Maine-et-Loire

Industrie

Interview Philippe Mallard (Urmet France): « Nous voulons nous développer pour attirer les talents »

Par Olivier Hamard, le 08 janvier 2020

Philippe Mallard assure la direction générale d’Urmet France, la division hexagonale du groupe italien Urmet, spécialisé dans l’interphonie et le contrôle d’accès. Avec plusieurs entités sur le territoire national, Urmet France a acquis un terrain de trois hectares dans la zone du Cormier, à Cholet, pour y regrouper trois de ses entreprises fin 2020, soit près de 140 personnes.

Philippe Mallard est le président d'Urmet France.
Philippe Mallard table sur un chiffre d'affaires consolidé de 150 M€ d'ici 5 ans pour Urmet France. — Photo : Urmet France

Quelle est l’activité du groupe Urmet ?

Philippe Mallard : Urmet est un groupe familial italien créé en 1937 et basé à Turin, spécialisé dans la domotique, les systèmes intégrés et la sécurité. Présent dans 76 pays avec 63 filiales et partenaires, il emploie 2 750 personnes pour un chiffre d’affaires consolidé de 280 M€ en 2018. Sur le territoire français, la filiale Urmet France compte 403 salariés répartis dans 6 sociétés, avec pour spécialités les solutions de sécurité, d’interphonie et de contrôle d’accès pour les bâtiments professionnels et d’habitation. Nous travaillons à la fois pour le secteur tertiaire et pour le secteur résidentiel, collectif ou privé. Les six entreprises du groupe qui composent Urmet France ont réalisé un chiffre d’affaires consolidé de 98 M€ en 2018 et nous devrions dépasser les 100 M€ cette année.

Comment se répartit cette activité sur le territoire français ?

PM : Nous avons environ 140 personnes qui travaillent à Roissy, dans le « vaisseau amiral" d’Urmet France, où s’exerce l’activité commerciale pour toutes les solutions que nous proposons. Aux Landes-Génusson, en Vendée, FDI Matelec emploie 90 personnes en équivalent temps plein pour 18 M€ de chiffre d’affaires.

FDI Matelec, qui emploie 90 personnes aux Landes-Génusson, s'installera à Cholet fin 2020.
FDI Matelec, qui emploie 90 personnes aux Landes-Génusson, s'installera à Cholet fin 2020. - Photo : Olivier Hamard JDE

C’est un centre de compétences en contrôle d’accès qui va du bureau d’études à l’industrialisation et à l’assistance à la mise en service, dont le premier client est Urmet France, qui commercialise ensuite nos produits auprès des installateurs. Nos produits sont donc entièrement fabriqués en France. Sur le même site, SCS Sentinel, avec 23 personnes pour 10 M€ de chiffre d’affaires, travaille pour le créneau de la grande distribution, avec des produits principalement importés d’Asie. Nous avons également Castel, à Saumur, spécialisé dans l’interphonie pour le secteur tertiaire avec aujourd’hui 110 personnes pour 21 M€ de CA. Yokis, à Cholet, avec 32 personnes pour 6,9 M€ de CA, travaille quant à elle de la R & D à la production sur des solutions de domotique gérées avec l’interphone. Enfin, nous avons repris à Tours en 2015 MWS, qui œuvre étroitement avec Castel et ajoute à l’interphonie la notification, c’est-à-dire la délivrance d’accusés de réception, un principe utilisé, par exemple, pour les passages d’infirmières, le gardiennage ou dans l’industrie. MWS compte 12 personnes pour environ 2 M€ de CA.

Pourquoi avoir choisi de regrouper plusieurs de ces entreprises à Cholet ?

P. M. : La R & D et la production de l’entreprise Yokis sont déjà installés dans un bâtiment en location dans la zone du Cormier à Cholet. Yokis et les deux sociétés des Landes-Génusson, FDI Matelec et SCS Sentinel, sont en pleine croissance. Nous avons un business plan ambitieux, avec la volonté d’atteindre 150 M€ de chiffre d’affaires consolidé en France avec nos six sociétés d’ici 5 ans, de manière endémique et peut-être aussi par croissance externe. Pour cela, il nous faut d’une part des locaux plus grands et d’autre part renforcer notre attractivité. Nous sommes attachés au site historique des Landes-Génusson où nous disposons de 3 000 mètres carrés. Nous avons étudié plusieurs solutions mais nous n’avons pas la possibilité de nous étendre encore plus. Le choix a alors été fait de déménager pour nous installer dans une ville. Cholet, à un peu plus d’un quart d’heure de notre site vendéen, était la bonne solution. Nous allons donc regrouper sur un même site les trois entités. Avec Castel à Cholet, nous compterons donc quatre de nos six sociétés françaises en Maine-et-Loire.

En quoi consiste ce projet de regroupement ?

P. M. : C’est un investissement conséquent de 7 M€.

Le futur site d'Urmet France à Cholet, de 7400 m2, représente un investissement de 7 M€.
Le futur site d'Urmet France à Cholet, de 7400 m2, représente un investissement de 7 M€. - Photo : Urmet France

Sur le terrain que nous avons acquis, les travaux ont débuté en septembre. Nous disposerons d’un site industriel de 7 400 m2, dont 4 000 seront dédiés aux ateliers et au stockage et 3 200 aux espaces de bureaux et aux activités de R & D, qui seront communes aux trois entités. Nous avons aussi prévu la construction d’un bâtiment social de 500 m2. Nous allons déménager l’outil industriel des trois sites, qui est déjà optimal et dans lequel nous investissons régulièrement. Néanmoins, cette installation va nécessairement engendrer des investissements supplémentaires ultérieurs dans cet outil. Au total, l’ensemble devrait représente un coût de 8,4 M€. La livraison de l’ensemble est prévue pour décembre 2020 et nous avons déjà un client potentiel pour l’acquisition de notre site des Landes-Génusson.

Ce futur site vous permettra-t-il d’attirer de nouveaux talents ?

P. M. : Nous le souhaitons. Notre implantation à Cholet sera un atout supplémentaire pour recruter plus facilement des profils d’ingénieurs et de techniciens. 140 personnes vont s’installer à Cholet dans un premier temps, dont 70 ingénieurs. Nous avons travaillé avec les collaborateurs qui ont apporté leurs idées sur l’optimisation des espaces, sur le transport l’accueil ou le télétravail. Dans notre projet de croissance, nous envisageons aussi le recrutement de 20 ingénieurs en 3 ans. Nous en avons déjà intégré 6 et il sera sans plus facile de les attirer à Cholet. Avec d’autres emplois induits, nous allons renforcer l’effectif d’une trentaine de personnes dans les trois années à venir.


Plus de la moitié de l'effectif en Maine-et-Loire

L'entreprise Castel est installée à Neuillé dans un bâtiment de 3250 mètres carrés.
L'entreprise Castel est installée à Neuillé dans un bâtiment de 3250 mètres carrés. - Photo : Castel

Avec cette installation à Cholet, Urmet France comptera en Maine-et-Loire plus de 250 collaborateurs sur les 400 qu’elle emploie dans l’hexagone. Sa filiale saumuroise Castel, spécialisée entre autres dans l’interphonie professionnelle emploie 110 personnes pour 21,3 M€ de CA en 2018. Elle a inauguré en 2019 ses nouveaux locaux de 3 250 m2  pour un investissement de 3 M€. Castel réalise 10 % de son activité à l’export, souvent en y accompagnant ses clients français. « C’est l’un de nos axes de développement, confie Phillippe Mallard. L’objectif serait de réaliser 4,5 à 5 millions d’euros à l’étranger. »
Outre cette présence à Saumur, Urmet France va déployer à Cholet à la rentrée de septembre, en partenariat avec le Cnam, l’école Esupec et deux autres entreprises locales, Bodet Software et Agena 3000, une licence en informatique en alternance de niveau bac + 3, dont la première promotion sera composée d’une quinzaine d’étudiants.

Philippe Mallard est le président d'Urmet France.
Philippe Mallard table sur un chiffre d'affaires consolidé de 150 M€ d'ici 5 ans pour Urmet France. — Photo : Urmet France

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