Toulon

Santé

C2Care soigne les phobies grâce à la réalité virtuelle

Par Didier Gazanhes, le 01 février 2018

La start-up C2Care, basée à Toulon, a développé un casque de réalité virtuelle servant à soigner les phobies, notamment utilisé par une quinzaine d'hôpitaux français. Distinguée le 31 janvier lors du Prix Image Entreprise Méditerranée dans la catégorie création/innovation, elle souhaite commercialiser une application afin de se lancer sur le marché international. Elle envisage une levée de fonds de 2 et 3 millions d'euros d'ici la fin de l'année.

Pierre Gadea co-fondateurs de C2Care. — Photo : Yellow Studio/Christine Criscuolo

La start-up C2Care (15 salariés ; 400 000 euros de chiffre d'affaires) a vu le jour voici maintenant quatre ans, créée par Pierre Gadea et Romain Streichemberger à Toulon (Var). L’entreprise propose de traiter certaines phobies grâce à un casque de réalité virtuelle. « Tout a commencé par la rencontre avec le professeur Éric Malbos, à l’hôpital de la Conception, qui, depuis dix ans, utilise la réalité virtuelle pour traiter ses patients. Il obtenait de bons résultats, mais le produit avait besoin d’être professionnalisé. Nous avons alors pensé à développer une structure entièrement dédiée à la santé », confie Romain Streichemberger.

Vendre l'application à l’international

Une année a été nécessaire aux deux amis associés pour développer des environnements permettant de traiter la peur du vide, de l’ascenseur, ou encore de l’avion… L’entreprise a alors été accueillie au sein de l’accélérateur de TVT. « Nous y sommes restés deux ans et cela nous a aidé à nous structurer, de travailler notre business plan… »

Une levée de fonds de 500 000 euros a par ailleurs permis de finaliser le concept et de mettre sur le marché, en juin 2016, un appareil destiné au traitement des phobies. « Aujourd’hui, une quinzaine de CHU en France utilise notre solution. Nous comptons par ailleurs comme clients plus de 250 médecins libéraux et plus de quarante cliniques et hôpitaux. Actuellement, nous vendons le logiciel et le matériel, mais, à terme, nous souhaitons aller vers la dématérialisation et ne plus vendre que l’application, notamment à l’international… »

Et maintenant les addictions au tabac ou l'alcool

L’export représente déjà près de 20 % du chiffre d’affaires de la jeune entreprise, qui compte une quinzaine de salariés. « Notre outil accompagne le travail du praticien (psychologue, psychiatre ou kiné). La réalité virtuelle permet de mettre le patient en situation de façon concrète. C’est au médecin de soigner. Nous pouvons traiter les phobies du vide, de la foule, des chiens, des chats, des pigeons, des araignées… Notre solution est reconnue dispositif médical. ».

C2Care travaille actuellement sur les addictions : tabac, alcool, drogues, troubles du comportement alimentaire. « La réalité virtuelle permet d’exposer le patient à des situations à risque et de lui apprendre à faire face. Les premiers résultats pour le tabac conduiraient à 68 % de non-rechute après huit mois, contre seulement 38 % pour les cigarettes électroniques par exemple. La réalité virtuelle permet aussi de dédramatiser le soin, de le rendre plus ludique. »

À l’heure actuelle, C2Care traite en direct la commercialisation de ses solutions et envisage une nouvelle levée de fonds d’ici à la fin de l’année 2018 pour un montant plus conséquent, entre 2 et 3 millions d'euros.

Pierre Gadea co-fondateurs de C2Care. — Photo : Yellow Studio/Christine Criscuolo

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