Lorient

Infrastructure

La destruction de la glacière relance le développement du port de pêche de Lorient

Par Xavier Eveillé, le 17 novembre 2020

L’ancienne glacière du port de pêche de Lorient sera bien détruite courant 2021 et les 15 000 m² de foncier affectés aux activités maritimes. Attendue de longue date, la reconversion de cette friche au cœur de l’îlot portuaire ne sera donc pas hypothéquée par l’émergence d’un collectif favorable à sa sauvegarde.

Glacière du port de Lorient
La glacière du port de Lorient était au cœur des débats lors des municipales. Sa destruction sera bien effective, libérant 15 000 m² de foncier. — Photo : Xavier Eveillé

« La décision de détruire la glacière fait quasi consensus à l’agglomération. » En réunion du syndicat d’économie mixte du port de pêche de Keroman, Fabrice Loher, maire et président de Lorient Agglomération, et Gaël Le Saout, présidente de la commission Économie, agriculture et mer à la Région Bretagne, ont donné le feu vert de l’un des plus importants chantiers de déconstruction de l’histoire contemporaine de Lorient. Un million d’euros a été budgété pour la démolition du bâtiment courant 2022, qui devrait libérer 15 000 m² de foncier à la pointe de la Perrière.

Le devenir de la glacière, unité de production de glace artificielle édifiée en 1920, avait fait débat entre les deux tours des municipales et un collectif avait créé, à l’issue, une association de sauvegarde défendant un projet de tiers lieu pour les Lorientais.

« A la veille du Brexit, il est fondamental de relancer le port qui doit rester une place de marché vitale et attractive en Europe. »

Permettre l'implantation d’entreprises

Afin de ne plus perdre de temps, un premier îlot de 3 000 m² est déjà commercialisable auprès des entreprises, annonce le syndicat mixte. Suivra l’ancienne dalle de Capitaine Houat (2 500 m²) quand le stockage de milliers de casiers de pêche sera déplacé. Sans plus attendre, les travaux de construction d’une nouvelle station d’eau de mer démarrent début décembre 2020. La station actuelle, utilisée pour les mareyeurs, occupe une partie de la glacière et est le seul équipement à y fonctionner encore.

Ces dernières années, le syndicat du port de pêche a dû décliner toute nouvelle demande d’installation d’entreprise, faute de place. « En moyenne, une entreprise demande 2 000 m², indique Fabrice Loher. A la veille du Brexit, il est fondamental de relancer le développement du port qui doit rester une place de marché vitale et attractive en Europe. L’idée d’un projet alternatif qui surgit maintenant, alors que cela fait 20 ans que la glacière est en friche, étonne et manque de cohérence. La vocation du site doit rester la pêche et les activités marines connexes. »

Réhabilitation des quais

La refonte du port passera par des mises aux normes sanitaires et la sécurisation du stockage des dizaines de milliers de caisses, dont plusieurs milliers disparaissent chaque année dans la nature (un budget estimé entre 200 et 250 000 euros annuels).

Plusieurs quais, dont le quai Françoise-Olivier-Coupeau, seront réhabilités.
Plusieurs quais, dont le quai Françoise-Olivier-Coupeau, seront réhabilités. - Photo : Xavier Eveillé

« L’interface ville-port avec la cale trans-rade est à repenser. Un bâtiment voué au tourisme industriel y aurait toute sa place, défend Fabrice Loher. Cela pourrait être aussi un lieu de mémoire. » La Maison de la Mer, l’association La Touline ou encore l’Institut de Prévention pourraient y être hébergés. La construction de ce lieu connecté à la ville serait envisageable après les études attendues pour 2021.

La refonte du port doit passer aussi, à terme, par la réhabilitation des quais, dont le quai Françoise-Olivier-Coupeau d’une centaine de mètres de long.

La filière pêche à Lorient (port et quartiers limitrophes inclus) totalise 275 entreprises pour 280 navires réguliers vendant sous criée, 620 marins et 500 employés dans le mareyage.

Glacière du port de Lorient
La glacière du port de Lorient était au cœur des débats lors des municipales. Sa destruction sera bien effective, libérant 15 000 m² de foncier. — Photo : Xavier Eveillé

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