Agriculture

Les Serres de la Salamandre projettent de tripler de surface

Par Olivier Hamard, le 27 septembre 2022

Au nord-est du Maine-et-Loire, le groupement de maraichers nantais le Potager de Jade a déjà investi plus de 10 millions d'euros dans la construction de quatre premiers hectares de serres, entrées en service début 2022. Une seconde phase d'investissements va débuter en 2024. 

Yannick Lechat et Jean-René Briand sont deux des trois maraichers nantais associés dans le projet des Serres de la Salamandre, à Noyant-Villages.
Yannick Lechat et Jean-René Briand sont deux des trois maraichers nantais associés dans le projet des Serres de la Salamandre, à Noyant-Villages. — Photo : Olivier Hamard

Le site des Serres de la Salamandre, sur la Zac du même nom à Noyant-Villages (Maine-et-Loire), n'en finit plus de grandir. Porté par trois maraîchers nantais du groupement le Potager de Jade, qui regroupe 13 professionnels, il devrait, à terme, avoisiner les 11 hectares de fruits et des légumes. "Nous sommes prêts à tripler à terme les installations, précise Yannick Lechat, cogérant associé des Serres de la Salamandre. Au total, l’équipement représentera un investissement d’environ 23 millions d’euros." Les associés projettent déjà de construire 3,5 hectares de serres supplémentaires en 2024, ainsi qu'une troisième tranche équivalente dont l’échéance n’est pas encore programmée.

Récupération de la chaleur fatale

Au-delà de l’exploitation des serres, un projet complet d’économie circulaire a été lancé dans ce secteur (au nord-est du Maine-et-Loire). Initialement, est implantée sur ce site depuis 2005 une unité de valorisation énergétique des déchets. Calibrée pour 120 000 tonnes d’ordures ménagères par an, elle produit 650 000 mégawattheures d’électricité, soit l’équivalent de la consommation d’une ville de la taille de Saumur. Mais au-delà de cette électricité produite, restait une chaleur non utilisée en sortie de turbine.

De la chaleur dite "fatale" qui sert aujourd'hui à chauffer les serres grâce à un équipement (un hydro-condensateur) acquis par le Syndicat intercommunal de valorisation et de recyclage thermique des déchets de l’Anjou (Siver) pour 2,5 millions d’euros.

Pour les maraîchers, l’enjeu est de taille : à l’heure de la flambée des coûts de l’énergie, le mégawattheure est facturé 4,60 euros, contre 300 euros environ pour le gaz. "Nous avons environ 10 % de dépenses énergétiques au lieu de 30 % pour l’exploitation d’un site classique", précise Yannick Lechat. L’eau de pluie est également récupérée pour l’irrigation des serres et les maraîchers entendent, à terme, être totalement autonomes en arrosage.

Vers une centaine de salariés

Pour sa première saison d’exploitation, le site des Serres de la Salamandre emploie 15 personnes en CDI et a fait appel à une cinquantaine de saisonniers en CDD. En passant peu à peu à 11 hectares de serres, le maraîchage devrait salarier une centaine de personnes. Pour pallier les arrêts de l’incinérateur et permettre aux serres d’être fournies continuellement en énergie, une conduite de gaz a été installée, qui peut prendre le relais de la chaleur fatale et alimente une station GNV, qui a nécessité un investissement de 1,2 million d’euros, engagés par BVér (Baugeois-Vallée Énergies Renouvelables). Celle-ci deviendra bioGNV avec les deux projets de méthanisation dans lesquels sont engagées 34 exploitations agricoles locales. L’unité de valorisation énergétique, dont l’exploitation est assurée par Veolia, pourrait bien gagner quant à elle en capacité. Le souhait du Sivert est en effet d’investir dans une seconde ligne de fours et d’augmenter le volume incinéré pour atteindre 200 000 tonnes par an.

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