Morbihan

Informatique

Une cellule de la gendarmerie du Morbihan dédiée aux entreprises

Par Ségolène Mahias, le 27 avril 2022

La gendarmerie du Morbihan compte dans ses rangs une cellule dédiée aux entreprises. Sa mission : veiller à les prémunir et les alerter sur les malveillances, attaques et cyberattaques dont elles pourraient être victimes.

À l’instar de l’adjudant-chef Manuel Crapsi, référent sécurité et l’adjudant Emmanuel Girard, analyste renseignement, six militaires de la gendarmerie sont en charge de la protection des entreprises morbihannaises.
À l’instar de l’adjudant-chef Manuel Crapsi, référent sécurité et l’adjudant Emmanuel Girard, analyste renseignement, six militaires de la gendarmerie sont en charge de la protection des entreprises morbihannaises. — Photo : Ségolène Mahias

Trop peu d’entreprises savent que la gendarmerie compte dans ses rangs des experts économiques et peu font encore appel à leurs services. Le groupement de gendarmerie du Morbihan dispose d’une cellule spécialisée dénommée PréSAnSCE 56 (Prévention Situationnelle, Analyse, Sécurité et Cybersécurité des Entreprises). Elle est constituée de six personnes diplômées en cybersécurité à l’École Nationale Supérieure d’Ingénieurs de Bretagne-Sud (Ensibs) de Vannes. Ce décloisonnement de spécialités en lien avec les entreprises, associé à une mission de service public, est une particularité morbihannaise au sein de la gendarmerie.

Première des missions qu’ils assurent auprès des entreprises comme des collectivités : la sûreté. Il s’agit de les prémunir des risques de malveillance et de cambriolage par exemple. "L’objectif est de dissuader au maximum les passages à l’acte et d’alerter les dirigeants sur les fragilités observées", résume l’adjudant-chef Manuel Crapsi, référent sûreté, sécurité économique et cybersécurité.

Analyser les vulnérabilités de l’entreprise

Les militaires spécialisés interviennent aussi sur la cybersécurité et la cybercriminalité : vol de matières premières, de produits finis, de savoir-faire, de brevets déposés par l’entreprise mais aussi de données clients ou fournisseurs comme des attaques du système d’information.

"Nous intervenons également sur tout ce qui concerne les fragilités humaines, c’est-à-dire l’identification de ce qui peut rendre vulnérable l’entreprise dans les mécanismes qu’elle a mis en place", note l’adjudant Emmanuel Girard, analyste renseignement.

Les militaires sont majoritairement sollicités pour des consultations de sécurité, notamment pour les commerces. L’intelligence économique gagne aussi du terrain. "Toutes les entreprises peuvent faire appel à nos services. Nous travaillons avec des start-up, des pépites : ces entreprises qui ont des croissances et un développement très rapides mais aussi des industriels, notamment dans le secteur de la défense."

Diagnostic d’intelligence économique

Ces prestations assurées par les gendarmes sont gratuites et font appel à un diagnostic d’intelligence économique. "Il brosse un très grand nombre de perspectives différentes au sein de l’entreprise. Nous identifions des fragilités auxquelles le dirigeant n’a pas pensé ou pas imaginé que cela pouvait être une faille." À cela s’ajoutent des analyses du renseignement, des cybermenaces ou de la prévention des techniques de malveillance qu’effectuent les personnels de la cellule selon leurs spécialités.

"Le tissu économique morbihannais est vraiment très diversifié. L’agroalimentaire côtoie des activités maritimes comme des industries ou du tertiaire", note l’adjudant-chef Manuel Crapsi.

Dans le contexte actuel international, les failles demeurent. "La conjoncture rend les menaces nombreuses en ce moment. 80 % des attaques concernent la cyberdélinquance via les rançongiciels (logiciels malveillants qui bloquent les accès aux données dans l’attente du versement d’une rançon, NDLR)", conclut l'adjudant Emmanuel Girard.

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