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Santé

MediHandTrace : La start-up veut lever 4 millions d'euros

Par Hélène Lascols, le 02 décembre 2016

La start-up toulonnaise MediHandTrace veut lever 4 millions d'euros. Objectifs : accélérer sa pénétration du marché et développer une application de son système automatisé de traçabilité de l'hygiène des mains dans les établissements de santé.

Le Journal des Entreprises
Le Journal des Entreprises — Photo : Le Journal des Entreprises

Lorsque l'entreprise MediHandTrace voit le jour en avril 2015, le développement de son système automatisé de traçabilité de l'hygiène des mains dans les établissements de santé pour la prévention des infections nosocomiales et des aléas thérapeutiques, est déjà finalisé. « Avec le concours du bureau d'étude Micro BE, spécialisé dans le développement de solutions autour de la RFID, nous avons débuté nos travaux dès 2013 au sein du service des Maladies Infectieuses et Tropicales de l'Hôpital Nord de Marseille, dirigé par le professeur Brouqui. Des publications scientifiques ont ensuite montré la pertinence de notre solution », raconte Francine Lanceleur-Brenning, sa directrice. Au total, plus d'un million d'euros ont été investis. Le projet a été financé à hauteur de 40 % dans le cadre de « l'appel à projets - recherche finalisée » de la région Paca et a reçu une avance remboursable de la BPI.« En 2015, nous avons créé la structure commerciale », ajoute Francine Lanceleur-Brenning.

Lever 4 millions d'euros avant le printemps 2017

Les produits, déjà testés et éprouvés, rencontrent rapidement leur cible et MediHandTrace clôture un premier exercice avec 500.000 ? de chiffre d'affaires. « Nos clients sont situés en France, essentiellement en région Paca, mais aussi en Europe et au Moyen-Orient », confie la directrice. Aujourd'hui, l'entreprise veut lever 4 millions d'euros pour accélérer la pénétration du marché, financer sa R & D et renforcer ses équipes opérationnelles. À ce jour, l'entreprise repose principalement sur une équipe de 36 chercheurs au travers des contrats de consortium (Micro BE, le service du professeur Brouqui, Aix-Marseille Université) et souhaite désormais renforcer son équipe commerciale avec le recrutement d'une douzaine de personnes. L'internalisation de la production, la mise en place d'un service support et le développement d'une application cloud sont également programmés. Enfin, des bureaux pourraient prochainement être ouverts en région parisienne. « Cette recherche de fonds est déjà bien engagée. Nous avons débuté le processus en fin d'année 2015 avec le soutien du cluster Eurobiomed et avons testé notre pitch auprès d'investisseurs lors de la journée Invest In Biomed », raconte Francine Lanceleur-Brenning. « Cette journée a eu un effet accélérateur puisque des investisseurs ont concrétisé leur intérêt pour notre solution », ajoute-t-elle. Elle espère clôturer la levée de fonds au printemps prochain.

Objectif : 10 millions d'euros de chiffre d'affaires dans cinq ans

À cinq ans, « nous espérons dépasser les 10 millions d'euros de chiffre d'affaires, notamment via la conclusion de partenariats : un partenariat scientifique avec l'IHU, déjà effectif, nous ouvre les portes de réseaux nouveaux. Nous envisageons aussi de nouer des partenariats avec des fabricants de solutions hydroalcooliques autour d'une promotion commune de nos produits ». Et puis, le kit mobile mis au point par MediHandTrace dispose d'une avance technologique sur un marché colossal et mondial. « Le principe de notre kit est d'induire une prise de conscience », explique Francine Lanceleur-Brenning. Il fait une photographie du terrain, à partir de laquelle une formation est dispensée auprès du personnel. Puis un nouveau relevé intervient pour mesurer le changement. Le soignant reste en outre maître du dispositif : il peut activer des alarmes visuelles ou sonores, demander l'envoi de SMS pour mesurer ses résultats. « Ainsi, le personnel soignant adhère totalement, une adhésion indispensable car elle conditionne notre réussite ». Enfin, l'intérêt des hygiénistes et des assureurs est formel : les maladies nosocomiales touchent 800 000 personnes par an et constituent donc un enjeu majeur de santé publique.

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