Morbihan

Commerce

Le boucher vannetais qui a séduit Facebook

Par Ségolène Mahias, le 12 mai 2017

Ses photos et ses vidéos font un tabac sur le réseau social Facebook. Elles boostent aussi son chiffre d'affaires et cela n'a pas échappé à Facebook. Boucher à Vannes, Cyril Boulet est missionné par le géant américain pour apprendre aux TPE et PME à doper leurs ventes grâce à Facebook.

Le Journal des Entreprises, l'économie en régions — Photo : Le Journal des Entreprises

« Facebook génère aujourd’hui plus de 40 % de mon chiffre d’affaires. C’est devenu le carnet de commandes virtuel de ma boucherie depuis l’an passé. Aujourd’hui c’est vrai je cartonne sur internet. Et pourtant, il y a deux ans les réseaux sociaux, les outils numériques ce n’était pas mon truc. J’utilisais un ordinateur pour les besoins que j’en avais mais cela s’arrêtait là. Je suis d’abord et toujours un artisan. Le déclic ? J’avais un jeune apprenti qui utilisait beaucoup les réseaux sociaux et quand je voyais les commentaires que cela générait lorsqu’il postait quelque chose, je me suis dis, pourquoi ne pas essayer. J’ai alors tenté avec une photo de mes produits qui a été commentée puis tout s’est accéléré. Je me suis vraiment lancé l’an passé en choisissant les produits que j’allais mettre en avant. Résultats : plus 26 % de vente. Les posts ne sont pas un étalage de tout ce que nous avons en boutique mais des sélections comme des colis écos pour des grillades ou des viandes d’exception. Il faut une mixité de produits. »

Deux heures par jour avec un smartphone

« Aujourd’hui, je prends la quasi totalité de mes commandes ainsi et dès que la photo paraît cela va très vite. Avec mes outils de boucher, impossible pour moi de m’embarrasser avec un ordinateur ou une tablette. Je fais donc tout sur mon smartphone. Mon épouse, qui travaille avec moi, m’aide dans le suivi des posts et des commandes. En terme de temps, je dirais que cela me prend une heure le matin et une heure le soir chaque jour. Ce développement m’amène également à créer un emploi. Il faut pouvoir répondre à la demande. Cette communication 2.0 convient à mes clients, même les plus anciens qui sont parfois bien plus connectés que l’on pense. Elle me permet aussi d’optimiser ma communication à un coût très raisonnable tout en faisant venir une clientèle qui, parfois, avait oublié les commerçants du centre-ville. C’est aussi un moyen d’attirer une clientèle plus lointaine. C’est cela que je voudrais dire à des confrères qui hésiteraient à se lancer. Et de les rassurer : les relations humaines ont toujours autant de place dans nos métiers même à l’heure des réseaux sociaux. »

Invité par Facebook France

« Désormais, je communique aussi via Facebook avec mes fournisseurs et la plupart des douze éleveurs auprès desquels je m’approvisionne. La suite ? Je pense que nous pouvons encore développer le chiffre d’affaires par ce biais là. Demain, nous pourrons aussi développer des chronos frais par exemple. J’ai aussi lancé des vidéos où je partage des astuces avec les internautes. Pour cela, je travaille avec le studio vannetais Visual FX. À titre personnel, j’ai une satisfaction. Cette innovation a été remarquée par Facebook qui me suivait en toute discrétion depuis six mois afin de voir quelles pouvaient être les retombées économiques. Le 17 mai, je serai reçu par Facebook France afin de voir comment le réseau peut accompagner des TPE et PME pour développer leur business. L’idée est de partir de mon retour d’expériences et de le faire partager. Des fonctionnalités pourraient être ajoutées sur Facebook pour les professionnels. Voilà ce que je sais de cette journée à laquelle participeront d’autres Européens.»

Le Journal des Entreprises, l'économie en régions — Photo : Le Journal des Entreprises

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