Bretagne

Informatique

Orange Lannion s'appuie sur la recherche pour concevoir les data centers de demain

Par Xavier Eveillé, le 07 mars 2019

L’Institut Dupuy de Lôme, à Lorient, travaille avec le département Innovation Orange de Lannion sur l’environnement climatique des futures générations de data centers. Le principal axe de recherche : l’optimisation du refroidissement.

Patrick Glouannec et Anthony Jegat, de l'Institut de recherche Dupuy de Lôme de Lorient, relèvent le défi d'imaginer les data centers de demain avec le groupe Orange.
Patrick Glouannec et Anthony Jegat, de l'Institut de recherche Dupuy de Lôme de Lorient, relèvent le défi d'imaginer les data centers de demain avec le groupe Orange. — Photo : Xavier Eveillé

Selon son rapport RSE, le groupe Orange consomme 4 500 gigawattheures par an, l’équivalent de la production d’une tranche de centrale nucléaire chaque année. Autre échelle de grandeur, cela représente 15 % du résultat net du groupe. Les enjeux sont donc considérables, pour tous les opérateurs.

S’affranchir des machines frigo

Depuis trois ans, le département Innovation d'Orange, basé à Lannion (Côtes-d'Armor), travaille notamment avec l’Institut Dupuy de Lôme de Lorient (Morbihan). « Nous testons de nouveaux débouchés pour un produit utilisé pour l’extinction d’incendie avec l’idée de s’affranchir des machines frigos », évoque Patrick Glouannec, professeur et directeur de thèses à l’IRDL, institut qui a signé une convention industrielle de formation par la recherche (Cifre) avec le géant des télécoms français.

Les résultats sont prometteurs. Le cœur de la réflexion consiste à gérer le vieillissement et le remplacement des cartes mères, en parant à la corrosion : « Il faut gérer les vidanges pour changer les composants problématiques. » Mais les systèmes de refroidissement par air étant très complexes et très consommateurs d’énergie, l’immersion est donc l’une des expérimentations d’avenir.

Des systèmes de refroidissement de plus en plus puissants

« Nous développons plusieurs pistes comme les échangeurs en fond de baie, qui évitent de climatiser toute une salle, et le free-cooling (injection d’air extérieur au gré de la météo, NDLR) très efficace et utilisé au data center de Normandie », confirme Stéphane Le Masson, responsable de département Innovation d'Orange. Le free-cooling s’avère très bien adapté aux parcs existants.

« Nous travaillons avec l’IRDL depuis une quinzaine d’années sur d’autres dossiers, un choix pour leur sérieux et leur proximité du centre de Lannion. Avec ce programme, on s’est rapproché des sujets du moment, tels que la limitation des consommations énergétiques, en plus des études que nous réalisons au niveau des équipements eux-mêmes. Avec le développement des serveurs, il faut des refroidissements de plus en plus puissants. »

Microsoft, aussi, a misé sur la Bretagne

Les opérateurs explorent aussi d’autres voies, comme l’immersion dans des bains d’huile, voire au fond des océans… L’été dernier, Microsoft avait créé la surprise en annonçant le déploiement, au large de l’Écosse, du data center immergé Natick, conçu largement en Bretagne avec Naval Énergies, filiale de Naval Group. Le site de l'industriel naval à Lorient y avait piloté la fabrication de la station d’amarrage sous-marine.

Patrick Glouannec et Anthony Jegat, de l'Institut de recherche Dupuy de Lôme de Lorient, relèvent le défi d'imaginer les data centers de demain avec le groupe Orange.
Patrick Glouannec et Anthony Jegat, de l'Institut de recherche Dupuy de Lôme de Lorient, relèvent le défi d'imaginer les data centers de demain avec le groupe Orange. — Photo : Xavier Eveillé

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