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Luminess a investi 100 millions d'euros pour son centre américain

Par Rémi Hagel, le 19 janvier 2023

Basé à Mayenne, le groupe spécialisé dans le traitement de données Luminess (ex-Jouve) a édifié son nouveau site américain et embauché 300 personnes. Un investissement de 100 millions d’euros, afin de répondre au contrat d’1,4 milliard de dollars obtenu du gouvernement américain.

Thibault Lanxade, président de Luminess. Son groupe a investi 100 millions d’euros à Omaha pour installer son nouveau centre dédié au traitement des brevets américain.
Thibault Lanxade, président de Luminess. Son groupe a investi 100 millions d’euros à Omaha pour installer son nouveau centre dédié au traitement des brevets américain. — Photo : Groupe Luminess

Le groupe spécialisé dans le traitement de données Luminess (1 800 salariés) vient d’installer un nouveau centre de production à Omaha, au Nebraska (États-Unis). Celui-ci a démarré son activité en octobre 2022. Il a pour but de répondre au contrat décroché en 2021 auprès du gouvernement américain (précisément l’United States patent and trademark office). Il s’agit d’un marché d’1,4 milliard de dollars sur dix ans, consistant à assurer l’interface entre les entreprises et l’administration pour l’obtention des brevets aux États-Unis, de leur réception à leur validation. L’appel d’offres avait été emporté grâce aux technologies de Luminess. Leader mondial du traitement des brevets, l’ETI mayennaise déploie notamment ses services pour l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (Suisse) ou l’Office européen des brevets.

A Omaha, Luminess a acquis, rénové, câblé et agencé un bâtiment de trois étages. Celui-ci pourra héberger jusqu’à 600 collaborateurs, au gré de la montée en puissance de l’activité. "Nous sommes dans une phase d’amorçage, pendant encore un an", décrit Thibault Lanxade, le PDG du groupe mayennais. L’investissement total pour ce projet s’élève à environ 100 millions d’euros. Il inclut le bâtiment, tout l’équipement informatique, les embauches, ainsi que le coût du développement de la plateforme IT spécialement conçue par les équipes françaises de juillet 2021 à juillet 2022.

La société mayennaise était déjà présente outre-Atlantique avec une centaine de collaborateurs à Austin et à Boston, sur des activités de digital learning (apprentissage numérique). En 2022, Luminess a réalisé aux États-Unis la moitié de ses 150 millions d’euros de chiffre d’affaires. Dans le cadre de son développement américain, le groupe réfléchit à une nouvelle implantation, sur la côte Est, plus proche des institutions de Washington.

300 recrutements à Omaha

La gestion des brevets nécessite de traiter un très grand nombre de documents de formats divers (formulaires, schémas, tableaux, etc.). "Nous en recevons l’intégralité et les mettons en forme afin de faciliter le travail d’identification de l’examinateur", explique Thibault Lanxade. Les flux sont numériques mais nécessitent une supervision, et parfois des interventions, humaines. Luminess a donc recruté 300 personnes. Deux paramètres compliquaient la tâche : compte tenu du caractère sensible des documents traités, il ne fallait recruter que des citoyens américains, dans un pays où les immigrés sont nombreux. D’ailleurs, le centre a été aménagé de telle sorte qu’une partie puisse être occupée par le personnel français, qui n’a pas le droit de circuler dans les zones protégées. Ensuite, "comme partout, le chômage a baissé. Nous avons eu quelques inquiétudes au début, mais nous avons finalement recruté le volume de personnel suffisant", assure le dirigeant.

Déménagements à Laval et à Rennes

Présent dans huit pays, Luminess compte cinq sites en France : à Mayenne, Laval, Rennes, Lens et Paris. Il mène plusieurs projets de réorganisation. Des trois sites historiques de l’ex-imprimerie Jouve à Mayenne, il n’en restera bientôt plus qu’un. Une partie des équipes sera transférée vers un nouveau site à Changé-Laval, en 2024. Environ 80 personnes y travailleront, tandis que 100 resteront à Mayenne. Le groupe prépare également un déménagement à Rennes, où travaillent 150 personnes. Elles quitteront les bureaux historiques et vieillissants pour des locaux plus modernes début 2024.

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