Nautisme

Interview Sea Sail Ship : "Après le rachat d’InterDist, nous envisageons d’autres acquisitions"

Entretien avec Stéphan Serra, PDG du groupe Sea Sail Ship

Propos recueillis par Ségolène Mahias - 20 octobre 2022

Le groupe morbihannais Sea Sail Ship, déjà propriétaire du distributeur d'accastillage Uship, a fait l’acquisition de la société malouine InterDist. PDG de cette holding qui compte désormais deux sociétés, Stéphane Serra confirme que d’autres rachats sont prévus à moyen terme.

Stéphan Serra, est à la tête du groupe Sea Sail Ship qui vient de racheter la société malouine InterDist.
Stéphan Serra, est à la tête du groupe Sea Sail Ship qui vient de racheter la société malouine InterDist. — Photo : Archives Journal des Entreprises

Le groupe Sea Sail Ship que vous dirigez, propriétaire de Uship vient de reprendre l’entreprise malouine InterDist. Pourquoi avoir porté votre choix sur cette entreprise ?

Sea Sail Ship est un groupe qui a vu le jour en février 2021 à l’issue de la reprise de Uship. Dès le salon Nautic 2021, nous avons clairement annoncé notre volonté de faire de la croissance externe en rachetant des entreprises proposant des services ou des activités de distribution dans le nautisme et le maritime. Au lendemain du Nautic, Patrick Carro nous a informés qu’il était prêt à céder InterDist, son entreprise de distribution et de commercialisation d’équipements de la personne et du bateau. Basée à Saint-Malo, InterDist compte 10 salariés et réalise environ 2,5 millions d’euros de chiffre d’affaires. La signature de la cession de la PME a eu lieu le vendredi 16 septembre.

Qu’est qui vous a séduit dans ce dossier de reprise ?

InterDist est une entreprise très bien implantée sur nos marchés. Elle compte de nombreuses marques premium dans son portefeuille telles que Gill (vêtements de navigation et sportswear) mais aussi Spinlock, en accastillage et sécurité, pour ne citer que celles-ci. Elle compte aussi des fournisseurs anglais de par son accès aux flux transmanche. Elle fournit également les plus grands chantiers de France pour la construction et le refit, la rénovation, en grande plaisance. Son autre atout est sa plate-forme de distribution de 1 000 m² d'où elle expédie ses produits partout en France ainsi que dans les départements et les régions d’Outre-Mer. Tout cela ouvre d’autres perspectives de marché à la holding, en plus des activités de distribution et de vente d’accastillage de Uship.

Quelles sont vos ambitions pour InterDist ?

Nous allons relancer la dynamique. Nous avons la chance de pouvoir nous appuyer sur une passation en douceur avec Patrick Carro. Désormais, c’est Gaëlle Linais, ancienne dirigeante de Navico France (une entreprise nantaise spécialisée dans la conception et distribution d’instruments électroniques pour la navigation, NDLR) qui assure la direction générale d’InterDist. La volonté est de développer plus encore certaines des marques qu’elle distribue mais aussi d’augmenter le volume des stocks pour répondre à la demande. De nouvelles marques seront aussi proposées. Nous avons quelques pistes sur un volet premium. Enfin, InterDist dispose de sa propre marque MaloMotion qui renvoie à des produits de voilerie et d’accastillage. Elle mérite d’être développée.

Des synergies vont-elles être mises en place entre Uship et InterDist ?

Uship restera Uship et InterDist demeurera InterDist. L’idée est vraiment que chacun garde ses spécificités, ses marchés, son nom… En revanche, sur des aspects liés au transport, au marketing et aux frais généraux, oui, nous aurons des synergies mais plus pour des questions d’efficacité. Les collaborateurs de la centrale de distribution de Uship ont accueilli avec enthousiasme cette reprise d’InterDist.

Allez-vous poursuivre vos opérations de croissance externe ?

Nous nous donnons entre six mois et un an pour bien gérer ce premier dossier de reprise. C’est important de se donner le temps de le faire pour que tout se passe au mieux. Et c’est vrai effectivement qu’après le rachat d’InterDist, nous envisageons d’autres acquisitions. C’est dans notre projet et nous allons poursuivre. Actuellement, nous étudions trois dossiers en France et hors de France.

Uship est le porte-étendard du groupe, quelle est sa feuille de route ?

La feuille de route est établie depuis la reprise de Uship en 2021. J’ai repris la société que je dirigeais aux côtés des principaux cadres mais aussi d’investisseurs privés et de fonds d’investissement que sont BNP Paribas Développement, Ouest Croissance (groupe Banques Populaires) et Unexo (Groupe Crédit Agricole) ainsi que les fonds d’investissement régionaux que sont SFLD et Octave. Nous étions 18 en 2012, désormais nous sommes 34 à la centrale de Landévant. Elle assure la distribution de nos produits aux 140 magasins adhérents qui sont situés partout dans le monde. Le chiffre d’affaires atteint aujourd’hui 16 millions d’euros avec une croissance de 22 % sur le dernier exercice. Nous avons désormais une personne qui se charge de l’animation du réseau et une autre personne qui développe la péninsule ibérique. Il y a beaucoup d’opportunités de développement sur cette zone géographique.

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