Morbihan

Métallurgie

Pech Alu en impose avec ses passerelles

Par Ségolène Mahias, le 16 juin 2020

Née à Lorient autour d’une activité de construction et de réparation navale, l'entreprise Pech Alu a su se diversifier. Installée depuis 2001 à Inzinzac-Lochrist, elle s’est développée dans la fabrication de passerelles et de pontons. C’est devenu son levier de croissance.

Vincent Colas, ancien directeur technique de Pech Alu, a repris l'entreprise en 2017.
Vincent Colas, ancien directeur technique de Pech Alu, a repris l'entreprise en 2017. — Photo : Ségolène Mahias

Des monstres d’acier et d’aluminium prennent forme chez Pech Alu, à Inzinzac-Lochrist. Ces blocs métalliques vont constituer les passerelles XXL et autres pontons qui font la notoriété de Pech Alu. « Le nom de l’entreprise est forcément associé à l’activité navale, précise Vincent Colas, dirigeant de la société depuis 2017. Pech Alu a fait ses débuts dans la fabrication de bateaux de pêche. Nos clients nous ont ensuite demandé de faire des pontons ; en soit, ce sont quasiment des bateaux carrés ! Puis, ces clients ont souhaité avoir des passerelles pour descendre des pontons ». C’est ainsi que la PME de 22 salariés s’est fait une place dans le cercle restreint des fabricants de passerelles. Le marché français compte cinq acteurs majeurs. « L’an passé, l’activité liée aux passerelles a généré 60 % de nos 2,5 millions d’euros de chiffre d’affaires », détaille Vincent Colas. Cette tendance devrait s’inscrire dans la durée tant les débouchés sont nombreux. Les passerelles sont aussi bien utilisées en tant que ponts routiers que comme voies de cheminement ou d’accès à des pontons maritimes, etc.
D’autres réalisations à valeur ajoutée sortent des ateliers de Pech Alu : une passerelle de plus de 20 mètres de long a été livrée en Normandie. Elle rejoint les terminaux de croisières de Rouen et d’Honfleur. Cette passerelle est totalement modulable pour s’adapter aux contraintes des marées, son inclinaison peut varier et ses marches peuvent être escamotables pour se transformer en plancher plat. « Le travail mené depuis trois ans paye. Nous sommes reconnus comme des spécialistes de la passerelle. » Par ailleurs, grâce à ces immenses locaux, Pech Alu peut construire des passerelles pouvant aller jusqu’à 60 mètres de long.

Vents porteurs

La stratégie de Vincent Colas est désormais de conforter ce savoir-faire ainsi que les autres spécialités de Pech Alu. « Les pontons sont aussi une activité qui progresse. L’an passé, cela a représenté 11 % de nos ventes. » Installés dans les ports, les haltes fluviales, les pontons ont le vent en poupe.
L’entreprise a su également capter une tendance : celle de l’utilisation ponctuelle de biens. « Nous avons une cinquantaine de passerelles et une vingtaine de pontons que nous proposons à la location. Nous sommes présents sur des événements comme l’Armada à Rouen ou de nombreuses festivités à Brest. » Ce service de location génère 18 % du chiffre d’affaires. Si le Coronavirus a eu raison de cette activité cette année, la croissance forte et continue des autres champs d'actions ne freine pas l'élan. " Nous n'avons pas fermé pendant la crise du Coronavirus. Quand l'activité de passerelles et l'événementiel ont été à l'arrêt, nous avons construit des bateaux. "Car en effet, dans cet équilibre des activités, Pech Alu n’oublie pas son métier premier qui était la construction de bateaux. Vincent Colas a renforcé son équipe en recrutant un architecte naval. Un pari qui est devenu rapidement payant : 5 bateaux ont été livrés ou sont en voie de l'être. Une sixième commande est attendue. Les indicateurs sont au vert pour Pech Alu. « Notre exercice se termine en septembre et nous allons atteindre les 3 millions d’euros de chiffre d’affaires. L'activité liée aux passerelles reprend très fort avec une fidélisation des clients et des recommandations dont nous bénéficions » Côté recrutement, le dirigeant va encore faire grandir ses effectifs côté atelier. « J’ai recruté deux chaudronniers plus une personne au bureau d'études. J'ai encore besoin de chaudronniers et bientôt de soudeurs aluminium. »

Vincent Colas, ancien directeur technique de Pech Alu, a repris l'entreprise en 2017.
Vincent Colas, ancien directeur technique de Pech Alu, a repris l'entreprise en 2017. — Photo : Ségolène Mahias

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