Sarthe

Agroalimentaire

Reprise, Charcuterie Cosme va s’agrandir

Par Cédric Menuet, le 31 janvier 2018

Le fabricant de rillettes du Mans change de mains et lance de nouveaux investissements sur son site du Mans. Parallèlement, l'entreprise familiale cherche de nouveaux relais de croissance dans le bio.

Julie et Frédéric Lalande ont repris Charcuterie Cosme en avril 2017. Les nouveaux dirigeants investissent cette année 1,7 million d'euros dans l’agrandissement de l’entreprise. — Photo : Cédric Menuet - Le Journal des entreprises

Installée depuis sa création en 1989 au Mans en zone industrielle sud, Charcuterie Cosme débute les travaux d’un nouvel agrandissement de ses locaux. Un site de production totalisant déjà 3 200 m² couverts qui va gagner 400 m² à réception du chantier en 2019. L’entreprise injecte ainsi 1,7 million d'euros dans ce projet. « Nous allons construire sur 200 m² un nouveau frigo pour le stockage de nos porcs carcasses. Un de nos bâtiments va également être réhaussé d’un étage dans lequel sera aménagé de nouveaux vestiaires pour les salariés », détaille Frédéric Lalande, dirigeant de la PME de 160 salariés. La charcuterie en profite également pour racheter les quelques mètres de voies ferrées désaffectées bordant sa clôture pour agrandir son parking. Il faut dire que le site n’avait pas connu d’aménagement majeur depuis dix ans... Mais cette vaste rénovation ne se veut pas uniquement cosmétique.

Transmission familiale

Car le fabricant de rillettes change également de mains. Forte de 27 millions d'euros de chiffre d’affaires, la société a en effet été acquise
en avril 2017 par Frédéric Lalande et son épouse Julie. Cette dernière étant la fille du fondateur de l’entreprise, Joël Cosme. « Il reste avec nous en tant que conseil et ambassadeur de la marque, explique le nouveau dirigeant. On a la chance d’être en famille et de bien se connaître. De toute façon, on est condamné à bien s’entendre, vu qu’on se revoit le dimanche ! » Entré dans l’entreprise en 2002 en tant
qu’animateur commercial et livreur, Frédéric Lalande a gravi les échelons jusqu’au poste de responsable commercial. « Il y a trois ans, on a commencé à envisager la reprise. De mon côté, je suis retourné me former. Pendant dix mois, j’ai suivi deux jours de cours mensuels à l’Institut Français de Gestion (IFG) à Nantes. On a également bénéficié d’un accompagnement par une société mancelle spécialisée dans le conseil en gestion. »

Création d’une filière bio

Quant à Joël Cosme, il se voit charger de développer une nouvelle filière de production bio. « On tourne autour de ce projet depuis deux  ans. Sur la charcuterie bio, on est concurrencé par nos voisins européens, alors que nous avons tout ce qu’il faut en France pour amener nos éleveurs vers cette qualité », appuie Frédéric Lalande. Un projet qui devrait se concrétiser à la fin du premier semestre 2018. Avec cette nouvelle gamme bio, Cosme trouverait ainsi un nouveau levier de développement. Car si la charcuterie revendique une croissance annuelle de 10 % depuis trois ans, la progression de l’entreprise est tirée par la vente de viande de boucherie aux collectivités locales. Une activité reprise en 2015 à Éleveurs du Maine qui pèse pour 2 millions d'euros dans les 27 millions d'euros de chiffre d’affaires de la PME. « L’évolution est effectivement plus importante sur la boucherie, avec un développement sur les collectivités mais aussi en GMS. Sur
l’activité charcuterie et porc, la progression annuelle n’est que de 1 %, même si en 2017 nous avons fait une bonne année à +2,90 %. »
L’arrivée sur le marché d’une nouvelle gamme bio devrait donc permettre à Charcuterie Cosme de sécuriser sa croissance sur son métier
historique avec ses produits sarthois. Il faut dire qu’elle réalise 95 % de son chiffre d’affaires dans un rayon de 100 kilomètres autour du Mans.

Julie et Frédéric Lalande ont repris Charcuterie Cosme en avril 2017. Les nouveaux dirigeants investissent cette année 1,7 million d'euros dans l’agrandissement de l’entreprise. — Photo : Cédric Menuet - Le Journal des entreprises