Morbihan

Luxe

Fluïd façonne le verre pour Dior et Pierre Gagnaire

Par Xavier Eveillé, le 08 mars 2021

Société coopérative fondée en 2008, la verrerie Fluïd réalise des objets et des petites séries pour l’industrie du luxe et des commandes d’exception. Elle cherche à jeter des ponts sur le continent depuis Belle Île.

L’équipe de Fluïd compte trois verriers, dont un meilleur ouvrier de France, plusieurs associés et des apprentis régulièrement.
L’équipe de Fluïd compte trois verriers, dont un meilleur ouvrier de France, plusieurs associés et des apprentis régulièrement. — Photo : DR

Douze ans déjà que la Scop Fluïd façonne des objets en verre haut de gamme pour le luxe, notamment Dior et le chef étoilé Pierre Gagnaire (pour ses restaurants à Paris, Bordeaux et Hong Kong) ainsi que pour des commandes d’exception telles qu’un luminaire pour Notre-Dame de Paris réalisé avant l’incendie ou un plafonnier "cloud" réfléchissant pour un château de Cambridge… Fédérée autour de quatre associés, dont trois maîtres verriers à chaud, et plusieurs apprentis, la Scop Fluïd a fait le pari de travailler depuis Belle Île. "Certains y allaient à reculons. Aujourd’hui, l’idée s’avère payante car il y a beaucoup de monde à venir sur les îles, de plus en plus. Même l’été dernier a permis de compenser en bonne partie l’arrêt du premier confinement", explique Chloé Baëlen, cogérante, responsable de la partie commerciale.

Fluïd a fait intuitivement, et très tôt, le choix du cross canal en ouvrant une boutique en propre à quelques encablures du port de Palais (environ 50-60 % de l’activité) tout en investissant le web : "Nous travaillons beaucoup le référencement et les relations presse, en particulier spécialisée. Le reste de l’activité est assuré par les projets professionnels des verriers et par les commandes privées." En 2020, Fluïd a réalisé un chiffre d’affaires de 296 300 euros.

En quête de revendeurs sur le continent

L’insularité n’est pas toujours simple au quotidien : "Certains fournisseurs ne comprennent pas que nous sommes sur une île et les colis restent sur le continent. Nous n’avons pas de gaz de ville. Heureusement, nous nous faisons livrer les bouteilles. " Chloé Baëlen perçoit surtout une limite : "Je recherche des revendeurs sur le continent pour présenter nos produits, c’est aussi une demande de certains de nos clients." Fluïd vise en priorité la Bretagne (Vannes, Rennes…) et Paris : "Ce sont nos deux premières cibles. Nous avons beaucoup de clients parisiens." Autre projet, Fluïd compte organiser une deuxième cession de ventes d’articles de deuxième choix : "Nous réalisons les pièces dans l’atelier qui jouxte la boutique, visible par les clients. Parfois, il peut y avoir des ratés : une bulle d’air qui se forme, une couleur qui vire… Nous organisons pour les Bellilois chaque premier dimanche de novembre une vente d’automne qui fonctionne très bien. Nous comptons en organiser une autre du même type mais l’été." L’une des forces de Fluïd tient à l’éventail de son choix de couleurs avec un nuancier de 100 coloris.

Postes doublés en prévision

Côté investissements, Fluïd a entièrement mis à jour son four de fusion à 1 200° C d’une capacité de 200 kg, nécessitant un mois d’arrêt de production, en janvier 2020. "Nous avons avant cela doublé les postes de l’atelier pour bénéficier de deux postes de travail simultanés, sachant qu’il faut mobiliser pour chaque pièce deux à trois verriers en même temps. Si tout va bien, nous comptons recruter sous un an ou deux", espère Chloé Baëlen.

L’équipe de Fluïd compte trois verriers, dont un meilleur ouvrier de France, plusieurs associés et des apprentis régulièrement.
L’équipe de Fluïd compte trois verriers, dont un meilleur ouvrier de France, plusieurs associés et des apprentis régulièrement. — Photo : DR

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