Morbihan

Industrie

Interview Bénédicte Jézéquel : "Silvadec est aujourd'hui leader en Europe du bois composite"

Entretien avec Bénédicte Jézéquel, dirigeante de Silvadec

Propos recueillis par Ségolène Mahias - 10 janvier 2022

En 20 ans, l'entreprise Silvadec sera passée de pionnière des lames de bois composite à leader en France et en Europe. 2021 aura été une croissance record pour Silvadec qui entend confirmer. Pour cela, elle investit notamment au sein de son site allemand afin de doubler ses capacités de production.

Bénédicte Jézéquel dirige Silvadec qu'elle a co-fondé en 2001 à Arzal. 
Bénédicte Jézéquel dirige Silvadec qu'elle a co-fondé en 2001 à Arzal.  — Photo : Silvadec

2021 restera une année particulière pour Silvadec aussi bien en termes de dates que de commandes, pouvez-vous nous en dire plus ?

Nous avons fêté les 20 ans de notre entreprise spécialisée en bois composite. Notre entreprise réalise 42 millions d'euros de chiffre d’affaires et nous sommes 120 collaborateurs sur l’ensemble de nos activités. Notre métier consiste à mélanger du bois, à hauteur de 2/3, à du plastique. Le bois composite obtenu permet de fabriquer des terrasses, clôtures ou façades pour des usages extérieurs. Nos produits sont imputrescibles et garantis 25 ans. Nous avons dû faire nos preuves, les débuts n’ont pas été simples mais aujourd’hui, nous sommes leaders en Europe. 2021 restera une année record avec une hausse de 30 % de notre production.

Comment expliquez-vous ces bons résultats ?

Nos produits sont des produits d’extérieurs. Depuis deux ans, la demande est croissante. Elle a été accentuée par le premier confinement et la crise sanitaire. En France comme ailleurs, il y a un véritable attrait pour l’aménagement des jardins, des terrasses, des extérieurs au sens large. L’autre explication réside dans nos choix d’approvisionnements que nous avons voulu les plus locaux possibles depuis la création de l’entreprise. Nous disposons depuis 2014 d’une usine de farine de bois située à Val d'Oust (Le Roc-Saint-André). Ces farines proviennent de la scierie Josso, voisine du site, et avec qui nous avions lancé cette usine. Les bois sont locaux. Les plastiques et autres composants proviennent de fournisseurs bretons, français ou européens. Rien ne vient d’Asie ce qui fait que nous n’avons pas subi de rupture d’approvisionnement ou connu la désorganisation du trafic maritime.

Qui sont vos clients ?

Nos clients sont des distributeurs de matériaux de construction ou des enseignes de distributions spécialisées dans le bricolage. Nos produits sont vendus chez Point P, Saint-Gobain, Castorama, Leroy Merlin, Le Doré en Bretagne Sud, … Nous exportons aussi dans une vingtaine de pays. L’international représente environ 30 % de notre chiffre d’affaires. Nous avons déjà réalisé des chantiers à Dubaï ou à Tokyo par exemple mais aussi l’aménagement des deux patios de 8 000 m² de l’aéroport El Prat à Barcelone.

En 2017, vous faites le choix de créer Silvadec Deutschland en Bavière, pourquoi cette nouvelle implantation et quelles sont les perspectives pour ce site ?

L’Allemagne est notre plus gros marché en Europe. Une implantation en Allemagne et plus précisément en Bavière nous offrait une très bonne couverture en Europe. Nous avions déjà des clients et nous maîtrisions la technologie. Nous avons donc installé deux lignes de production et nous allons doubler cette capacité industrielle. L’investissement atteint 2 millions d’euros. Nous allons recruter trois ou quatre salariés qui viendront compléter l’effectif sur site qui atteint douze personnes. L’ambition est de porter le chiffre d’affaires de Silvadec Deutschland de sept millions d’euros aujourd’hui à dix millions d’euros pour l’année 2022.

Silvadec fait le pari de l’économie locale mais aussi d’une maîtrise des enjeux environnementaux, comment cela se traduit-il ?

Notre entreprise est certifiée Iso 14001 depuis 2014 et nous agissons sur de nombreux sujets : ressources, bruits, impacts. Très concrètement, nous recyclons notre eau et visons le zéro déchet. Aujourd’hui, notre produit est à 75 % d’origine recyclé. En 2031, l’objectif est de passer à 99 %. Nous nous appuyons sur plusieurs leviers pour cela. Nous avons mis en place des ecobox chez notre réseau de poseurs. Nous récupérons d’anciens produits ou des chutes de chantier qui sont ensuite broyés et réintroduits dans notre process de fabrication. L’autre volet concerne la recherche afin d’imaginer le composite de demain. Pour cela, nous travaillons beaucoup en R & D en interne mais aussi avec l’Université de Bretagne Sud et différentes écoles d’ingénieurs. Nous avons en projet de créer des unités pilotes qui pourront approvisionner le groupe en plastique recyclé et en biomatériaux sourcés localement.

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