Morbihan

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Dans le Morbihan, le bâtiment s'attend à une croissance ralentie jusqu'en 2021

Par Xavier Eveillé, le 05 février 2019

Un palier ? Une fin de cycle ? Comment qualifier les perspectives 2019 dans la filière bâtiment du Morbihan ? Après huit années de crise, le rebond entamé en 2016 a donné lieu à deux belles années. Mais déjà, les nuages pointent le bout de leur nez…

Un pic de 40 grues enregistré à Rennes (programme "Identity" du groupe Giboire à Rennes).
Un pic de 40 grues enregistré à Rennes (programme "Identity" du groupe Giboire à Rennes). — Photo : Pierre Gicquel

Le Morbihan est décidément un marché à part en Bretagne... À l’instar de la Banque de France, qui pointait une amélioration tardive sur le front du surendettement par rapport aux territoires voisins, le baromètre régional de la Fédération du Bâtiment pointe un décalage : le département a sorti un grand cru 2018 quand les indicateurs commençaient déjà à se retourner ailleurs. Ainsi, la consommation de béton prêt à l’emploi a-t-elle bondi de 12,8 % en Morbihan en 2018 quand elle progressait au mieux de 5,3 % dans les Côtes-d’Armor et déclinait de 1,8 % en Ille-et-Vilaine.

Président de la FFB 56, Stéphane Le Teuff observe aussi un rattrapage sur les grands chantiers collectifs et tertiaires, où la partie semblait pourtant se jouer au profit quasi exclusif de l’Ille-et-Vilaine : « Les grues ont enfin quitté Rennes », résumait-il à la soirée des vœux. Et dans l’habitat individuel, le pays de Vannes gagnait même une place en 2017 (3e devant la Cornouaille avec 9 % de l’activité régionale, derrière le pays de Rennes et celui de Brest).

Légère érosion attendue en 2019

Mais après le rattrapage, les nuages apparaissent. Sur le Pinel, reconduit à Rennes et Saint-Malo mais oublié en Morbihan. Sur les prêts à taux 0 dans l’habitat individuel, dont le Morbihan détenait le record de France. Sur les mises en chantier fin 2018 (-1 % après +35 % en 2017). Tout cela laisse présager d’une érosion de l’activité, alors que l’emploi progressait enfin depuis deux ans (+700 emplois/an). À l’occasion de la présentation des vœux et des résultats de l’enquête réalisée par Bénédicte Ferran, la directrice de la Cellule économique Bretagne, début février, le président de la FFB 56 Stéphane Le Teuff s’attendait probablement à l’expression de davantage d’inquiétudes de la part des adhérents.

« C’est maintenant qu’il faut relever les prix »

« La filière reste marquée par les huit années de crise. L’emploi a dévissé de 63 500 salariés, certes un niveau hors normes, à 53 800 en 2016 pour revenir à un peu plus de 55 000. Les adhérents sont globalement satisfaits de leurs deux derniers exercices, mais peinent à répercuter la hausse des coûts. C’est maintenant qu’il faut relever ses prix. Je pense que l’activité va marquer un palier. La croissance devrait être moins soutenue jusqu’en 2021. »

Les inquiétudes portent aussi sur la capacité de la filière à pourvoir les postes, ce qui limite le potentiel de croissance. Entre mi 2018 et mi 2019, 1 000 projets de recrutements ont été exprimés par les entreprises morbihannaises, dont 562 sur le pays de Lorient, 462 sur le pays de Vannes, 195 sur le pays d’Auray, 169 sur le pays de Pontivy et 88 sur le pays de Ploërmel. Mais combien vont réellement se concrétiser ?

Un pic de 40 grues enregistré à Rennes (programme "Identity" du groupe Giboire à Rennes).
Un pic de 40 grues enregistré à Rennes (programme "Identity" du groupe Giboire à Rennes). — Photo : Pierre Gicquel