Industrie

BCF Life Sciences : L'Asie lui donne des ailes

Par la rédaction, le 02 mars 2012

CHIMIE Avec de banales plumes de volatiles, BCF Life Sciences produit des substrats sophistiqués pour l'industrie pharmaceutique. À Pleucadeuc, l'entreprise s'est lancée dans un programme d'investissement de 7,5millions d'euros.
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Bretagne Chimie Fine se nomme désormais BCF Life Sciences. Avec un ambitieux programme de 7,5millions d'euros. Autofinancé à 40% par cet industriel de Pleucadeuc qui transforme les plumes des élevages bretons en substances chimiques. Des produits destinés à la pharmacie et à la nutrition santé. L'objectif de l'investissement est de monter en puissance sur la production de carbocistéine. Ce principe actif est utilisé notamment dans les sirops expectorants de Sanofi. «En trois ans, nous voulons devenir leader de ce marché», ambitionne Jacques Pidoux, président de BCF Life Sciences. «Aujourd'hui, nous sommes quasiment mano a mano avec nos concurrents européens, qu'ils soient espagnols ou allemands.»




Atmosphère protégée

Le programme de développement inclut aussi un atelier de conditionnement, avec une succession de salles à atmosphère protégée. «Nous avons reconfiguré l'atelier», explique le directeur général Renaud Sergheraert. «Pour proposer ce qui se fait de mieux en matière de carbocistéine. Avec une cystine, cet acide aminé dont elle est issue, complètement tracée.» L'entreprise est même dotée d'un laboratoire intégré employant six personnes. «Nous y vérifions la qualité de toutes les matières premières, réalisons des expertises en cours de fabrication, analysons tous les produits finis», détaille Delphine Bellec, animatrice du laboratoire. Un luxe auquel peu d'industries, même agroalimentaires, sont habituées.




Crises sanitaires

«J'espère que l'industrie européenne a compris qu'elle doit affirmer sa différence à travers la qualité et l'innovation», formule Jacques Pidoux. «Ce qui n'interdit pas d'investir en France. Nous, en tout cas, c'est notre volonté et notre modèle.» BCF Life Sciences adopte ainsi une stratégie volontariste, se concentrant sur ce qu'elle maîtrise: la gestion, l'organisation, les investissements. Et ce, alors même que l'évolution du prix de certaines matières premières reste préoccupante, en particulier la soude puisque ce coproduit est directement corrélé à des industries en souffrance, comme le bâtiment et l'automobile. BCF entend en tout cas imposer sa différence face aux prix bas de bataillons de concurrents chinois. «Les cinq dernières années ont été marquées par des fraudes et des crises sanitaires mondiales comme celles de la mélamine ou de l'héparine», poursuit Jacques Pidoux. «De quoi évidemment renforcer l'attrait pour notre production et sa qualité tracée. C'est aussi cela qui fait de nous des valeurs refuge.» Même si la Chine, reste pour Renaud Sergheraert, «un vrai point de repère économique.» BCF Life Sciences a de toute façon décidé de prendre l'initiative en Asie du Sud-Est. «Il y a là-bas des marchés extrêmement différents», constate Jacques Pidoux. «En Corée du Sud, la population est équivalente à celle du Japon, quoique plus jeune. Tandis que l'Indonésie représente le premier pays musulman en terme d'habitants. Avec 240millions de personnes, c'est un marché extrêmement intéressant.»




50% de l'activité à l'export

L'export pèse déjà 50% de l'activité de BCF Life Sciences. Le Japon occupe à lui seul un quart de ses volumes globaux, en particulier dans le secteur pharmaceutique. Un VIE (Volontariat international en entreprise) vient d'ailleurs d'être recruté. Basé à Singapour et placé sous la hiérarchie du responsable commercial Jérôme Trignau, il servira de relais aux services marketing et recherche et développement. Pour mieux appréhender les marchés asiatiques. Et pour aussi, dans l'autre sens, mieux s'en faire comprendre. BCF, qui a déjà vu sa production augmenter de 30% depuis 2009, se prépare donc à exploser ses propres records de produits conditionnés en fûts de 25 ou 50 kilos. La nouvelle unité de production devrait être opérationnelle en juin prochain.



Nicolas Mollé

Bretagne Chimie Fine



(Pleucadeuc)


Président: Jacques Pidoux Effectif: 100 salariés Chiffre d'affaires 2010: 18,1millions d'euros Tél.: 02 97 26 91 21.

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