Morbihan

Chimie

BCF Life Sciences investit 17 millions d'euros sur quatre ans

Par Ségolène Mahias, le 21 novembre 2018

Avec un programme d’investissement de 17 millions d'euros et un objectif de chiffre d’affaires de 45 millions d'ici à 2022 contre 34 aujourd'hui, le morbihannais BCF Life Sciences, spécialiste des acides aminés, affiche ses ambitions.

BCF extrait des acides aminés depuis des plumes de volailles. — Photo : Ségolène Mahias

Le morbihannais Bretagne Chimie Fine - aujourd'hui BCF Life Sciences - aborde une nouvelle phase de développement. Dans la continuité de son tour de table financier de juillet, la PME, experte en extraction d’acides aminés à destination des acteurs de l'industrie pharmaceutique et de la nutrition santé, s’est adossée au fonds MBO Partenaires pour mener à bien ses nouveaux projets. « Nous demeurons majoritaires au capital. Le choix de MBO est un choix français et une volonté d’avoir à nos côtés des personnes avec une culture de la PME et pro-entrepreneurs », résument Jacques Pidoux et Renaud Sergheraert, les dirigeants de BCF.

Plus de capacités de production

Cette étape franchie, ils peuvent désormais lancer leur ambitieux programme d’investissement qui se chiffre à 17 millions d’euros sur quatre ans. Il va se décliner sur le site de Pleucadeuc, là où l’entreprise fabrique ses poudres issues de plumes humides de volailles. « Nous allons augmenter nos capacités au cœur de l’outil de production, comme par exemple pour le traitement du sel cristallisé issu de nos matières premières. Cela va aussi nous permettre de gagner encore plus en qualité. » L’investissement profitera aussi aux salles de conditionnement et à l’ergonomie des postes.

BCF va aussi fortement s’engager en matière d’économies d’énergie sur sa tour aéro-réfrigérante. Grâce à un programme de récupération, une réduction de consommation de 12 % des énergies (gaz et électricité) et de 4 % d’eau est visée. La PME va aussi se doter d’un nouveau siège social sur site. « Il n’était plus adapté à nos besoins et à la croissance de nos effectifs. Nous avons notamment recruté sur les fonctions support que sont le marketing, la R&D, la partie commerciale et les affaires réglementaires. » Outre le back office, BCF a vu une vraie croissance de ses effectifs depuis la reprise par Renaud Sergheraert et Jacques Pidoux en 2009 : « Nous étions 86 lors de notre arrivée. Nous sommes aujourd’hui 157 salariés dont 110 en production. La perspective est de recruter une trentaine de personnes de plus dans les années qui viennent. » Acteur local, l’industriel affiche un engagement : faire réaliser près de 40 % de son programme d’investissement par des entreprises locales.

Hyper-spécialisation

Positionnée sur des marchés de niche, l’entreprise morbihannaise a su diversifier son offre en optant pour une stratégie clairement résumée : « Nous sommes dans une logique d’hyperspécialisation », résume le duo de dirigeants. Dans le détail, 50 % des produits de BCF sont commercialisés dans le domaine de la santé, des compléments alimentaires (ongles, cheveux, peaux), nutrition infantile et médicale. L’autre débouché renvoie au domaine vétérinaire et à la nutrition canine et féline avec, par exemple, une offre de protéines à forte digestabilité. La PME propose aussi des biostimulants foliaires pour la nutrition végétale. Autre marché à forte valeur ajoutée : l’aquaculture. « Il n’est pas aisé de nourrir les poissons ou les crevettes en aquaculture car les produits ont tendance à se disséminer dans l’eau. Nous avons donc développé des attractants pour favoriser la prise alimentaire et la croissance. »

L’hyper-spécialiste est aussi un champion de l’export. 60 % de son chiffre d’affaires est ainsi réalisé à l’international avec une forte présence au Japon, son « premier pays à l’export ». Même si la France pèse 40 % et l’Europe 32 %, l’Asie du Sud-Est est un vrai levier. L’entreprise a d’ailleurs ouvert un bureau en Thaïlande. Elle scrute aussi l’Amérique. Après le Nord, l’Amérique du Sud est un marché sur lequel elle mise. Elle vient d’y ouvrir un bureau en Colombie.

Objectif : 45 M€ de CA en 2022

En actionnant ces leviers de croissance, BCF a parcouru du chemin. À l’instar de ses effectifs, son chiffre d’affaires a bondi. « Il était de 15 M€ à la reprise, en 2009, et il sera de 34 M€ pour l’exercice 2018. Nous visons les 45 M€ en 2022 au terme de notre programme d’investissement », avancent Jacques Pidoux et Renaud Sergheraert. Même au vert, dans la campagne pleucadeucienne, l’aventure de BCF ne passe pas inaperçue. À l’image d’Elixance, l’entreprise d’Elven spécialisée dans la coloration des matières plastiques, elle vient de rejoindre l’Accélérateur Chimie, notamment porté par le ministère du Travail et Bpifrance. Ravis de rejoindre ce groupe de 30 entreprises, les deux dirigeants entendent tirer profit des dix-huit mois de programme intensif afin de passer la vitesse supérieure « en matière de performance d’ensemble. La transformation digitale est également au cœur de cela. »

BCF extrait des acides aminés depuis des plumes de volailles. — Photo : Ségolène Mahias

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