Contrefaçon : Le fléau touche toutes les entreprises

Par la rédaction, le 01 mai 2009

La contrefaçon, voilà un business qui ne connaît pas la crise! Les ventes de "faux" explosent, et représenteraient 10% du commerce mondial. Dans les Alpes-Maritimes, les saisies des services douaniers ont doublé depuis 2006. Mais le marché de demain se trouve sur net: l'e-commerce ouvre de nouvelles perspectives pour écouler toujours plus de contrefaçons, de tous types. Un nouveau circuit de distribution auquel les services douaniers tentent de s'adapter

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Dossier réalisé par J.-C.Magnenet, G.Cloarec et H.Lascols

Le Journal des Entreprises, l'économie en régions — Photo : Le Journal des Entreprises

«C'est un marché en plein boom.» À la direction des douanes de Nice, le constat tombe comme un couperet. La contrefaçon fait recette, et le nombre de "faux" en transit, commercialisés ou saisis, ne cesse d'augmenter. «En 2008, 64.422 articles contrefaits ont été saisis dans le département, pour une valeur de 11,7M€» indique l'adjoint à la direction régionale des douanes, Marc Galeron. Soit quasiment le double des quantités saisies dans l'Hexagone en 2006. «Et au vu des premiers mois de l'année, les chiffres 2009 seront encore pires.»

10% du commerce mondial

Plus globalement, 6,4millions d'articles contrefaits ont été saisis en France par les douanes: un butin de 467M€. «La contrefaçon, ce fléau, représente 10% du commerce mondial, soit 200 à 400milliards d'euros» martèle en écho Bernard Brochand, député-maire de Cannes et président du Comité national anti-contrefaçon (Cnac). Territoire limitrophe de l'Italie (où les marchandises chinoises envahissent les ports), la Côte d'Azur serait-elle une terre de prédilection pour la contrefaçon? «Le "trafic fourmi" des particuliers reste négligeable, même si de nombreuses actions de prévention/répression sont toujours menées» explique un responsable des douanes. «Le 06 fait figure de point de passage à la fois pour les forains qui vendent sur les marchés de Marseille et le fret routier qui transite entre l'Italie et l'Espagne.» Un trafic international entre les mains de réseaux très organisés, et contre lesquels une coopération internationale s'esquisse.

Vintimille et San Remo "nettoyées"

Neuf pays du bassin méditerranéen ont ainsi signé en octobre dernier la "Déclaration de Cannes" et se sont engagés à «mieux coordonner la lutte», «poursuivre la sensibilisation» et «renforcer la répression». À titre d'exemple, «un réel travail collaboratif a été réalisé entre la France et l'Italie pour "nettoyer" les marchés de Vintimille et de San Remo» assure le président de l'Unifab, (l'union des fabricants) Marc-Antoine Jamet. «Mais la distribution classique sera sous peu supplantée par les ventes de contrefaçons sur le net» constate le dirigeant. L'e-commerce, ce système nouveau, «utile, mais sans responsables, sans règles et donc sans sanctions» révolutionne le marché. «Autrefois conscient de son achat de contrefaçon, le consommateur croit maintenant faire une bonne affaire sur un site de vente en ligne qu'il pense légal, alors que tout est faux!» De l'arnaque pure et simple, donc. Pour prendre ce nouveau circuit de distribution à bras-le-corps, les services des douanes viennent d'enrichir leurs effectifs de "cyberdouaniers". Une cellule composée d'une quinzaine de spécialistes des protocoles de communication Internet en charge de la détection de transactions illicites sur la toile. Des "experts" à la française qui ont pris leurs fonctions le 10février dernier... Avec pas mal de pain sur la planche!

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