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Enjeu : Pousser la recherche et l'entreprise à faire cause commune

Par Gaëlle Cloarec, le 04 juillet 2014

Innovation. Un projet pilote lancé par l'UPE 06 tente de faciliter les collaborations entre la recherche académique et le monde économique.
Le Journal des Entreprises
Le Journal des Entreprises — Photo : Le Journal des Entreprises

Lancée en décembre 2012, la Société d'Accélération du Transfert de Technologies (SATT) Sud-Est présente un premier bilan encourageant. Interface entre les mondes de la recherche académique et de l'entreprise, la SATT intervient dans la maturation juridique, économique et technologique des résultats de recherche pour combler le gap qui existe entre ces inventions et leurs applications industrielles, et transférer ces technologies innovantes vers le monde économique par la concession de licences d'exploitation. Ainsi, 23 projets sont entrés en maturation depuis 2013. Ils ont donné lieu à la concession de 19 licences et la création de 3 start-up. « Cinq autres devraient être créées dans les prochains mois », assure Sarah Dahl, responsable de l'antenne azuréenne. Et le rythme devrait s'accélérer. La SATT vise en 2014 la signature d'une licence par mois et attend la déclaration de quelque 120 inventions, contre 100 en 2013.




Évangéliser les partenariats

« La SATT comme les pôles de compétitivité constituent des dispositifs intéressants et complémentaires, mais ils concernent des projets généralement bien avancés et n'arrivent pas à toucher tous les publics, notamment les TPE qui connaissent peu cet environnement et manquent de temps pour accéder à l'information », constate Stéphanie Godier de l'association Recherche et Avenir, vice-présidente de la commission Enseignement supérieur, Innovation et Recherche de l'UPE 06. Aussi, l'organisation patronale azuréenne a-t-elle lancé un projet pilote de rapprochement Laboratoires-Entreprises pour évangéliser ces partenariats, source de financement pour les laboratoires, d'avantages concurrentiels pour les entreprises et de création de valeur pour le territoire. « Nous nous positionnons en amont des dispositifs existants, en allant sur le terrain, à la rencontre des chercheurs et des entreprises pour écouter leur projet et proposer le bon partenaire », reprend la vice-présidente. Avec 70 laboratoires et 5.000 chercheurs, le département des Alpes-Maritimes est en la matière particulièrement bien doté. Toutefois la tâche peut s'avérer ardue. De nombreux freins existent, qu'ils concernent la gestion du temps, différent d'un monde à l'autre, la répartition de la propriété industrielle ou encore la publication de données sensibles. « Nous cherchons à les amener à réfléchir à une solution commune ». Depuis mars, une vingtaine d'acteurs ont été identifiés, et deux entreprises, Interactive 4D (serious games) et Pronutri (compléments alimentaires) ont noué des partenariats. La première sous forme de prestation de services, la seconde via l'embauche d'un doctorant. « Notre objectif est de conclure cinq partenariats et trois placements de doctorant d'ici à octobre », annonce Stéphanie Godier. S'il est atteint, l'expérience devrait alors être étendue hors des frontières azuréennes.

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