Région Sud

Énergie

Les éoliennes flottantes d’Idéol visent l’international

Par Didier Gazanhes, le 14 février 2019

Idéol, basée à La Ciotat et fondée en 2010 par Paul de la Guérivière, se positionne aujourd’hui comme l’un des trois leaders mondiaux du marché de l’éolien flottant et la seule société à être présente à la fois en Europe et en Asie. Deux unités sont opérationnelles, l’une en France, au Croisic (Loire-Atlantique), l’autre au Japon.

Éolienne en mer équipée par l'entreprise Idéol
Idéol conçoit des supports flottants pour éoliennes marines. — Photo : Idéol

« 2018 a été une année très importante pour nous », souligne le fondateur d’Idéol, Paul de la Guérivière, qui, depuis août 2010, a fait le pari de l’éolien flottant. Un concept, qui permet de diviser par deux les coûts d’installation, et qui propose une réelle alternative aux éoliennes fixes dès 40 mètres de fond.

« Notre solution permet d’installer des éoliennes plus loin des côtes, là où elles n’entrent en conflit avec aucun autre utilisateur de l’espace maritime et où les vents sont meilleurs. Le montage de l’éolienne peut se faire à quai, il suffit ensuite de remorquer le tout jusqu’au site et d’ancrer le système. Ce qui signifie un coût d’installation bien moins important ». Basée à La Ciotat, l’entreprise compte aujourd’hui une cinquantaine de salariés et enregistre un chiffre d’affaires encore modeste de 2 à 4 millions d’euros, selon les années. « Il s’agit principalement de prestations d’ingénierie que nous effectuons », précise le dirigeant, qui rappelle toutefois qu’Idéol « est l’un des trois leaders mondiaux de ce marché et la seule société à être à la fois implantée en Europe et au Japon où il existe un fort potentiel de développement ».

Un projet en Méditerranée

Depuis septembre 2018, Idéol compte deux installations en service. La première éolienne détenue et exploitée par l’entreprise est située au large du Croisic. Un projet mené en partenariat avec l’école Centrale de Nantes et qui a représenté un investissement de 25 M€, financé par l’Union européenne, le gouvernement français et Idéol. La seconde installation se situe au Japon où cinq éoliennes sont en service sur des flotteurs conçus par la société ciotadène. Un projet monté en partenariat avec un consortium japonais et financé par le gouvernement nippon. « Avec ces installations, nous disposons d’ores et déjà d’un retour d’expérience très satisfaisant ».

Idéol a également été retenue pour l’opération EolMed qui devrait voir le jour en 2020, en Occitanie, au large de Gruissan. Le projet, piloté par le groupe Quadran, et qui représente un investissement global de 200 M€, prévoit la création d’une ferme pilote de quatre éoliennes flottantes de 24 MW.

50 M€ levée depuis 2010

« Nous entrons maintenant dans une phase de développement commercial, en Europe et au Japon », précise Paul de la Guérivière qui envisage de créer une filiale à Tokyo, au Japon. Dotée de trois salariés, elle sera amenée à croître en fonction des projets qui seront menés en Asie. « La Corée a la volonté de lancer des appels d’offres fin 2020. À l’international, le marché de l’éolien flottant est en train de s’accélérer. En France, nous attendons toujours un calendrier des appels d’offres alors que la Méditerranée et la Bretagne offrent des sites intéressants ».

Pour financer son développement, depuis fin 2010, Idéol a levé 50 M€, combinant financements publics, bancaires et tours de table. « En 2018, nous avons effectué une augmentation de capital de 15 M€, qui nous a permis de faire rentrer dans l’entreprise un fonds d’investissement non français, basé à Hong Kong, Kerogen Capital, rappelle Paul de la Guérivière. Une opération qui démontre notre capacité à être positionnés sur le marché asiatique ».

Éolienne en mer équipée par l'entreprise Idéol
Idéol conçoit des supports flottants pour éoliennes marines. — Photo : Idéol