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Nodus Factory institue une filière de recyclage des matériels conchylicoles

Par Bertrand Tardiveau, le 18 janvier 2022

En partant de liens textiles innovants conçus pour l’univers du nautisme, Nodus Factory a progressivement conquis les parcs d’élevage de coquillages. La jeune PME vannetaise entend désormais inscrire ses solutions dans un modèle disruptif, à la fois circulaire et durable.

Christophe Grelier, directeur du Crédit Agricole du Morbihan et Yves Laurant, président de Nodus Factory se félicite d’un partenariat qui doit faire émerger une filière de recyclage pour la profession conchylicole.
Christophe Grelier, directeur du Crédit Agricole du Morbihan et Yves Laurant, président de Nodus Factory se félicite d’un partenariat qui doit faire émerger une filière de recyclage pour la profession conchylicole. — Photo : Bertrand Tardiveau

Depuis sa création en 2015 par Yves Laurant, Nodus Factory ne cesse d’innover. "Avec leur forte résistance mécanique et leur coût relativement faible, les attaches textiles sont au cœur de notre développement, qu’ils soient réglables, largables ou employés comme fusibles, rappelle le président fondateur de la société où une dizaine de salariés est à ce jour engagée. Nous investissons chaque année autour de 300 000 euros en R & D et disposons de plusieurs dizaines de brevets." Ce savoir-faire et cet élan d’entreprendre ont rapidement été détectés par les fournisseurs et les professionnels de l’ostréiculture et de la mytiliculture.

Une vision de long terme

Pour aider à prévenir la forte prédation sévissant sur les pieux où sont cultivées les moules, Nodus Factory a donc inventé des cages de protection en polyéthylène (PE) intégralement recyclables. Pour éviter l’effort harassant de retourner jour après jour les huîtres sur leurs tables d’élevage, l’entreprise a mis au point des poches basculant au rythme des marées. Et aujourd’hui, Yves Laurant veut aller encore plus loin : "Nous souhaitons répondre aux besoins des utilisateurs dans une vision de long terme, l’idée consistant à se libérer de notre dépendance à une matière première, pour l’essentiel importée d’Asie ou des Etats-Unis, tout en limitant la pollution des océans par les plastiques".

Nodus Factory est spécialisé dans la conception et la fabrication des attaches textiles, et par extension dans les fournitures ostréicoles.
Nodus Factory est spécialisé dans la conception et la fabrication des attaches textiles, et par extension dans les fournitures ostréicoles. - Photo : Bertrand Tardiveau

Un système de collecte et de tri avec l’Adapei

L’enjeu est colossal. "Selon une estimation basse, sur environ 600 tonnes des déchets plastiques produits chaque année par les activités conchylicoles en France, environ deux tiers est recyclé sous forme d’énergie dans les incinérateurs. Le reste est destiné à l’enfouissement", avance Olivia Eidenberger, directrice du développement chez Nodus Factory. En proposant à la location du matériel renouvelable par cycles moyens de 3 à 4 ans, la start-up vannetaise prévoit aussi la mise en place d’un système de collecte et de tri des équipements usagés avec l’appui du réseau d’établissements pour personnels handicapés de l’Adapei de Loire-Atlantique, actionnaire fondateur de Nodus Factory, à hauteur de 10 %. "Le PE ayant l’avantage de pouvoir être recyclable jusqu’à 90 fois, le matériel usagé sera ensuite confié à un industriel local avec lequel nous finalisons actuellement un partenariat pour qu’il soit remis en granules et à nouveau extrudé", avance Yves Laurant.

Doubler le chiffre d’affaires

D’importants producteurs français étant déjà intéressés, plusieurs dizaines de milliers de poches ostréicoles et cages mytilicoles sont susceptibles d’inaugurer ce nouveau mode de gestion, avec un tarif estimatif approchant 1 euro par dispositif et par an. Afin d’accompagner cette démarche qui doit aider Nodus Factory à doubler son chiffre d’affaires en le portant rapidement à 1,2 million d’euros, une levée de fonds d’environ 500 000 euros, assurée pour moitié par le Crédit Agricole du Morbihan, via Crédit Agricole Expansion, a permis récemment de porter le capital de Nodus Factory à 893 000 euros.

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