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Alpes-Maritimes : Décollage annoncé pour les dix start-up du fonds d'amorçage azuréen

Par Gaëlle Cloarec, le 08 mars 2017

Lancé en 2011, le FCPR Fonds Entrepreneurial 06 a, entre 2013 et 2014, investi au total 1,5 million d'euros dans dix jeunes pousses azuréennes, dont neuf sont venues témoigner de leurs avancées devant quelques-uns des quarante-cinq souscripteurs. Reportage.

Le Journal des Entreprises, l'économie en régions — Photo : Le Journal des Entreprises

Il est 18h, ce mercredi 7 février. Le vaste hall d'exhibition du Carrossois Exhibit Group se remplit doucement. Dans une poignée de minutes, neuf startuppers (sur les dix accompagnés*) vont rencontrer pour la première fois quelques-uns des investisseurs qui ont, via le FCRP Fonds Entrepreneurial 06, mis un ticket de 150.000 euros dans leur entreprise entre septembre 2013 et octobre 2014.

Financer l'innovation locale

Arrivé dans les premiers, Franck Lavagna, directeur des relations avec les collectivités d'Orange, est de ceux-là. Il salue Georges Dao, l'homme sans qui le fonds d'amorçage azuréen n'aurait sans doute jamais vu le jour. Il faut dire que celui qui présidait alors la commission Développement économique durable de l'UPE 06 a bataillé ferme pour lever près de 2 millions d'euros. « Dix-huit mois, précise-t-il, pour récolter 1,940 million auprès de 45 souscripteurs ». Ces derniers - des privés, des entreprises et une organisation professionnelle - ayant investi entre 10.000 et 100.000 euros, exceptées les deux banques de l'étape, la BPMed et le Crédit Agricole PCA, qui ont déboursé 300.000 euros chacune. « L'idée de privilégier les entreprises locales me plaisait », explique Franck Lavagna qui a investi « à titre personnel » dans le fonds. Dont la finalité n'est pas la rentabilité à tout crin, même s'il s'agit de ne pas perdre d'argent, mais bien de « contribuer à financer l'innovation locale et donc à développer le territoire ».

200 emplois créés

A mi-étape, l'objectif est-il tenu ? Pour Georges Dao, oui. « En 2013, le chiffre d'affaires cumulé des dix start-up accompagnées flirtait avec les 4,2 millions d'euros pour un effectif de 82 personnes. Trois ans plus tard, elles en sont à 17 millions d'euros de facturations et 200 emplois créés ». En outre, pour huit d'entre elles, le fonds azuréen a été le premier investisseur, leur permettant par effet de levier de récolter quelque 18 millions d'euros de financement supplémentaires. Bref, sur le papier, « on est dans les clous », d'autant que les jeunes pousses les plus fragiles sont suivies comme de l'huile sur le feu par l'association BA06 Accompagnement, celle-là même qui les avait sélectionnées pour leur potentiel alors qu'elles n'en étaient qu'à leurs premiers battements d'ailes. Aujourd'hui, la plupart sont prêtes à décoller.

A l'image d'Advansolar (Nice), spécialisée dans la conception de bornes de recharges solaires pour véhicules et petits matériels électriques. Qui, après s'être heurtée à « une résistance du marché les premières années » a décidé de pivoter en 2016 vers un segment plus porteur, celui du vélo électrique en libre-service. « Nous avons alors recentré nos investissements dans la R&D pour nous ouvrir ce marché plus favorable », explique son dirigeant Raphaël Brière qui annonce, au 16 janvier 2017, 180.000 euros de commandes, soit les deux-tiers du chiffre d'affaires réalisés par la jeune pousse en 2016. Et qui vise les 700.000 euros de facturations pour l'exercice en cours. Il y a aussi Monument Tracker (Cannes), dont l'application mobile touristique de valorisation de patrimoine va prochainement être préinstallée dans 12 millions de téléphones italiens. De quoi décupler les recettes générées et ainsi tabler sur un chiffre d'affaires proche du million d'euros pour la fin de l'année.

Premières sorties

« En 2017, nous devrions opérer nos premières sorties anticipées », poursuit Georges Dao. En l'occurrence, celle plus que probable du leader européen des technologies pour l'autopartage en libre-service intégral VuLog (Nice), dont la valorisation a été portée à 25 millions d'euros après avoir levé, en septembre 2015, la somme de 8,4 millions d'euros. Et celle - tout aussi plausible - du spécialiste de l'optimisation des processus logiciel SAP Inventy (Sophia Antipolis), qui entend clôturer l'exercice en cours avec un chiffre d'affaires de 20 millions d'euros, contre 11 millions d'euros générés en 2016. « Si ces sorties se concrétisent, elles nous permettront de réinvestir à nouveau dans d'autres entreprises, mais certainement à un niveau moindre - 50.000 euros - pour espérer des retours plus rapides ». Et ainsi faire perdurer l'esprit du fonds.

*ActiveEon, Advansolar, Eccity, GreenLeaf, Inventy, Monument Tracker, SecludIT, Solar games, vuLog, Whoog.

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