Vannes

Industrie

Socomore accélère dans la chimie végétale

Par Ségolène Mahias, le 20 juin 2022

Le spécialiste morbihannais des traitements de surfaces pour l’aéronautique Socomore accélère sa diversification vers une chimie végétale et des solutions moins néfastes pour l’environnement. Pariant sur la reprise du secteur aérien, l’ETI va agrandir et étoffer son outil de production sur son site d’Elven, près de Vannes.

Frédéric Lescure, PDG de Socomore, poursuit son pari de diversification du groupe.
Frédéric Lescure, PDG de Socomore, poursuit son pari de diversification du groupe. — Photo : Ségolène Mahias

Diversification est le maître mot de Socomore du haut de ses 50 ans. Basée à Vannes, l’entreprise morbihannaise a su se faire un nom dans le domaine de la préparation et du traitement de surfaces métalliques auprès de géants de l’aéronautique et du spatial, mais aussi dans l’automobile, le ferroviaire et l’industrie.

En 2021, l'ETI (68 M€ de CA en 2021, 315 collaborateurs) a élargi son champ d’actions en se lançant sur le marché de la désinfection via le rachat du laboratoire vosgien Salveco. Cet accord marque un vrai virage dans la stratégie de l’entreprise. "C’est une accélération forte sur l’usage de la chimie végétale dans le groupe. Nous assumons cette orientation sans renier le fait que nous soyons chimistes", appuie le dirigeant. Le groupe suit aussi de près la fabrication de solutions et de divers produits d’hygiène et de désinfection pour la peau humaine.

10 millions d’euros investis à Elven

Dans le même temps, Socomore poursuit ses investissements et développements sur ses métiers historiques. Une nouvelle vague d’investissements s’annonce à Elven. Deux enveloppes de cinq millions d’euros vont être consacrées à deux projets différents bénéficiant du plan France Relance. Ils concernent le développement de lignes de production de revêtements et de mastics. Quelque 50 à 100 nouveaux emplois seront créés à cette occasion. En effet, Socomore entend être prêt et armé pour la reprise du secteur aéronautique à court et moyen termes. "Ce secteur a déjà connu des crises et des trous d’air. Nous avons déjà fait face à cela."

C’est d’ailleurs au cours de ces deux dernières décennies que l’industriel a multiplié les opérations de croissance externe : quatorze en neuf ans, à l’instar d’Olnica (Ille-et-Vilaine), racheté en avril. Le tout en pariant, en parallèle, sur la croissance organique. Aux côtés du Conseil pour la recherche aéronautique civile (Corac), Frédéric Lescure mise sur l’avion du futur et indique "croire en l’essor de l’hydrogène d’ici à 2050."

Comment s’écriront les 50 prochaines années de Socomore ? "L’histoire nous aura appris qu’il faut faire face à ce que l’on ne peut pas prévoir. Il faut accepter l’idée que l’inconnu peut-être gérable." En attendant, le chemin parcouru par l’entreprise vannetaise peut être mesuré : de 1,2 million d’euros de chiffre d’affaires en 1985 avec moins de vingt salariés, elle est passée à 68 millions d’euros en 2021 avec 315 collaborateurs.

Une entreprise internationale

Parmi ses clients, on retrouve Airbus, Boeing, l’Armée de l’air française, Bombardier, Beneteau… Socomore est aussi local qu’international. Rachetée par Frédéric Lescure en 1998, la société compte désormais six usines : Elven, Plaisir (Yvelines) et Saint-Dié-des-Vosges (Vosges), mais aussi Cork en Irlande, Rhome aux États-Unis et Vancouver au Canada. Elle s’appuie sur huit partenaires industriels internationaux, 22 filiales et bureaux commerciaux ainsi qu’un réseau mondial de distributeurs.

La majorité de ses 68 millions d’euros de chiffre d’affaires est d’ailleurs réalisée à l’international. Pourtant, la crise sanitaire a fait trembler l’entreprise. "Ce qui s’est passé a été vertigineux et aurait pu être létal. En quelques jours, nous nous sommes réorganisés et nous avons fabriqué du gel hydroalcoolique", se remémore Frédéric Lescure. Si ce marché a apporté de l’activité, il n’est pas le plus rémunérateur mais il a permis d’ouvrir d’autres voies d’avenir.

Poursuivez votre lecture

Plus de Newsletters

Déjà abonné à une newsletter gratuite ? Inscrivez-vous ici à une autre édition