Bretagne

Agroalimentaire

Le groupe d'aucy muscle son capital

Par Ségolène Mahias, le 01 février 2019

Le groupe d'aucy renforce ses bases et investit. La Région Bretagne, des salariés et des adhérents du groupe agroalimentaire coopératif breton font leur entrée au capital de l'entreprise. 20 M€ de liquidités qui viennent renforcer les fonds propres et vont lui permettre de mener ses projets d'investissements et de croissance externe dans la dynamique de la fusion avec Triskalia.

Salariés du groupe agroalimentaire d'aucy à Ploërmel
250 personnes travaillent sur les sites Pep Cocotine de Ploërmel du groupe d'aucy. La nouvelle casserie d'oeufs sera construite dans la continuité de l'usine de Camagnon. — Photo : Ségolène Mahias

Le groupe d'aucy travaille ses fondamentaux. Le groupe coopératif agroalimentaire breton, constitué de quatre branches (agriculture, légumes et plats cuisinés, œufs et viande), vient d'ouvrir son capital. Et l'industriel a choisi pour cela de sortir des sentiers battus. « En novembre 2018, nous avons ouvert notre capital à nos salariés et adhérents », confie Serge Le Bartz, président de d'aucy. L'opération a permis de renforcer le capital de GDH, groupe d'aucy holding, de 6 millions d'euros. « C'est un acte fort et un témoignage de confiance », ajoute le chef de file du groupe. 

Investissements et prises de participations

L'autre initiative, plus originale, est l'entrée au capital d'une collectivité territoriale : la Région Bretagne. Après avoir accordé une avance remboursable de 5 millions d'euros à d'aucy en 2016, elle a souhaité la convertir en prise de participation au capital de GDH à hauteur de 2,72 %. Ce n'est pas la première opération du genre pour la Région, présente au capital de Yer Breizh (la filière amont de l'ex-groupe Doux) et, depuis une quarantaine d'années, de Brittany Ferries. « Nous devons être un acteur majeur de l'économie du territoire, mais pas question de jouer aux dirigeants à la place des dirigeants », modère Loïg Chesnais-Girard, le président de la Région.

Au global, d'aucy a levé 20 millions d'euros, qui viennent renforcer les fonds propres de l'entreprise. « Ils auront un effet levier pour les futurs projets. Nous annoncerons prochainement des investissements et des prises de participation », dévoile Alain Perrin, directeur du groupe, qui ajoute « se rendre prochainement aux États-Unis. Les savoir-faire de d'aucy intéressent. »

L'union avant la fusion avec Triskalia

En parallèle, la société poursuit sa démarche de fusion avec le groupe finistérien Triskalia en s'appuyant sur des étapes bien fléchées : l'avis de l'autorité de la concurrence, la création de l'union le 1er juillet 2019 puis la fusion en 2020. Ce processus donnera naissance à un géant breton fort de 9 000 salariés, 3,1 milliards d'euros de chiffre d'affaires consolidé, 63 sites industriels et 310 magasins.

Pour l'heure, d'aucy est focalisé sur la fin des travaux de sa nouvelle casserie Pep Cocotine de Ploërmel. 18 M€ sont investis dans le futur bâtiment de 7 700 m² qui s'élève sur le site où est déjà implanté un vaste site de transformation des produits à base d'oeuf pour la restauration hors-domicile en France et à l'export.

La future casserie entrera en service en septembre. Exit donc le bâtiment historique du centre-ville et cap sur un outil qui va permettre au groupe de transformer des œufs alternatifs (poules élevées en plein air, au sol, bio, label rouge). L'industriel, qui travaille avec 120 à 130 éleveurs locaux qui assurent ses volumes, s'est par ailleurs engagé à ne plus utiliser d'œufs de poules élevées en cage à l'horizon 2025. Il accompagnera donc ses éleveurs dans cette mutation avec des aidées dédiées. Aujourd'hui, 30 % des volumes d'œufs traités à Ploërmel proviennent de productions alternatives. Pour Alain Perrin, « 30 % c'est aussi la réalité du marché actuel. »

Salariés du groupe agroalimentaire d'aucy à Ploërmel
250 personnes travaillent sur les sites Pep Cocotine de Ploërmel du groupe d'aucy. La nouvelle casserie d'oeufs sera construite dans la continuité de l'usine de Camagnon. — Photo : Ségolène Mahias

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