Bouches-du-Rhône

Chimie

Technicoflor mise sur les arômes alimentaires et sur l’export

Par Didier Gazanhes, le 17 mai 2018

Installée à Allauch (Bouches-du-Rhône), la société Technicoflor, spécialisée dans la création de parfums, réalise 72% de son chiffre d'affaires à l'export. Après le rachat, en 2017, de la société IES, l'entreprise entend se positionner sur le marché des arômes alimentaires.

La nouvelle usine entièrement automatisée, qui devrait être opérationnelle en septembre 2019, devrait permettre de doubler la capacité de production (de 1 200 tonnes à près de 2 500 tonnes) et de réduire les délais de livraison. — Photo : Photo D.Gz.

Technicoflor est l’une des rares entreprises dans la création de parfums à ne pas être basée à Grasse. Installée à Allauch, elle a lancé au début avril 2017 un projet de 12 M€ pour la construction d’une usine entièrement automatisée, qui devrait être opérationnelle en septembre 2019. Elle devrait permettre de doubler la capacité de production (de 1 200 tonnes à près de 2 500 tonnes) et de réduire les délais de livraison.

« La réactivité est un élément essentiel. Nous sommes capables de livrer un échantillon en moins de 24 heures. Il y a quelques années, cela nécessitait encore près de trois semaines. Quand on sait qu’entre la première demande du client et le choix définitif du parfum, trois à quatre aller-retour sont généralement nécessaires, la rapidité fait réellement gagner des marchés », confie François-Patrick Sabater, qui a créé Technicoflor en 1982. La nouvelle usine ne génèrera pas d’emplois nouveaux. « En revanche, pour les équipes actuelles, notamment à la production, le travail sera beaucoup moins pénible. Nous avons beaucoup travaillé sur l’ergonomie du projet. »

Rachat d'IES en 2017

L’entreprise, installée sur la zone d’activités de Fontvieille, à Allauch, compte en moyenne une croissance de 10 % chaque année. En 2017, la société a enregistré un chiffre d’affaires de 54 M€ et envisage 60 M€ pour 2018. Technicoflor, spécialisée dans la création de compositions parfumées, d‘extraits végétaux, de matières premières aromatiques, vient de se lancer sur un nouveau créneau : les arômes alimentaires.

« En 2017, nous avons racheté la société IES (CA : 5,2 millions d'euros), basée en région parisienne et positionnée sur les arômes alimentaires. Un marché qui ne représentait que 4 à 5 % du CA de Technicoflor et sur lequel il existe un fort potentiel de développement. Les gens cuisinent de moins en moins et utilisent plutôt des plats cuisinés, qui contiennent beaucoup d’arômes alimentaires. On retrouve la même tendance dans le monde entier, en Asie, en Afrique. Jusqu’à présent IES, dont l’usine basée à Saint-Ouen est par ailleurs certifiée pour la nutrition animale, ne travaillait pas à l’export. Nous allons donc nous positionner sur les marchés étrangers. »

72 % à l’export

Un axe stratégique de développement que Technicoflor connaît bien. L’entreprise réalise en effet 72 % de son chiffre d’affaires sur les marchés étrangers, notamment en Asie, où elle dispose d’usines à Shanghaï (Chine) et Jakarta (Indonésie). « Après l’Asie, nous sommes bien implantés en Europe (Allemagne, Italie et Espagne notamment) et nous voulons nous développer au Moyen-Orient ». L’entreprise vient d’ouvrir un bureau à Dubaï qui va lui permettre d’aborder également le marché africain. « Il va certes falloir adapter nos produits, nos prix, étudier la concurrence, mais l’Afrique a une forte culture du parfum… »

Afin de ne pas dépendre des fluctuations de certaines matières premières, Technicoflor a également investi depuis huit ans dans ses propres plantations, notamment de patchouli en Indonésie et envisage de faire de même avec l’ilang à Madagascar. « Le patchouli est un produit important en parfumerie. Mais son prix peut varier de un à cinq, notamment à cause de la spéculation de certaines intermédiaires chinois. Quand j’ai compris comment ce marché fonctionnait, nous avons donc décidé d’investir dans des plantations avec des paysans locaux. En échange d’un prix stable négocié, nous avons amélioré leur capacité de production, en finançant notamment de nouveaux alambics. Nous récoltons ainsi près de 10 tonnes de patchouli par an. C’est une démarche équitable et rentable sur le long terme. Nous maîtrisons ainsi totalement la qualité du produit. Nous aimerions reproduire ce schéma avec l’ilang à Madagascar. »

Des partenariats en région

A l’opposé de l’export, Technicoflor entretient des partenariats avec des entreprises locales. Dernier projet local en date, celui mené il y a quelques mois pour la savonnerie du Fer à Cheval, la plus ancienne de Marseille, reprise depuis maintenant deux ans par les frères Séghin. En complément de sa gamme d’authentiques savons de Marseille, vient ainsi de lancer une nouvelle gamme beauté de huit savons solides et huit savons liquides de Marseille. Technicoflor a ainsi composé la création des parfums de ces gammes. « C’est un projet qui a nécessité environ une année de travail. Les consommateurs veulent des produits qui sentent bons et qui soient naturels », commente François-Patrick Sabater, qui précise que, « en revanche, bien sûr, cela coûte de 7 à 8 fois plus cher ».

La nouvelle usine entièrement automatisée, qui devrait être opérationnelle en septembre 2019, devrait permettre de doubler la capacité de production (de 1 200 tonnes à près de 2 500 tonnes) et de réduire les délais de livraison. — Photo : Photo D.Gz.

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