Mayenne

Mécanique

Sumca investit près de 3 millions d’euros pour renforcer sa diversification

Par Rémi Hagel, le 24 janvier 2023

Située dans le Nord-Mayenne, la PME d’usinage de précision Sumca a renoué avec la croissance depuis le Covid. Après une première phase de modernisation en 2020 et 2021, elle investit près de 3 millions d’euros pour acheter trois machines pour son projet de diversification Électrique Phoenix.

Jean-Michel Sablé devant un centre d’usinage grande vitesse IQ500, acquis avec le premier projet 2020.
Jean-Michel Sablé devant un centre d’usinage grande vitesse IQ500, acquis avec le premier projet 2020. — Photo : Rémi Hagel

Spécialiste de l’usinage de très haute précision, Sumca réalise des pièces d’outillage, utilisées pour la compression des poudres de métaux très durs : carbure de tungstène, aciers, etc. Située à Ambrières-les-Vallées, elle fournit des géants internationaux : équipementiers de l’automobile, de l’aéronautique, de l’énergie, de la connexion, etc. Les outillages qu’elle conçoit sont destinés à produire des pièces en très grandes séries, des billes de stylos Bic par exemple, à raison de 28 millions de billes par mois. Ou encore des contacteurs électriques à raison de deux milliards par an… Son chiffre d’affaires devrait atteindre 5,6 millions d’euros à la clôture en mars, avec 67 collaborateurs, contre 5,1 millions d’euros l’exercice précédent. Malgré tout, la PME a souffert de la crise du Covid, et n’a pas encore retrouvé son chiffre d’affaires de 6,4 millions d’euros qu’elle faisait en 2019-2020.

Un premier plan de modernisation

Son retour progressif de croissance est notamment dû aux efforts de modernisation entrepris à partir de 2020. À l’époque, un premier plan de modernisation avait été lancé qui reposait sur trois actions. L’une d’entre elles concernait l’investissement matériel, qui permet de supprimer certaines étapes de process, et donc de proposer une réponse plus rapide aux clients. La seconde touchait aux travaux d’isolation, de rénovation des locaux, et à l’éclairage. La dernière était le lancement d’un plan de formation suivi par les 50 salariés du site mayennais. Cet investissement d’1,7 million d’euros avait bénéficié de 752 000 € du plan de relance.

Sumca tire sa renommée d’un savoir-faire, perpétué par son PDG Jean-Michel Sablé. Présent depuis 42 ans dans les murs, il a racheté, alors qu’il en était salarié, avec trois autres associés l’entreprise à ses fondateurs, en 2000.

Son savoir-faire s’appuie sur un parc de machines à la pointe pour usiner par arrachement, par abrasion (rectification) ou par érosion. "Nos clients demandent des pièces usinées au millième de millimètre près. C’est de l’horlogerie", commente le dirigeant.

Plus d’agilité pour de nouveaux marchés

Dans la continuité du premier plan, l’entreprise va poursuivre sa modernisation, qui lui permettra d’entamer une diversification en répondant à de nouveaux marchés (le nucléaire, les semi-conducteurs) ou encore d’accompagner le virage de l’industrie automobile vers les mobilités de demain. "Nous allons continuer à réduire les étapes d’usinage. Cette agilité sera nécessaire pour réaliser des prototypes rapidement, notamment pour les piles à combustible", explique Jean-Michel Sablé. Baptisé Électrique Phoenix, ce nouveau plan d’investissement concerne l’achat de trois machines : une rectifieuse conçue sur mesure et d’une valeur d’un million d’euros arrivera en octobre 2023. Deux autres sont attendues en 2024 : une machine cinq axes de haute technologie réduira par deux le temps d’usinage des pièces. Coût : 750 000 €. Et une troisième machine trois axes, de très haute précision, arrivera pour un renouvellement. Coût : 1 million d’euros. L’Etat participera, dans le cadre de France Relance 2030, à hauteur de 480 000 euros sur ce montant de 2,7 millions d’euros déboursés. En effet, Sumca est l’une des lauréates de l’appel à projets "Diversification des sous-traitants de la filière automobile" avec son projet Électrique Phoenix.

Après avoir été usinée, chaque pièce passe dans l’atelier de polissage-ajustage, puis au bureau de métrologie pour vérification.
Après avoir été usinée, chaque pièce passe dans l’atelier de polissage-ajustage, puis au bureau de métrologie pour vérification. - Photo : Rémi Hagel

90 % du chiffre d’affaires à l’international

Créée en 1978, Sumca a quitté Paris pour Ambrières-les-Vallées en 1980, pour s’éloigner des vibrations des autoroutes voisines qui perturbaient la précision des machines. Aujourd’hui, Sumca est la principale filiale du groupe Akris, aux côtés de deux autres petites entités : S3M à Brûlon (Sarthe), ancien sous-traitant racheté en 2017, compte 7 personnes. Et aux États-Unis, la filiale CTS a été créée en 2018, afin de "servir de boîte à lettres pour nos clients américains, nos premiers clients dont Tenneco et Kennametal, et également pour pouvoir assurer la maintenance des outils". Cinq personnes y sont employées. Le groupe travaille également avec le consortium japonais Gosho, qui lui donne accès aux clients de l’archipel. Sumca réalise aujourd’hui 90 % de son chiffre d’affaires à l’export.

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