Morbihan

Finance

Point de vue Fin de la haute voltige, retour au plancher des vaches

Par Xavier Eveillé, le 10 septembre 2019

L'arrêt des opérations de croissance externe du groupe Neovia – ordonné par son nouvel actionnaire majoritaire, le géant américain Archer Daniels Midland – est révélateur d'une nouvelle donne. Les services fusions-acquisitions et la finance ne sont plus en état de grâce.

L'édito
L'édito — Photo : Le Journal des Entreprises

Ainsi vont les affaires, comme à la vie. Après deux années marquées par d’importantes vagues de fusions acquisitions en Bretagne Sud, l’air est à la croissance organique. C’est le retour au plancher des vaches. Racheté par le géant américain Archer Daniels Midland (ADM) en février 2019 pour la bagatelle de 1,544 milliard d’euros, le groupe morbihannais Neovia est prié de revoir ses ambitions : ADM a justifié la suppression de quelque 127 postes (dont 66 licenciements) par sa volonté de privilégier la « croissance organique » de sa nouvelle filiale. Le service fusion-acquisition et les services juridiques/RH sont les premiers visés à Saint-Nolff. Soit la perte sèche d’emplois hautement qualifiés pour le pays de Vannes. Ironie de l’histoire, c’est donc une multinationale de Chicago, l’un des hauts lieux de la haute voltige mondiale, qui met un terme à l’intense vague d’acquisitions conduite par l’ancienne équipe dirigeante de Neovia… Mais le capitalisme français aurait-il bon dos ? Les Américains n’ont-ils pas beau jeu de sonner la fin de partie des « fusacqs » qu’ils ont eux-mêmes pratiqués de fait ? Ajoutons à cela qu'au même moment, d'autres groupes revoient leurs ambitions mondiales et vont devoir eux aussi "rationaliser et gagner en valeur ajoutée sur leurs nouveaux marchés".

D’une manière générale, la finance n’est plus à la fête. En Morbihan, alors que l’emploi a cru de +1,0 % sur l’ensemble de l’année 2018, il s’est érodé de -1,0 % dans les services financiers, enregistrant la moins bonne performance sectorielle. La tendance, conforme à la moyenne nationale, était due au non-remplacement de départs à la retraite. La perspective d’un ralentissement des opérations de croissance externe risque de peser plus encore sur les effectifs du secteur en 2019.

Ce billet a été publié dans Le Journal des Entreprises Morbihan n°385, septembre 2019.

L'édito
L'édito — Photo : Le Journal des Entreprises

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