Énergie

La filière hydrogène vert émerge en Morbihan

Par Xavier Eveillé, le 02 novembre 2020

La constitution d’une filière hydrogène en Morbihan prend forme, en particulier dans le transport terrestre et maritime. Le secteur de la pêche pourrait aussi être intéressé.

L'hydrogène vert pourrait être utilisé pour les transports terrestres et maritimes.
L'hydrogène vert pourrait être utilisé pour les transports terrestres et maritimes. — Photo : Tenerrdis

Le coup d’envoi avait été donné par l’ADEME via l’appel à projets Eco-systèmes de mobilité hydrogène et par le syndicat Morbihan Énergies, en déployant une première station à hydrogène, en 2017, aux portes de Vannes. Dans la foulée, une seconde station, EFFY H2, était envisagée sur le site Michelin de Vannes (400 salariés). Attendue dans les prochains mois, cette unité d’hydrogène vert doit couvrir les besoins de l’industriel et alimenter une station de recharge pour véhicules légers et poids lourds, zone du Prat. L’investissement de 4,6 millions d’euros est porté par la société Hygo (Engie Solution, Morbihan Énergies et Michelin).

Un autre « Michelin local » ?

En cette fin 2020, Lorient Agglo s’associe à son tour à l’étude lancée par Morbihan Énergies et attribuée au consortium Sofresid Engineering, Nass & Wind et Enerka, mais cette fois dans le cadre du Plan de relance : « Plusieurs besoins sont identifiés (commande d’un navire neuf pour les traversées de la rade, conversion du trans-rade "Ar Vag Tredan", acquisition de bus à hydrogène, NDLR). Nous évaluons les capacités et recherchons un industriel, idéalement local, intéressé par la production d’hydrogène ou d’oxygène », annonce Bruno Paris, le nouveau vice-président de Lorient Agglo.

Le pays de Lorient n’est pas seulement intéressé par l’utilisation de l’hydrogène pour sa flotte de bateaux et de bus de ville. Il ambitionne également de bâtir une filière industrielle : « Un questionnaire est adressé ces jours-ci aux entreprises et aux communes pour cerner les besoins et les potentialités », souligne l’élu. L’appel aux industriels est lancé afin de trouver « un Michelin local » qui a un intérêt à développer une production stable et pérenne.

Une filière au sens large

La constitution d’une filière au sens large s’esquisse donc en Morbihan. Car outre les industriels et les énergéticiens, d’autres acteurs suivent de près les évolutions dans l’hydrogène vert. Ainsi, le projet de conversion des bateaux trans-rade de Lorient associe une autre entreprise morbihannaise : Chantier Bretagne Sud. Renforcé dans ses capacités de développement par son rachat par le groupe varois Acti en début d’année, le chantier, implanté sur les rives de la ria d’Étel et à Lorient, s’est vu confier des études, en cours, en vue de convertir les navires.

CBS n’a d’ailleurs pas attendu Lorient Agglo puisque le chantier breton va aussi livrer, en novembre, un navire électrique de passagers convertible pour le yacht-club de Monaco, en vue des Jeux Olympiques 2024. La période de confinement, ainsi que la multiplication des politiques en faveur de l’hydrogène, ont accéléré le calendrier pour sauter l’étape du modèle électrique à batterie et passer directement à l’hydrogène. Le carnet de commandes est prometteur pour CBS avec 24 navires de ce type à suivre.

Les acteurs du territoire pensent aussi à la filière pêche, qui y trouve son intérêt : la transition est non seulement un impératif écologique mais aussi économique. « C’est le rôle des pouvoirs publics que de faire émerger une filière, ce qui fera ensuite baisser les coûts. Il faut que quelqu’un se lance », invite Bruno Paris.

L'hydrogène vert pourrait être utilisé pour les transports terrestres et maritimes.
L'hydrogène vert pourrait être utilisé pour les transports terrestres et maritimes. — Photo : Tenerrdis

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