Nice

Chimie

Premiers débouchés pour les "pigments Mayas" de Pigm'Azur

Par Gaëlle Cloarec, le 12 mai 2017

Issus de la recherche universitaire, les pigments fabriqués selon un procédé Maya adapté aux technologies industrielles actuelles intéressent les industriels.

Le Journal des Entreprises, l'économie en régions — Photo : Le Journal des Entreprises

À l'origine de Pigm'Azur, il y a une grande et une petite histoire. Celle des fresques Mayas dont les couleurs ont su défier les siècles. Et celle d'une étudiante en chimie, Sonia Ovarlez, dont les recherches encadrées par l'Université Nice Sophia Antipolis et Mines ParisTech ont conduit à réinventer un procédé de fabrication de pigments naturels ultra-résistants « archéo-inspirés » des méthodes Mayas. Un procédé artisanal qu'une équipe de cinq scientifiques, parmi lesquels les docteurs Nicolas Volle et Françoise Giulieri, respectivement président et directeur général de Pigm'Azur, ont réussi à adapter aux technologies industrielles actuelles pour être capables aujourd'hui de fabriquer jusqu'à 50 tonnes de pigments par an. Et ce, sans utilisation de produits chimiques, ni de process de traitement d'eau, le procédé étant « écoresponsable et à sec », précise Nicolas Volle.

Premier contrat

Ces pigments à base d'argile, naturels, non-toxiques, aux tonalités résistantes au temps comme aux agressions extérieures, viennent de trouver leurs premiers débouchés. Non pas dans le secteur des peintures, première cible envisagée par Pigm'Azur, mais dans celui des produits d'entretien. Depuis le début de l'année, ils teintent « un produit existant jusqu'alors difficilement colorable », explique le dirigeant qui en a déjà livré « plusieurs centaines de kilos ». Ce contrat dont « le prévisionnel annoncé, si le succès se confirme, dépasserait les 20 à 30 tonnes par an », pousse Pigm'Azur à creuser le sillon du marché de l'entretien tout en cherchant de nouveaux débouchés. Parmi les pistes étudiées, deux semblent bien avancées. En l'occurrence, les secteurs du jouet et des cosmétiques pour lesquels l'entreprise a développé des gammes dédiées et certifiées, actuellement en phase d'expérimentation chez des industriels. « On espère signer nos premières ventes d'ici à la fin de l'année », reprend Nicolas Volle qui évoque, entre autres, « un projet avec un fabricant de jouet dont le produit sortirait pour Noël ». Et le dirigeant de tabler sur un chiffre d'affaires de 300 000 euros en 2017, de 2 millions d'euros en 2019.

Lever de fonds

Pour accompagner cette montée en puissance, la jeune pousse lauréate de sept prix nationaux et régionaux, dont les dotations ont contribué à financer son développement, prévoit désormais de s'engager dans une démarche de lever de fonds. L'objectif ? Récolter en 2018 entre 1 et 2 millions d'euros afin de se doter d'un site de production plus vaste, de renforcer son parc machines et de recruter en conséquence. Et ainsi se mettre en ordre de marche pour répondre à une demande qui ne manquera pas de s'accélérer. Car si les pigments azuréens font mouche de par leurs fonctionnalités, ils racontent aussi une histoire - celle des Mayas - particulièrement intéressante à exploiter en terme de marketing. Et ça, selon Nicolas Volle, certaines grandes enseignes l'auraient déjà compris. À suivre...

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