Industrie

Coriolis Composites : Objectif Chine et Russie

Par Nicolas Mollé, le 02 décembre 2011

MORBIHAN Avec un produit de niche, un robot pour la fibre composite, Coriolis Composites à Quéven (56) intéresse des poids lourds de l'aéronautique. Et séduit aujourd'hui des clients chinois et russes.
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Le Journal des Entreprises — Photo : Le Journal des Entreprises

Désormais installé à Quéven, après des débuts dans des locaux exigus à Lorient, Coriolis Composites pourrait de nouveau se retrouver à l'étroit. Le monde risque en effet de ne plus être assez grand pour cette PME. Alors que ses concurrents internationaux sur son créneau se comptent sur les doigts d'une main et emploient plutôt des centaines de personnes. Pourtant, de plus en plus de pays s'arrachent son innovation, un robot capable de déposer de la fibre de carbone sur des éléments d'aéronautique, avec un produit final plus résistant que l'acier.




Filiales au Canada et en Allemagne

Au départ, 150.000 euros ont été investis dans l'achat de ce robot pourvu d'une capacité de pression de 200 kg et d'une vitesse d'1,5 mètre par seconde. Puis cinq ingénieurs ont été nécessaires pour développer le cerveau de la "bête" pendant deux ans. Après l'ouverture de filiales au Canada et en Allemagne, une réflexion est en cours depuis six mois pour attaquer les marchés russes et chinois. «Des pays dont c'est actuellement le réveil concernant la construction aéronautique», commente la présidente Clémentine Gallet.




Effectif multiplié par trois

Pour la Chine, Coriolis Composites s'est récemment greffé à une mission Ubifrance et réfléchit à recruter un VIE (Volontariat international en entreprise). «Mais nos salariés vont un peu à reculons en Chine car nous avons quand même déposé douze brevets», signale Clémentine Gallet. Et la Chine est souvent associée à l'espionage industriel. «Quant à la Russie, c'est encore le flou complet pour nous...» En progression de près de... 500% (!) dans son bilan, l'export pèse en tout cas aujourd'hui plus de 50% du chiffre d'affaires de cette PME qui a multiplié ses effectifs par trois en deux ans. Au passage, Coriolis Composites aura permis au tissu industriel lorientais, affecté par la disparition de la Seremap ou de la Serf, de trouver de nouveaux équilibres.




Sept fois plus cher

Aujourd'hui, les ingénieurs de Coriolis Composites sont essentiellement multidisciplinaires : mécanique, robotique, informatique, composite... Attirée au départ par l'appel du grand large, la première escoudae d'ingénieurs arrivée en éclaireurs à Lorient pensait surtout intéresser le nautisme. Au final, son premier client aura été Airbus Nantes. Sont ensuite venus Dassault ou Bombardier Canada. Avec la possibilité de commercialiser sept fois plus cher son robot, désormais doté de caméras, de capteurs, de systèmes métriques spécifiques...





Désormais, des débouchés attendent Coriolis Composites outre-Rhin. Clémentine Gallet est d'ailleurs titulaire d'un diplôme d'ingénieur allemand.




«Pur produit d'Oséo»

«Nous sommes un pur produit de ce qu'on appelait Anvar (devenu Oséo, NDLR). Nous avons été les premiers lauréats du concours du ministère de la recherche en 1999. Mais cela n'a pas été évident d'intéresser des investisseurs privés. Nous avons mis deux ans pour trouver des sociétés de capital-risque.» Après trois levées de fonds et avoir brûlé beaucoup de "cash", Coriolis Composites emploie une soixantaine de personnes. Une vingtaine de machines conçues dans ses locaux sont aujourd'hui en circulation dans le monde.

Coriolis Composites



(Quéven)


Présidente: Clémentine Gallet Effectifs: 36 personnes Chiffre d'affaires 2010: 8,1millions d'euros Tél.: 02 97 59 94 98.

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