Morbihan

Environnement

Terremo’logic offre une seconde vie aux coquilles d’œufs

Par Ségolène Mahias, le 21 novembre 2022

Dans l’œuf, tout est bon même sa coquille qui présente beaucoup d’atouts. Dans le Morbihan, l’entreprise Terremo’logic s’est spécialisée dans les transformations des coquilles comme amendements aux terres agricoles et horticoles. D’autres applications intéressent les industriels de la cosmétique et des emballages.

Créée par Paul-Gilles et Florence Chedaleux, l’aventure Terremo’logic se partage aussi avec leurs enfants Hugo et Manon.
Créée par Paul-Gilles et Florence Chedaleux, l’aventure Terremo’logic se partage aussi avec leurs enfants Hugo et Manon. — Photo : Ségolène Mahias

Depuis 2018, la société Terremo’logic revalorise des coquilles d’œufs sous la forme d’amendement calcaire. L’entreprise commercialise ses produits auprès d’agriculteurs locaux mais aussi auprès d’acteurs majeurs du maraîchage et d’arboriculteurs. La demande est forte pour ses produits ce qui la conduit à envisager de nouveaux investissements pour répondre à la demande croissante du marché BtoB. La société, basée à Lizio, vient de décrocher le trophée national de la bio-économie et de l’économie circulaire. Une récompense pour cette entreprise qui évolue sur un marché de niche et qui a entamé un virage à 360 degrés avec le métier initial de ses créateurs.

En effet, Terremo’logic a été créé par Paul-Gilles et Florence Chedaleux, producteurs laitiers. Sur leur exploitation de Lizio, ils utilisaient des coquilles d’œufs issues de la casserie de la Pep (ex d’Aucy devenue aujourd’hui Eureden). "Ces coquilles nous servaient à enrichir les sols qui sont acides en Bretagne. C’est un excellent amendement qui évite d’utiliser de la chaux", explique Paul-Gilles Chedaleux. En 2003, tout s’arrête : pour raison sanitaire, les coquilles d’œufs ne peuvent plus être épandues. "Nous échangions avec la Pep. C’était le grand flou. Nous étions persuadés des atouts des coquilles d’œufs pour enrichir les sols et de l’intérêt de valoriser ces gisements de ressources." De rencontres en rencontres avec les services de l’État, des ingénieurs, etc., le couple mène des essais techniques pour rendre le procédé le plus hygiénique possible, afin notamment de supprimer tout risque de salmonellose. "Le four de notre domicile familial a servi pour tous nos premiers tests de 2011 à 2015".

Des bâtiments reconditionnés

Convaincu du potentiel de la coquille d’œufs, à plus grande échelle, le couple décide de cesser son activité laitière en 2017 et reconditionne ses bâtiments pour les orienter sur l’activité de recyclage des coquilles d’œufs. "Nous avons investi 800 000 euros, la banque nous a suivis malgré le risque. L’Ademe et la Région nous ont également soutenus via des subventions." Après avoir passé des jours et des nuits à maîtriser un process capricieux, les deux créateurs de Terremo’logic ont développé leur clientèle, leurs réseaux de distribution via notamment Eureden. Les gisements ont aussi augmenté : d’un, ils sont passés à quatre et se situent à proximité de l’entreprise. Aujourd’hui, ce sont plus de 6 000 tonnes de coquilles qui sont chauffées et transformés en amendement sur le site de Lizio.

Les membranes d’œufs : nouvel enjeu

Depuis 2022, la société valorise les membranes des coquilles d’œufs en engrais organique. Celles-ci sont mélangées avec des fientes de volailles. "En 2023, nous allons nous ouvrir aux marchés des collectivités puis des particuliers en 2024." La mise en place d’une deuxième ligne de production est aussi envisagée pour répondre aux demandes croissantes. En parallèle, des développements sont menés avec des entreprises bretonnes notamment pour intégrer ces coquilles d’œufs à des emballages éco-responsables ; mais ce sont les membranes qui pourraient représenter le plus de valeur ajoutée. "Elles sont riches en acide hyaluronique très recherché par l’industrie cosmétique." En attendant, Terremo’logic va construire en 2023 un nouveau bâtiment de 1 000 m² afin de stocker du bois, un bois d’opportunités issu de tailles et de broyages locaux qui alimente sa chaudière bois. Le toit du bâtiment sera équipé de panneaux photovoltaïques alimenteront la chaudière à 45 % en auto-consommation. Le chiffre d’affaires poursuit sa progression : il passera de 450 000 à 500 000 euros sur son exercice en cours.

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