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Après sa fusion, le groupe Tecnorope déroule sa feuille de route

Par Xavier Eveillé, le 25 février 2021

Fusion d'ex Tecnorope et de DEMK, déménagement de la câblerie... 2020 a été dense pour le groupe lorientais Tecnorope, spécialisé dans les gréements pour chalutiers. Propriétaire de coopératives et des Comptoirs de la Mer, il développe aussi Décomeuble dans le commerce équitable.

câblerie câble pêche DEMK Tecnorope chaîne de production Lorient
câblerie câble pêche DEMK Tecnorope chaîne de production Lorient — Photo : DR Tecnorope

L’année 2020 aura été une année fondatrice pour le nouveau groupe Tecnorope. Né de la fusion de deux acteurs lorientais de l’équipement pour chaluts et, d’une manière générale, pour les métiers de la pêche, il réunit en effet les sociétés anonymes Tecnorope et DEMK (Docks et entrepôts maritimes de Keroman). L’ensemble pèse désormais près de 17 millions d’euros de chiffre d’affaires et emploie 69 salariés. Il est présidé par Ludovic Tanguy, le président de la coopérative maritime des pêcheurs et des ostréiculteurs, fondée en 1957.

"Tecnorope et DEMK avaient toutes deux une activité de câblerie pour chalutiers. La fusion permet d’éviter de vendre plusieurs fois le même produit à des prix différents", explique le directeur général du groupe, Olivier Laurain. La même année 2020 a vu la refonte complète de la câblerie, actuellement la plus grande d’Europe : "Nous avons opéré un déménagement industriel en construisant une grande câblerie de 3 000 m² dans le sous-sol de la coopérative, à 50 mètres des quais du port de pêche. Nous disposons de deux pistes de chaluts avec un stock commun au fond de l’entrepôt. Nous pouvons ainsi manœuvrer des câbles en inox de 600 mètres de long qui pèsent des centaines de tonnes." Tecnorope DEMK fabrique et vend aussi sur place câblages et cordages de pêche.

La grande plateforme rectangulaire de 3 000 m² permet également d’accueillir des chalutiers pour réparation : "Ils peuvent arriver à 12 heures et repartir à 14 heures sans entraver le fonctionnement de la câblerie. La plateforme peut aussi accueillir le cas échéant des navires sur des temps longs, allant jusqu’à trois à quatre mois d’immobilisation." Ils viennent parfois de loin : "Cela peut être de gros thoniers des quatre coins du globe."

Le bureau d’études démultiplie les solutions

Tecnorope-DEMK travaille principalement pour les pêcheurs de toute la façade atlantique française et l’ouest de la Manche, de Port-en-Bessin (Calvados) à Saint-Jean-de-Luz (Pyrénées-Atlantiques). "Nous pouvons désormais tout faire car nous avons aussi fusionné les deux bureaux d’études et disposons de solutions d’intégration optimisées. Tout est donc regroupé. " Conception des systèmes de câblerie, dimensionnement des filets, de l’accastillage, conception des chaluts… Le groupe breton peut ainsi penser en 3D l’ensemble des engins de pêche, une fois la charpente marine réalisée : "À partir du moment où c’est bien pensé en amont, nous pouvons faire gagner 20 % d’économie sur la consommation de carburant", sans nécessairement partir sur des solutions plus lourdes et spécifiques comme l’hydrogène. Or, c’est le premier poste de dépense d’un patron pêcheur et d’un armateur.

À l’étranger, le groupe réalise aussi des chaluts et de l’accastillage. Il vend également des bateaux en Afrique du nord.

Les Comptoirs de la mer, ce sont eux

D’autres activités historiques complètent l’éventail. Outre la vente de cordage, le groupe possède aussi Centre Marine à Lorient, filiale spécialisée dans la vente de bateaux, remorques, moteurs hors-bord. Centre Marine assure l’entretien, la maintenance de moteurs et bateaux, et est concessionnaire (Yamaha, Mecanorem, Rocca, Océane, bateaux Bombard, Brig, Capelli, Tempest). Tecnorope dispose également de la station de carburant d’Arzon, de la coopérative des pêcheurs à Lorient, de la coopérative d’ostréiculteurs à Auray. Enfin, il possède les quatre boutiques Comptoirs de la Mer de Lorient, Etel, Auray et Séné (soit 35 salariés). Ils font figure de vitrine aux yeux du grand public qui ne connaît parfois que cette dimension de l’activité du groupe. Tecnorope DEMK y vend ses propres produits spécifiques et techniques et distribue des marques et des collections d’articles "dont certaines sont exclusives".

Conjoncture mouvementée

Cette branche grand public a connu une année contrastée. La saison estivale et le mois de décembre ont été bons, mais cela ne compensera pas les périodes de confinement. "Le chiffre d’affaires des coopératives maritimes, par exemple, a terminé à seulement 5 % en dessous du niveau de 2019. Celait aurait pu être pire."

Au global, la conjoncture aura été plutôt défavorable en 2020 : "Si on ajoute au confinement lié au coronavirus les problèmes de norovirus dans les parcs ostréicoles, rencontrés depuis l’hiver dernier, et le Brexit, on ne peut pas dire que l’année a été facile", regrette Olivier Laurain. Les effets de la réorganisation compensent heureusement, en partie, le contexte conjoncturel. Surtout, ils ouvrent des perspectives pour les prochaines années. Aux gains induits par la mutualisation des activités du groupe et à la suppression des doublons, s’ajouteront à l’avenir des gains liés à l’enrichissement des solutions d’intégration. "D’une manière générale, nous sortons d’une période d’investissements lourds, sans oublier le simulateur 3D pour le bureau d’études. Le groupe avait besoin de procéder à un certain renouvellement de l’outil de production." Les prochains investissements seront probablement étalés dans le temps, même si les indicateurs se sont sensiblement améliorés en fin d’année.

Commerce équitable en Indonésie

Tecnorope-DEMK mise également sur le développement de son activité de commerce équitable : Décomeuble. Transféré dans les anciens locaux de Tecnorope, à Lorient, Décomeuble mobilise cinq voire six salariés du groupe en lien étroit avec l’Indonésie, dont deux sont sur place. "Nous devons davantage faire parler de cette activité. Nous partons pendant cinq à six semaines rencontrer des artisans locaux que nous suivons sur la durée. Nous chargeons tout là-bas, ramenons les prototypes, puis créons les catalogues, commercialisons les meubles. Ce n’est pas du mobilier acheté sur le marché de Canton !", résume le directeur général pour qui entreprendre avec la Chine a trouvé aujourd’hui ses limites. "L’image de la Chine est tout de même un peu ternie. Cette démarche équitable est fédératrice pour les équipes, elle colle au modèle coopératif et solidaire que nous défendons, et elle plaît beaucoup au public."

câblerie câble pêche DEMK Tecnorope chaîne de production Lorient
câblerie câble pêche DEMK Tecnorope chaîne de production Lorient — Photo : DR Tecnorope

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