Agriculture

Vegepolys Valley : les ambitions mondiales du nouveau pôle du végétal

Par Olivier Hamard, le 04 octobre 2019

Au début de l'été, le pôle du végétal Vegepolys, à Angers, a fusionné avec Céréales Vallée, basé à Clermont-Ferrand. L’ensemble est désormais un unique pôle de compétitivité, Vegepolys Valley, à l’implantation géographique plus importante et aux ambitions tournées entre autres vers l’international.

L'état major de Vegepolys Valley : Séverine Darsonville, présidente, aux cotés d'Yves Gidoin, vice-président à l'international. Derrière, Gino Boismorin (à gauche), directeur général, et Bernard Béjar, directeur délégué.
Séverine Darsonville, présidente de Vegepolys Valley, aux cotés d'Yves Gidoin, vice-président à l'international. Derrière, Gino Boismorin, directeur général (à gauche) et Bernard Béjar, directeur délégué. — Photo : Olivier Hamard JDE

Le nom du nouveau pôle international du végétal, Vegepolys Valley, porte en lui seul la volonté forte d’une ouverture. L’entité couvre désormais 4 régions (les Pays de la Loire, la Bretagne, Auvergne-Rhône-Alpes et le Centre-Val de Loire), le long d’une diagonale courant de Brest à Avignon. Avec ce nouvel outil, résultat de la fusion de Vegepolys, à Angers (Maine-et-Loire), et de Céréales Vallée-Nutravita à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), la filière se dote de moyens supplémentaires pour rayonner en France et à l’international, en accompagnant l’innovation et la croissance des entreprises et des territoires.

41 milliards de chiffre d’affaires en France

Créé le 27 juin, Vegepolys Valley est officiellement basé à Angers, où demeure son siège social, mais compte aussi six autres sites, à Clermont-Ferrand, Brest, Orléans, Lyon, Nantes et Rennes. Un maillage territorial que le nouveau pôle a également souhaité pour sa gouvernance. Présidé par Séverine Darsonville, agricultrice dans le Puy-de-Dôme, il compte un vice-président pour les Pays de la Loire et un pour la région Auvergne. Deux autres délégations ont été données à des vice-présidents, la recherche et l’international. « Il y a, d’une part, la volonté de soigner la proximité pour nos adhérents, assure Séverine Darsonville. Seuls un quart d’entre eux ne sont pas dans l’une de nos quatre régions. D’autre part, nous voulons vraiment donner à notre pôle une forte dimension internationale. »

En devenant le grand pôle de compétitivité du végétal français, Vegepolys Valley est en effet structuré pour peser, en France et à l’étranger, dans le domaine des productions végétales. « Le secteur représente 41 milliards d’euros de chiffre d’affaires en France, précise Bernard Béjar, directeur délégué du pôle, auquel s’ajoutent 40 milliards d’euros pour l’industrie de transformation. Nous allons couvrir l’ensemble de la filière, de la génétique jusqu’à l’usage. »

Unique pôle du végétal français

Avec un budget de fonctionnement, de 2,6 M€ et une trentaine de personnes réparties sur les différents sites, le nouveau pôle a décidé de proposer quatre grands axes de services aux entreprises, pour favoriser leur compétitivité : l’accompagnement à l’innovation, le renforcement de la croissance, la mise en réseau pour favoriser le travail en commun et l’aide au développement international.

Par cette fusion, le pôle compte aujourd’hui 500 adhérents dans toute la France - entreprises, collectivités, écoles ou instituts de recherche. « C’est en ce sens que nous sommes réellement l’unique pôle de compétitivité du végétal français, affirme Gino Boismorin, directeur général de Vegepolys Valley. Nous avons pour ambition d’atteindre le nombre de 650 adhérents d’ici 2022. »

« Cette fusion entre Vegepolys et Céréales Vallée peut booster toute la filière du végétal en France. »

Ronan Gorin, président du groupe Novalliance et de Technisem.
Ronan Gorin, président du groupe Novalliance et de Technisem. - Photo : Olivier Hamard JDE

« La taille du nouveau pôle est un élément intéressant puisqu’il y aura forcément de nouvelles synergies entre les différents acteurs, constate Ronan Gorin, président de Technisem (45 personnes, 17 M€ de CA), basé à Longué, dans le Maine-et-Loire, et qui crée, produit et commercialise des semences potagères pour les zones tropicales. De plus, dans notre secteur des semences, les deux régions phares en France sont la vallée de la Loire et la Limagne, en Auvergne. C’est là aussi qu’est basé l’un des grands semenciers français, Limagrain. Cette fusion peut donc booster toute la filière. »

Même si le pôle n’est pas beaucoup tourné vers l’Afrique subsaharienne où elle travaille principalement, l’entreprise longuéenne, qui commercialise à l’étranger 100 % de sa production, voit aussi d’un très bon œil la volonté d’internationalisation de Vegepolys Valley, qui pourra peut-être ouvrir de nouveaux marchés.

« Un réseau où l'on donne et on reçoit »

Ouvrir de nouveaux marchés et travailler ensemble, comme le fait la dizaine de personnes qui évolue dans la cellule dirigée par Christian Rabin, en charge des projets de développement et d’innovation chez Dalkia Froid Solutions à Verrières-en-Anjou (1 050 salariés, 124 M€ de CA en 2017). Le pôle est pour lui un moyen de mutualiser, d’échanger, de confronter et de travailler ensemble : « Vegepolys Valley nous permet d’évaluer les besoins de la filière, de travailler avec d’autres acteurs, publics ou privés, sur des solutions innovantes. Il n’y pas de concurrence mais une réelle collaboration, car on ne peut pas innover seul. C’est réellement un réseau où l’on donne et on reçoit. L’élargissement du pôle va lui donner une force supplémentaire, avec un champ encore plus vaste d’entreprises, d’écoles et de chercheurs. »

Il devrait aussi permettre de mettre en relation encore plus d’acteurs de la filière du végétal et d’ouvrir sur d’autres projets innovants. Depuis sa création, plus de 750 projets ont été labellisés, pour un montant dépassant 2,2 milliards d’euros.


La filière du chanvre soutenue par la région

La France produit la moitié du chanvre cultivé en Europe et la filière veut se développer, avec des débouchés dans de nombreux domaine.
La France produit la moitié du chanvre cultivé en Europe et la filière veut se développer, avec des débouchés dans de nombreux domaine. - Photo : Hemp-It

Installée à Beaufort-en-Anjou, Hemp-it est une société coopérative agricole qui centralise la production française de semences de chanvre, soit 1 560 hectares cette année dans l’Hexagone. Intégré dans des matériaux composites pour l’automobile ou le nautisme, l’isolation des maisons ou encore dans le bio-textile, le chanvre, utilisé initialement beaucoup pour la pâte à papier, a le vent en poupe : « Ces nouvelles utilisations sont le fruit de 10 années de recherche et développement, précise Christophe Février, directeur de production de Hemp-It. La production de semence a quadruplé en 2017, et on a planté cette année en France 16 400 hectares de chanvre, ce qui représente la moitié de la production européenne. Il y a une vraie volonté de développer la filière. »

Hemp-it emploie 27 personnes pour un chiffre d’affaires de 5 M€ et s’est implantée à Beaufort-en-Anjou il y a quelques années en raison de la proximité de l’INRA à Angers et du pôle Végépolys. Elle va être accompagnée à hauteur de 2 M€ dans le cadre du « programme d’investissement d’avenir n° 3 », porté par la Région des Pays de la Loire et cofinancé avec l’État. « Cela va nous permettre de poursuivre les programmes de R&D et de travailler à la notoriété de notre structure, précise Christophe Février. C’est aussi un levier pour obtenir d’autres soutiens et booster la filière. » Hemp-it a lancé en juillet la construction d’un nouveau site à Beaufort-en-Anjou, pour un montant de 9,7 M€. Les travaux devraient être achevés en septembre 2021.

L'état major de Vegepolys Valley : Séverine Darsonville, présidente, aux cotés d'Yves Gidoin, vice-président à l'international. Derrière, Gino Boismorin (à gauche), directeur général, et Bernard Béjar, directeur délégué.
Séverine Darsonville, présidente de Vegepolys Valley, aux cotés d'Yves Gidoin, vice-président à l'international. Derrière, Gino Boismorin, directeur général (à gauche) et Bernard Béjar, directeur délégué. — Photo : Olivier Hamard JDE

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