Industrie

Interview Coronavirus - Tiwal : « Continuer à grandir à l’export pour passer un cap »

Entretien avec Emmanuel Bertrand, dirigeant de Tiwal

Propos recueillis par Ségolène Mahias - 20 mai 2020

Les voiliers gonflables de Tiwal ont eux aussi été confinés. En plein pic de fabrication et au début de la saison de vente des bateaux, l’entreprise dirigée par Emmanuel Bertrand pourrait trouver des vents porteurs sur ses marchés internationaux.

Le dériveur gonflable Tiwal 2 a reçu de nombreuses récompenses.
Le dériveur gonflable Tiwal 2 a reçu de nombreuses récompenses. — Photo : Stéphane Candé

Quel est le bulletin de santé de Tiwal ?

Emmanuel Bertrand : Tiwal va bien et nos 10 salariés aussi. Nous avons senti la crise arriver en différentes phases selon les pays. Quand tout s’est arrêté en France à partir du 17 mars, nous avons continué à bien vendre aux États-Unis. Mais, en avril, tous nos marchés étaient touchés. Depuis trois semaines, nous sentons une reprise partout sauf en France. Les marchés les plus actifs pour Tiwal sont la Suisse, la Suède, l’Allemagne et l’Asie. En fait, des pays où le confinement a été abordé autrement. En France, où nous réalisons un tiers de notre chiffre d’affaires, c’est atone comme en Espagne ou en Italie.

Avez-vous adapté votre production ?

Emmanuel Bertrand : La société était en plein pic de fabrication. Nous fabriquons traditionnellement des bateaux en hiver et au printemps. La production s’est poursuivie avec ses effectifs habituels. En mars, nous avons failli avoir des soucis d’approvisionnement. Tiwal compte une cinquantaine de fournisseurs mais si un seul manque à l’appel, je ne peux pas finir la réalisation d’un bateau. L’entreprise est parvenue à trouver des solutions.

Présenté au Nautic, le Tiwal 2 sera commercialisé dès ce début d'année.
Présenté au Nautic, le Tiwal 2 sera commercialisé dès ce début d'année. - Photo : Tiwal

Quid de la commercialisation de ces bateaux que vous avez en stock ?

Emmanuel Bertrand : Là est toute la question. Tiwal est en pleine saison des ventes. Pour la France, les incertitudes autour des autorisations de naviguer sont une catastrophe. Je ne comprends pas les priorités : la réalité est qu’il y a moins de danger en matière de contamination en étant sur l’eau qu’en étant dans un grand magasin ou dans le métro. Nos clients particuliers français vont donc être beaucoup plus indécis pour passer à l’acte d’achat. Cap donc sur nos réseaux de revendeurs et l’export.

L’export permet de consolider l’entreprise en divisant les risques sur différents pays.

Quelles sont vos perspectives sur ces marchés internationaux ?

Emmanuel Bertrand : Les marchés exports vont sans doute nous permettre de tirer notre épingle du jeu. Je nous le souhaite. L’international était déjà une orientation forte pour Tiwal. La période la confirme. Il y a un tel potentiel que nous allons continuer à l’explorer. Nous avons bien étoffé nos réseaux de revendeurs internationaux. Des acteurs de dimension mondiale souhaitent travailler avec nous. C’est positif. Ces marchés doivent nous permettre de passer un cap, de consolider l’entreprise en divisant les risques sur différents pays.

Vos objectifs ont-ils été totalement revus ?

Emmanuel Bertrand : À moyen terme, nous souhaitons toujours doubler notre chiffre d’affaires. À court terme, nous « signons » pour le même chiffre d’affaires que l’an passé soit 1,4 M€. Là, au vu du début d’année, nous visions 1,7 M€. Mais là, c’est le flou le plus complet. En attendant, nous allons agir sur ce levier qu’est l’international et rationaliser nos frais généraux. Nous sommes également dans l’attente d’un retour de notre demande de PGE. C’est une façon de passer la période en préservant notre trésorerie.

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