Implantation d'entreprises : Le Var est-il vraiment attractif?

Par la rédaction, le 04 mars 2011

Les élus n'hésitent plus à présenter le Var comme un réservoir important de développement économique pour la région. Des réserves foncières existent. Les filières dynamisent l'économie. Toutefois, le foncier reste une denrée rare sur le littoral.Page réalisée par Hélène Lascols
Le Journal des Entreprises, l'économie en régions — Photo : Le Journal des Entreprises

«C'est ma conviction: Le Var n'a rien à envier aux autres. Croyez-moi, le Var recèle de nombreux atouts que ses voisins n'ont pas. Notre potentiel de développement est considérable!», remarquait Jacques Bianchi, président de la CCI du Var, lors de la cérémonie des voeux. Une conviction partagée par les élus varois et quelques entreprises, qui ont trouvé dans le département une terre d'accueil propice à leur développement. À l'image de MSE Industries, spécialisée dans les aménagements portuaires, qui a quitté les Alpes-Maritimes pour le Plateau de Signes en 2010. «Nous souhaitions nous retrouver dans un environnement industriel mais aussi nous recentrer par rapport à la zone Méditerranée. C'est pourquoi nous avons été séduits par le Var», explique Vincent Gremaux, le gérant. Cet exemple est-il pourtant le reflet de la réalité? Le Var, n'est-il pas, à l'image de ses voisins, victime d'un manque criant de foncier? Tout dépend finalement de l'endroit où l'on se situe.




Un foncier rare et cher

Sur l'aire toulonnaise, les entreprises locales en développement et le cabinet immobilier DTZ à Toulon se confrontent quotidiennement à la rareté du m² disponible. «La demande placée de bureaux sur l'aire toulonnaise est stable depuis huit ans et s'est élevée à 9.125m² en 2010», indique Boris Bernois de DTZ Toulon. Du côté des locaux d'activité, la demande exprimée en 2010 auprès de DTZ s'élevait à 64.000m². Et, pour la première fois depuis longtemps, la demande placée est montée à 32.700m² en 2010 contre 21.000m² en 2009. «La raison de cette augmentation: la crise qui a libéré des locaux, immédiatement absorbés par une demande latente.» Rare, mais aussi cher par rapport au reste de l'Hexagone, «l'immobilier d'entreprise toulonnais rebute bon nombre de sociétés nationales.» Alors, Toulon Provence Méditerranée dégage du foncier, dès qu'elle le peut. «Toulon s'éveille et rattrape les années perdues: la nouvelle dynamique s'articule autour de son littoral, dont une partie a été pendant longtemps classée zone de défense. Ces terrains, à l'image du Parc d'activités marines de Saint-Mandrier, représentent une chance extraordinaire, mais leur acquisition demande du temps», remarque Christiane Hummel, présidente de la commission développement économique de TPM. Et, quand bien même, ces projets nécessitent le soutien de partenaires financiers, ou de nombreuses demandes d'implantations pour lancer les travaux. «Or, les entreprises ne se bousculent pas non plus à nos portes», ajoute Christiane Hummel. Alors, pour attirer les entreprises, la création de zones thématiques, et/ou situées à des emplacements stratégiques, s'impose de plus en plus. «Le futur pôle agroalimentaire à La Farlède est un bon exemple de ce qu'il faudrait faire», indique Philippe Cas de DTZ.




Des potentialités exploitées

De la même manière, le pôle Jean-Louis à Fréjus, les futurs pôles dédiés au BTP, aux activités de production ou au tertiaire, en bordure de l'A8, ont largement renforcé l'attractivité de cette zone d'emploi. Les zones de Nicopolis et de Signes sont encore appelées à grandir. Et, du côté de Draguignan, le directeur du développement économique, Hubert Maillot, croit en la chance de son territoire, dont 95% des entreprises sinistrées se sont relevées après les inondations du 15juin, preuve s'il en fallait une «que le tissu économique dracénois en veut. Nous avons de l'espace, une certaine qualité de vie, des services de proximité... Le potentiel est là. Reste à l'exploiter tout en préservant l'environnement et les espaces agricoles indispensables.» Pour cela, une vaste étude a été lancée. Elle devra dessiner le futur visage économique de la Dracénie, et prendre en compte l'enjeu important que représente le Sud de cette zone d'emploi, qui bénéficie d'une réserve foncière importante, située le long de l'autoroute, de la nationale 7 et du futur tracé de la LGV.




Une image en devenir

Au-delà du foncier, l'attractivité d'un territoire se mesure aussi à la présence de logements pour actifs - autre épine dans le pied des élus. Ou de filières dynamiques, comme le Pôle Mer Paca, qui est au coeur du développement économique de la rade. D'ailleurs, sous l'impulsion de l'État, d'autres filières (sports mécaniques, horticulture...) s'organisent autour des fleurons du département. Enfin, le tourisme et l'accueil d'événements d'envergure nationale participent aussi à l'attractivité du Var surtout lorsqu'on sait que «75% des demandes d'implantation exogènes sont le fait de chefs d'entreprises qui connaissent déjà le territoire», indique Hubert Maillot.

Le Journal des Entreprises, l'économie en régions — Photo : Le Journal des Entreprises

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