Agroalimentaire

Comment SBV veut s'attaquer à la volaille d'importation

Par Anna Quéré, le 23 octobre 2018

Les volailles de l'entreprise auvergnate Sedivol.
Avec la nouvelle marque Poule et Toque, SBV ambitionne de reprendre des parts de marché dans la restauration, où un poulet consommé sur deux est importé. — Photo : Solexia

La Société bretonne de volaille (SBV), filiale du groupe sarthois LDC, leader de la volaille dans l’Ouest, mitonne de nouvelles recettes pour accélérer son développement. Au menu : le lancement de Poule et Toque, une nouvelle marque dédiée à la restauration collective et commerciale. Composée de plus de 500 références, cette offre a été mise au point dans trois gammes pour répondre aux besoins des professionnels : des pièces entières et découpes, des panés et viandes cuites ou encore de la charcuterie de volaille.

« L’ambition, c’est de travailler avec tout le monde : les restaurateurs qui pourraient ajouter cette offre sur leurs cartes, les responsables de cuisines collectives et les enseignes de snacking », explique Roland Tonarelli, directeur général de SBV (3 600 salariés, 730 M€ de CA), dont le siège est à Saint-Jean-Brévelay (Morbihan). Avec sa mascotte sympathique, un poulet moustachu coiffé d’une toque, la marque veut répondre à de nouveaux besoins : promouvoir l’origine France de la volaille, sa qualité et sa traçabilité. Elle s’appuie sur un chiffre : 94 % des Français souhaiteraient consommer de la volaille élevée en France en restauration.

Prendre des parts de marché aux poulets importés

Cette stratégie s’inscrit dans un marché porteur. La volaille est aujourd’hui la deuxième viande consommée en restauration et la croissance est de 5 % par an. « Quand SBV m’a proposé ce projet, j’ai trouvé le choix très original d’avoir une marque réservée à la restauration. On n’avait jamais osé faire ça et j’en suis heureux », s’enthousiasme Denis Lambert, président du groupe LDC.

La Société bretonne de volaille compte aujourd’hui 12 sites en Bretagne et regroupe, depuis 2014, l’ensemble des activités, de l’abattage aux produits élaborés, sous une même bannière. Chaque semaine, ce sont près de 2,5 millions de poulets, dindes et canards qui sont abattus dans les usines de la société. Son objectif est clair : prendre des parts de marché aux poulets importés, qui représentent près d'un poulet sur deux consommé en restauration commerciale en France. En boulangerie, le chiffre grimpe même jusqu’à 85 %.

Roland Tonarelli, directeur général de la Société bretonne de volaille (SBV).
Roland Tonarelli, directeur général de la Société bretonne de volaille (SBV). - Photo : Anna Quéré

Augmenter les capacités de production

Les perspectives sont donc intéressantes, « mais il faut avoir les capacités de production pour le faire », précise Roland Tonarelli. Depuis 2015, la SBV a lancé un plan d’investissement audacieux de 150 M€ pour répondre à ces objectifs. 120 M€ supplémentaires seront investis sur trois ans. Le but : augmenter de 40 % les capacités d’abattage sur les sites. À Châteaulin, dans le Finistère, la construction d’un nouvel abattoir est d’ores et déjà prévu pour fin 2020. Objectif : produire 800 000 poulets par semaine.

Dans le Morbihan aussi, on voit grand : bientôt, une plateforme de produits frais, qui nécessitera 4,4 M€ d’investissement, verra le jour à Ploërmel. Une filiale en plein boom, pour un groupe qui lorgne vers l’international : « A terme, on voudrait être plus européens. Nous espérons atteindre les 4 milliards de chiffre d'affaires cette année », souligne Denis Lambert. LDC vient d’ailleurs d’acquérir un nouveau site en Hongrie.

Les volailles de l'entreprise auvergnate Sedivol.
Avec la nouvelle marque Poule et Toque, SBV ambitionne de reprendre des parts de marché dans la restauration, où un poulet consommé sur deux est importé. — Photo : Solexia

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