et de la Caisse des Dépôts.

En attendant une salle de concert...

Vanessa Le Franc et Bruno Le Jossec, de XSEA, la société d'économie mixte qui développe le projet K2 solaire.
Vanessa Le Franc et Bruno Le Jossec, de XSEA, la société d'économie mixte qui développe le projet K2 solaire. - Photo : Xavier Eveillé

Dirigée par Bruno Le Jossec, XSEA a, outre une mission de gestion du parc immobilier public, une mission de développement des énergies renouvelables sur le territoire, «  là où le privé ne peut pas aller  ». Il est assisté dans ses fonctions par Vanessa Le Franc, chargée de mission environnement, et Benoît Le Pallec, chargé d’affaires immobilier.

Après de longs mois de réflexions et de demandes d’autorisations, la pose de la sur-toiture est lancée en février dernier avec un préalable : l’autorisation de la Commission de régulation de l’énergie (CRE), qui a lieu en mai 2017. Mais un problème se pose. Il est nécessaire de réduire drastiquement l’impact des fientes de goélands. La solution passe par le recours à la technologie développée par SolarEdge, spécialiste de l'optimisation de puissance et du monitoring dans le photovoltaïque, qui permet d'isoler l’efficience de chaque panneau, ainsi que par le recours à des drones.

Le quartier Lorient-La Base et sa Cité de la Voile Eric-Tabarly, vus depuis la toiture de l'ancienne base sous-marine.
Le quartier Lorient-La Base et sa Cité de la Voile Eric-Tabarly, vus depuis la toiture de l'ancienne base sous-marine. - Photo : Xavier Eveillé

Le projet "K2 Solaire" est une étape symbolique dans la revitalisation de ce qui fut l’une des plus imposantes friches urbaines de France, sinon d'Europe. Cité de la Voile Eric-Tabarly, services scientifiques (prévention des risques en mer), pêche, aquaculture, pôle de la course au large, en attendant même une salle de concert et un studio d'enregistrement… Depuis 2001, pas moins de 45 M€ ont été investis sur le site de l'ancienne base sous marine, dont la reconquête a finalement débuté par le tourisme (visite du sous-marin français Le Flore, musée sous-marin de la tour Davis).

Photo : X.E.
En cours de construction, la ferme solaire de l'ex base sous-marine couvrira 1,8 ha de toiture pour une production de 3,2 GWh/an.
En cours de construction, la ferme solaire de l'ex base sous-marine couvrira 1,8 ha de toiture pour une production de 3,2 GWh/an. — Photo : Xavier Eveillé

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