Sarthe

Industrie

Interview Paper Mill Industries : « Nous investissons 25 millions d’euros sur l’ancien site Arjowiggins »

Entretien avec Pierre Petit, président de Paper Mill Industries

Propos recueillis par Cédric Menuet - 24 juin 2020

La reprise de l’ancienne papeterie sarthoise Arjowiggins par Paper Mill Industries (PMI) s’accompagne d’un investissement sur cinq ans de 25 millions d’euros à Bessé-sur-Braye. Président de PMI, Pierre Petit lève le voile sur les différents projets de revitalisation du site.

Pierre Petit, président de Paper Mill Industries. Cette filiale du groupe canadien Dottori a repris à la barre du tribunal de commerce de Nanterre le site sarthois d'Arjowiggins, à Bessé-sur-Braye.
Pierre Petit, président de Paper Mill Industries. Cette filiale du groupe canadien Dottori a repris à la barre du tribunal de commerce de Nanterre le site sarthois d'Arjowiggins, à Bessé-sur-Braye. — Photo : Pierre Petit

Paper Mill Industries a repris le site Arjowiggins de Bessé-sur-Braye à la barre du Tribunal de commerce de Nanterre. Qu’est-ce qui vous a séduit dans cette papeterie liquidée en 2019 ?

Pierre Petit : Notre maison mère, le groupe canadien Dottori, n’a plus d’activité en Europe depuis 2017 et était en recherche d’opportunités sur place. Son président James Dottori souhaitait également se rapprocher de la France pour des raisons personnelles. Nous nous sommes donc intéressés à ce site de Bessé-sur-Braye qui, à l’exception de ses accès, présente beaucoup d’avantages. Il est grand, 4,5 hectares, d’un seul tenant et dédié à l’activité papetière, qui est l’un des métiers du groupe Dottori avec l’industrie forestière. Nous avons ainsi monté un dossier et créé Paper Mill Industries (PMI) pour présenter une offre de reprise aux liquidateurs. J’en suis le président et James Dottori le directeur général.

Vous allez donc relancer sur place la production de papiers spécialisés ?

Pierre Petit : Les deux lignes de production actuellement en place ne seront pas remises en route. Selon nous, cette activité de fabrication de papiers spécialisés n’est pas rentable. Nous allons donc mettre fin au crédit-bail sur les machines de l’usine pour en accueillir de nouvelles. Toutefois, nous ne fermons aucune porte et sommes à l’écoute si l’on nous propose un projet viable autour de ces lignes de fabrication, même si la disparition de l’activité historique du site nous semble inéluctable.

Que comprend votre projet de reprise ?

Pierre Petit : Il s’agit de réindustrialiser le site autour de plusieurs activités. Nous avons un projet de fabrication de papier à partir de chanvre, une fibre facile à utiliser et dont la Sarthe est productrice. Nous allons également produire de la pâte à papier à partir de fibres textiles. Dans ce cas, il s’agit de valoriser les invendus de l’industrie du luxe qui sont aujourd’hui détruits par incinération, une méthode bientôt interdite. Ils seront donc déchiquetés pour produire du papier de luxe pour cette même industrie. Un autre volet porte sur la création d’un centre de formation avec le lycée professionnel de Saint-Calais. Il s’agirait là de former à la conduite et à l’entretien d’engins de manutention en utilisant le matériel de l’usine. Nous souhaitons également valoriser les compétences locales en matière de maintenance d’équipements industriels lourds avec une activité de prestations extérieures. Il y a beaucoup d’idées à développer autour de cette usine et ses savoir-faire.

Tout cela représente de l’investissement…

Pierre Petit : En effet, nous prévoyons d’investir 25 millions d’euros sur le site au cours des cinq prochaines années. Notre premier chantier sera la mise en sécurité et la dépollution des lieux au cours des prochains mois. Cela va déjà nécessiter 4 millions d’euros.

Comment ces projets vont-ils se traduire en termes d’emplois ?

Pierre Petit : Nous allons créer sur cinq ans entre 200 et 250 emplois sur le site de Bessé-sur-Braye, avec une priorité donnée aux anciens salariés d’Arjowiggins. Une dizaine d’embauches est prévue dès cette année. Toutefois, nous voulons rester prudents sur ces perspectives d’emplois. Il y a une telle attente de la part de la population autour de la reprise du site que nous ne voulons décevoir personne.

Pierre Petit, président de Paper Mill Industries. Cette filiale du groupe canadien Dottori a repris à la barre du tribunal de commerce de Nanterre le site sarthois d'Arjowiggins, à Bessé-sur-Braye.
Pierre Petit, président de Paper Mill Industries. Cette filiale du groupe canadien Dottori a repris à la barre du tribunal de commerce de Nanterre le site sarthois d'Arjowiggins, à Bessé-sur-Braye. — Photo : Pierre Petit

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