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Interview Bretagne Céramique Industrie : "Notre objectif est de faire de la croissance rentable"

Entretien avec Vincent Vallée, PDG de Bretagne Céramique Industrie

Propos recueillis par Ségolène Mahias - 25 avril 2022

Bretagne Céramique Industrie est l’un des derniers fabricants français de céramique culinaire. Labellisée Entreprise du Patrimoine Vivant et certifiée Origine France Garantie, l’entreprise de Languidic, dirigée par Vincent Vallée, investit et recrute avec le soutien de Peugeot Frères Industrie, son actionnaire majoritaire.

Vincent Vallée, PDG de BCI, décline les axes de développement de Bretagne Céramique Industrie.
Vincent Vallée, PDG de BCI, décline les axes de développement de Bretagne Céramique Industrie. — Photo : Ségolène Mahias

Si Bretagne Céramique Industrie (BCI) accélère en termes de développement aujourd’hui, cela n’a pas toujours été le cas. L’année 2018 a-t-elle marqué un vrai tournant dans son histoire ?

En effet, l’entreprise a vu le jour dans les années 1930 sur le marché de la céramique. Notre métier consiste à créer et fabriquer des ustensiles de cuisine dans cette matière. De la réalisation de poteries de jardin, elle a évolué vers la fabrication de plats et de terrines pour l’industrie agroalimentaire. Positionnés sur des marchés de volume, nous avons connu un redressement judiciaire en 2012 – 2013. Nous avons en parallèle développé les marques Appolia, une marque créative et originale pour la vente au détail et les grands magasins et aussi Esprit de Cuisine pour la vente en GMS. Ceci s’est accompagné d’une diversification de nos marchés. Avec Paul Guillou, mon associé, nous avions de l’ambition et nous voulions développer une politique de marques, d’innovation et de R & D. Pour cela, il nous fallait un partenaire qui avait les moyens de nous aider. Au sein de notre syndicat professionnel, nous avons échangé avec la famille Peugeot. La rencontre s’est faite et Peugeot est devenu actionnaire majoritaire via Établissements Peugeot Frères.

Que vous apporte l’actionnariat de la famille Peugeot qui, via Peugeot Saveurs, décline des activités autour des arts de la table ?

C’est un actionnaire représentatif sur nos métiers. Nous étions trop petits pour porter et développer une politique de marques. Avec Peugeot, nous partageons des valeurs et des projections communes dans la céramique culinaire. Ils nous ont apporté leur expertise sur la partie des marchés des détaillants. Ils ont beaucoup plus de clients actifs que nous. Cela s’est traduit sur les ventes d’Appolia qui se sont fortement développées. Aujourd’hui, nos produits sont commercialisés sous plusieurs marques : Peugeot France, Esprit de cuisine et aussi en marques blanches. Notre adossement nous ouvre de nouveaux marchés, il crée de l’émulation et il nous a permis de rassurer nos financeurs et de porter des projets d’investissements alors que nous sommes toujours en plan de continuation. BCI fait plus que retrouver des couleurs. Après la phase de réorganisation, nous sommes devenus rentables en 2021 avec un chiffre d’affaires de 5,2 millions d’euros.

Pour BCI, 2021 aura donc rimé avec rentabilité mais aussi investissements…

Effectivement, l’ensemble des efforts menés pour la réorganisation de l’entreprise ont été visibles. En 2021, nous avons renoué avec la rentabilité et enregistré une très forte croissance, de l’ordre de 35 %. Ceci nous a permis d’investir. C’était nécessaire. Nous avons investi 1,1 million d’euros dans un four et un robot d’émaillage. Nous devrions poursuivre cette année avec une enveloppe oscillant entre 400 000 et 700 000 euros pour de l’outil. À date, notre chiffre d’affaires se répartit équitablement entre la GMS, Peugeot Saveurs et des grands comptes.

Vous avez également une politique active en matière de recrutements, combien de postes sont ou seront à pourvoir ?

Notre croissance d’activité en 2021 mais aussi les investissements que nous avons réalisés pour moderniser l’outil nous ont conduits à recruter 11 personnes l’an passé. Nous avons encore des besoins. Mais il nous faut du temps pour former. Sur certains postes, c’est un apprentissage de 18 mois. Nous faisons le pari de l’accompagnement de nos nouveaux collaborateurs via le tutorat. Nous avons de bons retours quant à ce mode d’accompagnement. Fin 2021, nous nous sommes rendu compte que recruter devenait de plus en plus complexe. Nous avons donc choisi de collaborer avec la CCI du Morbihan, Pôle Emploi et la Mission Locale pour une Escale Métiers. Cette journée permet d’ouvrir nos portes à des candidats, parfois éloignés de l’emploi, qui auront été au préalable Identifiés par Pôle Emploi et la Mission Locale. Nous avons quatre postes à pourvoir a minima.

BCI est l’un des derniers acteurs de la céramique en France, quelle place l’export occupe-t-il ?

Nous réalisons 20 % de notre chiffre d’affaires à l’international principalement en Allemagne, en Belgique, un peu au Brésil et aux États-Unis qui est un marché avec un potentiel énorme. Au global, nous ciblons des pays où il est d’usage de recourir à la cuisson au four. Le tout sans se disperser. Là, la difficulté du marché export est qu’il n’y a pas eu de salons depuis deux ans. Nous en faisons un, habituellement, à Francfort qui est très porteur. Il permet d’être vu et de se confronter à la concurrence. C’est de la bonne émulation.

Quels sont vos objectifs pour 2022 ?

Notre objectif est de faire de la croissance rentable. Nous devrions être sur une croissance de 15 %. La volonté est de développer de nouveaux marchés, une offre plus large de produits avec la complémentarité que nous pouvons avoir avec Peugeot. Nous allons continuer à innover. Nous créons en moyenne un produit tous les mois et nous observons que 20 % de notre chiffre d’affaires est généré par des nouveautés commercialisées depuis moins d’un an.

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