Naval

Etelium : Le retour en grâce de la construction navale en ria d'Etel

Par Xavier Eveillé, le 09 septembre 2016

Fondé en 2014, le chantier naval Etelium marque le grand retour de la construction en ria d'Etel. Fers de lance de ce développement, les patrouilleurs et les hydroliennes 2e génération. La cale de Port-Niscop s'avère idéalement taillée pour le prototypage et les essais en mer.

Réalisation en cours au chantier Etelium (photo réactualisée - novembre 2018).
Réalisation en cours au chantier Etelium (photo réactualisée - novembre 2018). — Photo : Xavier Eveillé

C'est à pas de géant que la société Etelium sonne le retour en grâce de la construction navale dans la ria d'Etel. Jusqu'alors dévoué à la réparation et à la maintenance navale, le hangar de 30 m par 20, visible depuis le Pont Lorois, a été restauré il y a 18 mois. En lettres rouge, au-dessus des deux immenses portes, le nom "Etelium" intrigue les véhicules et les piétons qui traversent la ria entre Belz et Plouhinec. Mais depuis 2014, ce nouveau nom compte déjà de belles réalisations à son actif. Emanation entre Sillinger, chantier nautique créé en 1962 spécialisé dans la fabrication d'embarcations pneumatiques, et Chantier Bretagne sud, créé en 1951 et reconnu dans la fabrication de navires de servitude, Etelium développe une gamme de patrouilleurs entièrement conçus sur place. Le dernier né, le V600, entre cet été en phase de test dans la cale de 9 m de profondeur. « C'est notre première mise en eau pour ce patrouilleur taillé pour l'export. Un gros travail a été fait sur la carène avec une étrave droite mais des formes travaillées », explique le chef d'entreprise, Yannick Bian.

Déjà 20 emplois

Etelium fait travailler déjà 20 personnes dont une dizaine de soudeur-charpentiers, cinq mécaniciens, deux électriciens-électroniciens, un responsable qualité et un ingénieur-méthodes. La gamme sur laquelle travaille l'équipe va de 9 à 20 m pour des missions de surveillance, de sécurisation ou autres missions de travail. Mais l'avenir d'Etelium, c'est aussi le prototypage d'hydroliennes de moyenne dimension, un nouveau marché où beaucoup reste à accomplir : « C'est un gros enjeu. L'assemblage de l'hydrolienne Megawat Blue occupe Etelium jusqu'en 2017 avec une mise à l'eau prévue pour le printemps ou l'été », souligne Yannick Bian. Et pas n'importe où : à 200 mètres de la cale.

Site remarquable idéal pour les prototypes et les essais

Le site de Port-Niscop est "remarquable", de l'aveu même d'Ifremer. Il permet des essais dans des conditions optimales avec très peu de houle. « Tirer des cables depuis l'atelier pour les tests se fait à une distance que peu de chantiers peuvent offrir. Nous croyons énormémement à cette double approche : conception de prototypes et exploitation des atouts du site d'essai. Avec l'essor de l'hydrolien, des perspectives de développement sont à saisir ici, milite Yannick Bian. Le prototypage est d'autant plus important pour nous que cela correspond à notre façon de travailler. Nous réalisons énormément nous-mêmes. Ainsi notre ingénieur des méthodes a-t-il relevé le défi. La tuyère d'hydrolienne fait 9 m de long avec un diamètre de 4 à 6 m. »

Hydroliennes 2e génération avec Guinard Energies

Le système d''hydroliennes MegaWatForce a été conçu en amont par la société Guinard Energies. Il est destiné à capter et accélérer l'énergie des courants marins et la transformer en électricité. La nature de la conception permet au système de produire de fortes quantités d'énergie de manière prévisible. Le choix d'Etelium n'est pas un hasard : « La ria d'Etel possède les deuxièmes courants marins d'Europe après le mont Saint-Michel mais avant ceux du Golfe du Morbihan. Et les profondeurs sont importantes. »


« Les enjeux de la métallurgie navale sont énormes »

Plutôt que de ferme hydrolienne en ria d'Etel, il convient de parler de démonstrateur. Ce prototypage vise les marchés à l'exportation sur le segment des hydroliennes de rivière ou d'estuaire dites de 2e génération. Des recrutements sont en cours pour appuyer le développement d'Etelium : « Les besoins en chaudronniers-soudeurs sont criants. Voilà des décennies que nous n'avions pas connu de tels besoins, de Concarneau à Saint-Nazaire. L'Afpa en est bien consciente. Il faut développer les formations dans la maritimité pour réaliser les contrats. L'un des succès du naval en Bretagne tient dans cette culture du prototypage, mondialement reconnue. Le site de Port-Niscop et la parfaite adaptabilité de sa cale et de la ria aux essais en eau sont des faire-valoirs remarquables à la constitution d'une filière d'Etel à Plouharnel où la création d'une pépinière peut apporter un plus ». Pour Etelium, une certitude : la Ria peut être un formidable centre d'essai pour toute la Bretagne sur un marché à ses balbutiements.

 

ETELIUM

(Etel) P-DG : Yannick Bian 20 salariés au sein d'Etelium CA : 2 millions d'euros 02 97 55 33 55

Réalisation en cours au chantier Etelium (photo réactualisée - novembre 2018).
Réalisation en cours au chantier Etelium (photo réactualisée - novembre 2018). — Photo : Xavier Eveillé

Poursuivez votre lecture

-30% sur l’offre premium

Abonnez-vous Recevez le magazine imprimé
tous les mois

Voir les offres d'abonnement

Newsletter

Inscrivez-vous pour recevoir la version gratuite de nos newsletters dans votre boîte mail