Morbihan

Industrie

Hydraumatec en recherche de bras pour répondre à la demande

Par Ségolène Mahias, le 04 janvier 2019

Spécialiste des blocs forés hydrauliques, la PME bretonne Hydraumatec vient d'investir 800 000 euros pour s'équiper d'un centre d'usinage robotisé de pointe. Cet outil va lui permettre d'optimiser le temps de travail de ses équipes afin de faire face à un carnet de commandes plein et une pénurie de main d'oeuvre.

Emmanuel Germain a repris Hydraumatec en 2007 et lancé la construction d'une nouvelle usine en 2009.
Emmanuel Germain a repris Hydraumatec en 2007 et lancé la construction d'une nouvelle usine en 2009. — Photo : Ségolène Mahias

Douze semaines de délais contre cinq en moyenne auparavant. C’est désormais le timing annoncé par Hydraumatec à ses clients. Installé à Ploërmel, l’industriel surfe sur un marché de niche avec ses blocs forés hydrauliques. Ces blocs métalliques, de tailles diverses, sont percés de cavités pouvant accueillir des systèmes hydrauliques plus ou moins complexes. À l’heure de la clôture de l’exercice d’Hydraumatec, Emmanuel Germain, son dirigeant, est satisfait d’atteindre la barre des 4 millions d’euros contre 3,6 millions d’euros précédemment mais modère quelque peu la performance. « Nous avons des sollicitations importantes mais pas la capacité d’y répondre. »

Investissement dans un centre robotisé

Le chef d’entreprise doit faire face à une pénurie de main-d’œuvre. « J’ai actuellement besoin de cinq opérateurs de machines à commande numérique. Je connais cette problématique de recrutement depuis longtemps », avance Emmanuel Germain. Pourtant, le chef d’entreprise n’a pas ménagé ses efforts pour trouver des compétences : passage dans l'émission L'Angle Eco sur France 2, mais aussi la formation de personnes en reconversion. « Nos métiers sont très techniques, il y a peu de formations et souvent les jeunes sont happés par de grands groupes. » Depuis sa reprise de l’entreprise en 2007, il a porté son effectif de 15 à 33 personnes. Alors pour répondre à la demande, Emmanuel Germain a su composer : « Nous avons recours à la sous-traitance, pour l’équivalent de cinq postes. »

« Nous pourrions faire plus, mais nous n’avons pas les capacités pour produire davantage. »

L’alternative se trouve aussi dans l’outil industriel. Hydraumatec vient de s’équiper d’un centre d’usinage cinq axes entièrement robotisé. « C’est un investissement de 800 000 euros pour lequel nous recevons une avance remboursable de la Région à hauteur de 20 %. » Après 15 jours d’installation, cette machine pourra être pilotée par un seul opérateur pour un temps fonctionnel de 105 heures par semaine. Ainsi, ce centre robotisé va permettre à la PME d’accroître sa production avec son effectif actuel. « Cet outil nous ouvre également des opportunités sur des marchés encore plus pointus. »

Une usine prévue pour être doublée

Et des marchés de référence, Hydraumatec n’en manque pas. Ses blocs forés ont notamment été mis à l’épreuve lors du décollage de la fusée Ariane ou bien encore ses autres blocs montés sur des auto-vérins afin de fermer le sarcophage de la centrale nucléaire de Tchernobyl. Naval Group souscrit aussi à ses produits, sollicités lors de l’ouverture des trappes de lance-missiles sur les sous-marins. Ces marchés complètent ceux des machines agricoles, des camions avec un client régional qu’est Ecovrac (Côtes-d'Armor). Sur ses tablettes, on retrouve aussi Copex, à Caudan (Morbihan), qui fabrique des presses pour recycler les métaux.

« Nous réalisons aussi 15 % à l’export. Nous pourrions faire plus mais nous n’avons pas les capacités pour produire. » Les capacités à produire, Emmanuel Germain aimerait bien les trouver afin d'accéder à son objectif : « quand j’ai investi 2,3 millions d’euros pour construire et équiper nos 3 000 m² d'usine en 2009, mon projet était configuré pour construire une seconde usine dans le prolongement de l'existant. »

Emmanuel Germain a repris Hydraumatec en 2007 et lancé la construction d'une nouvelle usine en 2009.
Emmanuel Germain a repris Hydraumatec en 2007 et lancé la construction d'une nouvelle usine en 2009. — Photo : Ségolène Mahias

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