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Eca Group s’attaque à la mise en service de ses robots sous-marins

Par Rémi Baldy, le 05 avril 2018

Eca Group mise également sur l’innovation, à l’image de la nouvelle génération de robot sous-marin autonome (AUV) dédiée à la lutte contre les mines sous-marines lancée en février. — Photo : ECA Group

Nouveau terrain de jeu pour le fabricant de robots Eca Group (CA : 112 M€, 700 salariés). Pour ce début d’année, la société varoise s’attaque à un nouveau métier avec la mise en service de ses propres drones sous-marins. Cette nouvelle facette voit le jour grâce au contrat passé en début d’année avec le groupe international de services parapétroliers Petrus (400 salariés). « Ce sont des robots très sophistiqués, capables d’aller jusqu’à 3 000 mètres de profondeur, c’était plus simple et plus efficace que l’on opère nous-mêmes le drone », raconte Guénaël Guillerme, directeur général d’Eca Group. Le marché est en tout cas porteur, les robots à câbles habituellement utilisés pour cartographier des pipelines sont trop coûteux par rapport à des robots autonomes sous-marins.

De quoi nourrir de belles promesses pour Eca Group. « C’est une activité que l’on va développer au fil des commandes de Petrus », précise le directeur général de 55 ans. Jusqu’à présent, Eca Group se contentait de livrer les robots ou les systèmes capables de les diriger. Des activités en phase avec le métier historique de la société, née en 1936.

À l’époque, Eca Group se consacre à la robotique en tant que concepteur et fabricant, un secteur qui génère aujourd’hui presque deux tiers du chiffre d’affaires. Mais pour continuer à être performant, la filiale du groupe Gorgé (CA : 276,7 M€, 1 400 salariés) s’est ouverte dans les années 60 à l’aéronautique et à la simulation, en proposant des équipements électroniques à dominante radiofréquence ou des logiciels.

Diversification et innovation

« On est sur des secteurs très différents, cela nous permet de ne pas dépendre d’une seule commande ou d’un seul client », avance Guénaël Guillerme, en poste depuis 2013, précisant que « l’activité se partage à 50 % entre le civil et la défense ». Une stratégie de diversification payante. Si le chiffre d’affaires d’Eca Group est resté stable en 2017 (-0,5 %), c’est en grande partie grâce à son pôle aéronautique, le seul à être en hausse (29,1 %) sur un an. Une performance liée au rachat fin 2016 du toulousain Elta qui a permis à la société varoise de proposer une offre de produits plus complète. « Les balises de détresse et les équipements embarqués se sont très bien vendus », précise Guénaël Guillerme.

« On est sur des secteurs très différents, cela nous permet de ne pas dépendre d’une seule commande ou d’un seul client »

Autre axe important, la recherche et développement. La société installée à La Garde et Toulouse a été la première à dégainer un système capable de coordonner à distance les actions de robots pour une intervention. Une innovation baptisée Umis (pour Unmanned MCM Information System) qui a nécessité un développement de plus de cinq ans et des investissements de 10 millions d’euros.

Une vraie satisfaction pour Eca Group qui voit dans Umis la réponse parfaite à la troisième grande étape de la robotique qu'est la coopération, après la création des drones dans les années 50 et leur autonomie à la fin des années 80. Concrètement, il s'agit de pouvoir envoyer plusieurs drones pour leur faire réaliser des tâches différentes à chacun sur une opération dangereuse. Une application utile notamment dans le génie militaire pour identifier une zone, repérer d’éventuels dangers et les neutraliser.

Des gros contrats en cours de finalisation

« Eca Group a développé beaucoup de drones sur les six ou sept dernières années », se félicite Guénaël Guillerme. En février, une nouvelle génération de robots sous-marins autonomes (AUV) dédiée à la lutte contre les mines sous-marines a, par exemple, été lancée. « Nos technologies et innovations sont très avancées, ce qui est vraiment une de nos forces », vante le directeur général.

Cette plus-value technologique vaut également pour le pôle simulation. Ce dernier propose depuis novembre le logiciel « EF Emergency » dédié à la conduite de poids lourds en cas d’urgence. Concrètement, il s’agit d’apprendre, par exemple, à des pompiers à accélérer lorsque le feu passe au rouge. « On peut difficilement faire ça dans la rue », sourit Guénaël Guillerme qui espère signer les premiers contrats d’ici juin.

Sur le terrain de la contractualisation, l’année 2018 a plutôt bien débutée. En plus du contrat avec Petrus, un appel d’offres des Armées françaises a été remporté par Eca Group pour la livraison de robots terrestres capables d’intervenir en milieu hostile. « On est en train de finaliser des grosses commandes », prévient le directeur général.

Eca Group mise également sur l’innovation, à l’image de la nouvelle génération de robot sous-marin autonome (AUV) dédiée à la lutte contre les mines sous-marines lancée en février. — Photo : ECA Group