BTP

Bases solides et croissance durable pour Rezolia

Par Ségolène Mahias, le 14 décembre 2020

Rezolia s’est fait un nom et une place dans l’Ouest dans un métier de niche. Cette entreprise morbihannaise est spécialisée dans la traque de fuites et les travaux de rénovation. Recrutements, nouvelles implantations, Rezolia ne connaît pas la crise.

Jean-Yves Bien, PDG et fondateur de Rezolia, se prépare à muscler ses bases dans l'Ouest.
Jean-Yves Bien, PDG et fondateur de Rezolia, se prépare à muscler ses bases dans l'Ouest. — Photo : Ségolène Mahias

Une fuite majeure dans un bâtiment ou un logement, c’est souvent la tuile à laquelle on ne souhaite pas être confronté. Si cette péripétie survient dans le Grand-Ouest, il est fort probable que Rezolia vienne apporter une réponse. En effet, cette entreprise morbihannaise a vu passer quelque 30 000 dossiers de sinistres divers et variés ces six dernières années. « Dans l’Ouest, nous n’avons pas de concurrents. Le groupe Rezolia est le seul à proposer ces métiers intégrés qui vont de la recherche de fuite au chiffrage puis au traitement des causes et enfin à la réhabilitation des lieux », résume Jean-Yves Bien, PDG de Rezolia. Basée à Plougoumelen, près de Vannes, l’entreprise a vu le jour 1997. « D’une entreprise de bâtiment au départ, nous avons rapidement évolué vers les services liés aux sinistres. » Aujourd’hui, le groupe composé de Rezolia (travaux de rénovation tous corps d’état) et SRIO (détection et assèchement de fuites) s’appuie sur 14 agences et compte 110 salariés. Il réalise 8 millions d’euros de chiffre d’affaires consolidé.

Il y a quatre ans, Rezolia est passée à la vitesse supérieure en matière d’implantations en gagnant Brest, Quimper, Lorient, Guérande, Nantes et Rennes. « Depuis cinq ans, nous avons fait évoluer notre logique d’implantation. Nous, qui étions plutôt présents sur des villes moyennes, nous avons gagné les métropoles. Un pari qui s’est révélé positif pour notre développement », dévoile le dirigeant de Rezolia. En effet, l’entreprise a toujours misé sur un maillage serré : 20 à 25 km de rayons pour une proximité avec ses clients et des gains de temps. Ce qui ne change pas non plus, ce sont les modèles de ces agences. « Une agence chez Rezolia, c’est une équipe d’une dizaine de personnes réparties à moitié dans l’activité de recherche de fuites et l’autre en rénovation. Nous avons aussi un(e) chef d’agence et un(e) assistante. »

Un service informatique interne

Si aujourd’hui, le groupe est présent sur les trois principales métropoles du Grand-Ouest, elle envisage déjà de renforcer ses équipes. « À court terme, nous doublerons nos effectifs sur ces grandes villes. Ainsi, nous pouvons par exemple imaginer de disposer de quatre agences à Nantes pour assurer le meilleur maillage possible et gagner en proximité. » L’arrivée de Rezolia sur un nouveau territoire se fait toujours de la même façon. « Nous démarrons toujours sur un secteur par l’activité de sinistre. » Connue des experts des compagnies d’assurance, l’entreprise est généralement ensuite sollicitée sur ses autres expertises. Ses clients sont divers : particuliers, collectivités, entreprises ou petites copropriétés. À elle de répondre au mieux à cette variété d’interlocuteurs. « Nous sommes confrontés à une difficulté. Nous devons avoir une approche artisanale dans notre relation avec les clients particuliers tandis que nous devons avoir une approche industrielle avec nos mandants. »

Au fil du temps, la société a su développer ses propres méthodes à la fois pour la recherche des fuites mais aussi pour l’établissement du diagnostic et le chiffrage des réparations. Pour cela, elle peut s’appuyer sur deux atouts. La PME a fait le choix d’avoir des salariés avec des spécialités fortes sur la partie des travaux de rénovation. Ses employés ont généralement une double compétence qui peut être en menuiserie et maçonnerie. Pour cela, elle s’appuie sur son propre centre de formation et les méthodes développées en interne qui permettent d’associer expertises et gains de temps. Il y a sept ans, Rezolia a fait un choix fort pour son back office informatique. « Nous avons trois informaticiens qui développent nos propres logiciels et nos propres applications. Les développements sont pensés pour nous. » À l’heure où l’entreprise grandit et suscite forcément de l’intérêt auprès d’acteurs majeurs du bâtiment, ces choix permettent à Rezolia de se différencier et de garder plusieurs longueurs d’avance.

De 110 à 150 salariés

Toutefois, même en croissance, le groupe connaît lui aussi des difficultés pour recruter. Une problématique que Jean-Yves Bien entend bien résoudre : « nous sommes des acteurs régionaux avec une implication locale. Aujourd’hui, pour développer notre chiffre d’affaires, il nous faut de la main-d’œuvre et des compétences. » C’est pour cela que le chef d’entreprise n’a pas hésité à participer à une Escale Métiers, une opération organisée en lien avec la CCI du Morbihan et les acteurs locaux de l’emploi. Ce job dating organisé fin septembre in situ visait à trouver des profils expérimentés mais pas uniquement. « Nous pouvons aussi former ou faire monter en compétences des personnes qui ont envie de s’inscrire avec nous sur le long terme. » En effet, la société va, a minima, recruter 10 salariés supplémentaires tous les ans. De 110 salariés, il passera à 150 d’ici trois à quatre ans. Outre le renforcement des pôles urbains, Rezolia entend mailler au mieux la Bretagne. Des ouvertures de nouvelles agences sont prévues à Saint-Brieuc, Morlaix et Saint-Malo.

Outre un développement géographique, le groupe pourrait saisir d’autres leviers de croissance. « Nous ne nous interdisons pas d’aller sur des métiers périphériques comme des activités de ramonage. En effet, quand un sinistre est fini, c’est game over pour nous », résume, avec une pointe d’humour, Jean-Yves Bien. Le dirigeant entend donc conforter son assise mais aussi innover. La société a ainsi développé une activité de drones pour la recherche de fuite. Entreprise familiale, Rezolia s’organise pour le demeurer. Au capital, outre Jean-Yves Bien, on retrouve son frère Laurent mais aussi Franck Pelé et Christophe Le Guen qui sont, respectivement le premier salarié et premier apprenti du dirigeant (à vérifier). « C’est une aventure humaine ! Nous avons progressé ensemble pour construire ce groupe. Nous voulons transmettre ces valeurs d’engagement. »

Montées en compétences et recrutements

À 56 ans, Jean-Yves Bien a également voulu structurer le groupe. Outre des salariés qui sont montés en compétences, des recrutements extérieurs ont eu lieu comme un responsable paye. La société recrute ainsi un (e) secrétaire général(e), un collaborateur prépare son diplôme d’expertise comptable. L’entrepreneur projette aussi d’embaucher un gestionnaire de trésorerie pour avoir un œil en temps réel sur les flux financiers, monter des financements. « Pour l’avenir, c’est important de mettre en place toutes ses compétences actuellement. L’entreprise prévoit de passer de 8 à 12 millions d’euros de chiffre d’affaires d’ici cinq ans. Cette année, la crise sanitaire aura vu Rezolia « passer de ce qui s’annonçait comme une belle année, à une année correcte, au final. » La société a profité de la baisse de certains chantiers pour faire de la formation et rebâtir les plannings. « Nous avons cette culture de nous adapter en permanence et notre organisation en agences nous permet d’être agiles. »

La formation au cœur de la stratégie

Depuis 2018, Rezolia a mis en place Evholia, son propre centre de formation. Implanté au sein du siège social, à Plougoumelen. « Il permet de former les collaborateurs, d’assurer la polyvalence et la montée en compétences des équipes », résume Julien Ferbus, directeur de Rezolia Auray, Rhuys et Guérande. La PME conçoit elle-même ses modules de formation. « C’est nécessaire car nos métiers sont spécifiques, ils font appel à une certaine technicité. Il nous fallait du sur-mesure. » En deux ans, Rezolia et Evholia ont ainsi développé une vingtaine de programmes de formation. Les nouveaux arrivants bénéficient tous d’un parcours d’intégration et d’un temps de prise en main des outils numériques. Sur ces métiers techniques, l’entreprise a mis en place des boxes de mise en pratique : en effet, sur son effectif de 110 salariés, 70 interviennent sur le terrain. « Beaucoup de nos personnels sont polyvalents. Un peintre doit, par exemple, être capable de changer une fenêtre. Autre particularité, les programmes de formation font une large part au numérique. Présents dans le quotidien de tous les salariés, ils permettent aussi des gains de temps pour le back-office. Les notes de frais sont ainsi scannées directement sur les téléphones portables. Nous devons enlever ces taches chronophages à nos salariés pour qu’ils puissent se consacrer à leurs missions de services au client. » Pour assurer l’apprentissage permanent de ses collaborateurs, Rezolia compte un formateur à temps plein. Il sera prochainement épaulé par une seconde personne et un troisième recrutement se profile.

Jean-Yves Bien, PDG et fondateur de Rezolia, se prépare à muscler ses bases dans l'Ouest.
Jean-Yves Bien, PDG et fondateur de Rezolia, se prépare à muscler ses bases dans l'Ouest. — Photo : Ségolène Mahias

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