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A l'université d'été du Medef, les patrons azuréens cherchent l'inspiration et des réseaux

Par Gaëlle Cloarec, à Jouy-en-Josas, le 30 août 2017

Cette année encore, une délégation de patrons azuréens emmenée par l’UPE 06 a fait le déplacement les 29 et 30 août pour participer à l'université d'été du Medef. Que sont-ils venus chercher dans ce grand raout patronal ?

Le Journal des Entreprises
Le Journal des Entreprises — Photo : Le Journal des Entreprises

Une fois n’est pas coutume, un vent d’optimisme a soufflé sur le campus HEC de Jouy-en-Josas, terre d’accueil de l’université d'été du Medef, qui s’est tenue les 29 et 30 août. L’élection d’Emmanuel Macron, ce président pro-entreprises tant attendu par les patrons, conjuguée à une reprise de l’économie qui s’affirme de plus en plus, suscitent beaucoup d’espoir. En témoigne le discours inaugural de Pierre Gattaz, moins combatif qu’à l’accoutumé, centré sur une France rêvée, donc réformée, simplifiée et mondialisée, salué par une standing ovation.

Auberge espagnole

« Une vraie rock star », s’amuse Philippe Renaudi, président de l’UPE 06, qui a fait le déplacement pour la première fois. « Cette année, on parle beaucoup de renouveau, de positivité. Après une longue période de marasme ambiant, ça fait du bien. Comme dans une auberge espagnole, chacun vient y mettre sa part d’optimisme, cela donne une construction intéressante », commente l’assureur niçois, Yohan Niddam. « Il y a une réelle attente, reprend le Philippe Renaudi. On est sur la piste de décollage, les gaz sont mis, il ne faudrait cependant pas que des petites réformettes viennent nous couper les ailes. »

Car la confiance retrouvée n’empêche pas la vigilance, surtout à la veille de la divulgation des ordonnances portant la réforme du code du travail le 31 août, dont la teneur et l’intensité interrogent. Tout comme la capacité du gouvernement à les appliquer en dépit d’un automne qui s’annonce socialement compliqué. Deux points abordés par les chefs d’entreprise azuréens lors d’un petit-déjeuner d’échanges avec Geoffroy Roux de Bézieux, vice-président du Medef.

De l’oxygène et du business

Regroupés en délégation conduite par l’UPE 06, ils ont vécu cette université d’été comme « un moment d’oxygénation du cerveau et en même temps très formateur », indique Bruno Valentin, dirigeant de l’agence niçoise de communication Pôle Company et vice-président de l’organisation patronale azuréenne. « C’est l’occasion de rencontrer des gens inspirants », renchérit David Houssemand, conquis par l’intervention du P-dg de Michelin Jean-Dominique Sénard. « Il m’a donné envie d’entreprendre encore plus et de chercher le meilleur compromis entre l’entrepreneuriat et la solidarité ». Et, comme le business n’est jamais loin, le fondateur de la pépite sophipolitaine Inventy en a profité pour « créer du réseau avec d’éventuels prospects », quitte à aborder le P-dg d’Accenture France sur un parking. « Ils sont accessibles. Si l’on arrive à les accrocher avec un pitch percutant, cela peut ouvrir des perspectives intéressantes », sourit-il, avec en main les cartes de visite des dirigeants d’Accenture donc, mais aussi de Capgemini et d’EY France.

Des projets et du réseau

Pour d’autres, il s’agit de faire avancer des projets au service du territoire. À l’instar de Stéphanie Godier, directrice de l'association Recherche et Avenir, à l’origine du dispositif RUE qui vise à rapprocher le monde universitaire (et plus particulièrement ses laboratoires de recherche) des entreprises pour pousser l’innovation ou encore résoudre des problèmes technologiques. Un dispositif à vocation désormais régionale, « suivi de loin par la commission Innovation et Compétitivité du Medef ». Pour Laurent Lachkar, vice-président de la CCI Nice Côte d’Azur en charge de la formation, « il s’agit de benchmarker les bonnes pratiques. À cet égard, ici, on trouve le panel de tout ce qui existe en la matière ». D’autres, en l’occurrence les équipes de Team Côte d’Azur promeuvent le territoire sur un stand dédié. « On s’aperçoit que le territoire souffre encore d’un problème d’image. Si Sophia Antipolis est bien identifié des Parisiens, Nice Smart City beaucoup moins », explique Pascale Pécha, directrice grands comptes de l’agence de développement économique pour qui « le test Université d’été du Medef s’avère très positif », leads à l’appui.

Enfin, Emmanuel Souraud, co-dirigeant de l'agence de communication sophipolitaine Wacan, souligne « l’opportunité de créer des liens au sein même de la délégation », « le plaisir de se retrouver ensemble ». Et Bruno Valentin de conclure : « En cette période de négociations un peu âpre qui s’ouvre, cela fait du bien de se sentir un peu fort. »

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